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Calls for Papers/Contributions

Appel à communications: Poétique historique de la poésie de circonstance (16e-21e siècles)

Submitted by ccarlin on 12 July 2017 - 8:32am

Colloque international 14-16 novembre 2018

Centre des sciences des littératures en langue française

(Université Paris Nanterre, CSLF, EA 1586)

L’histoire littéraire a depuis longtemps tendance à voir émerger la « vraie » poésie en fonction de deux phénomènes : d’une part, la consécration d’un lyrisme impersonnel et autotélique d’autre part, ensuite, un processus de remise en question de plus en plus radicale de la versification classique, qui conduirait à l’apparition du vers libre, du poème en prose, etc. La poésie aurait heureusement, depuis le XIXe siècle, tourné le dos à la pratique mondaine des vers de circonstance où se serait enlisé l’Ancien Régime, où elle aurait été soumise aux exigences de cérémonies, célébrations de personnes et d’événements, voire de pratiques mondaines et ludiques. Elle se serait aussi défaite de la versification syllabique traditionnelle pour s’inventer des formes réputées plus pures ou plus authentiques, comme si la métrique classique avait été le révélateur de cette écriture de commande, le symptôme de sa dépendance exclusive à une circonstance.

Or cette représentation est doublement fausse. D’une part, tout poème, dès lors qu’il n’obéit plus à la vocation mimétique que lui assigne Aristote et qui se réduit, de fait, à l’imitation d’événements fictionnels, est par nature circonstanciel : qu’il évoque une émotion intime ou collective, une perception ou une expérience quelconque, aussi intériorisées et transfigurées soient-elles par le processus de poétisation, il part toujours d’une « circonstance » particulière. On peut même soutenir la thèse, paradoxale seulement en apparence, que, par nature, toute poésie lyrique est la version, sublimée ou masquée, de la poésie de circonstance : il faudrait seulement distinguer, au sein de cette dernière, une production qui assumerait sa nature anecdotique, particulière ou circonstancielle, et une autre, qui effacerait au contraire les traces de son origine. D’autre part, même en s’en tenant à la conception habituelle de la poésie de circonstance, le simple examen des faits montre que l’entrée dans l’âge démocratique, elle-même favorisée par le progrès de l’instruction, démultiplie presque à l’infini la masse des vers de circonstance. Héritage de l’Ancien Régime, les concours de poésie, organisés à l’initiative des sociétés savantes ou d’institutions publiques, prolifèrent dans la France post-révolutionnaire. Les innombrables accidents de l’existence privée, vécus de façon de plus en plus individualiste, entretiennent une pulsion de confidence dont la poésie semble être la première bénéficiaire. Parallèlement, les crises majeures de l’histoire (révolutions, guerres, événements spectaculaires ou tragiques) cristallisent et accentuent une volonté de témoignage, accentuée encore par le désir qu’a l’homme moderne d’être l’acteur de son propre destin.

Depuis l’Antiquité, la poésie de circonstance peut donc à bon droit apparaître comme la catégorie poétique la plus constante : le premier objectif de ce colloque, dans une perspective de poétique historique, est d’en préciser les contours et d’en interroger la définition, de manière résolument trans-séculaire. Portant sur la période moderne et contemporaine (du XVIe siècle au XXIe siècle), il confronte la production d’Ancien Régime, non pas à la lyrique antique comme l’avait fait un colloque organisé par les universités de Bourgogne et de Paris-Sorbonne (La Muse de l’éphémère,Aurélie Delattre et Adeline Lionetto-Hesters [dir.], Paris, classiques Garnier, 2014), mais au contraire, en aval, aux évolutions poétiques postérieures à l’âge classique. Il s’agit de réfléchir et de contribuer à une histoire du fait poétique (poésie écriture littéraire et poésie orale, voire chanson) compris comme un mode de communication pour lequel le lien à la circonstance est une donnée essentielle et constitutive.

 

À partir de cette problématique, six axes seront explorés dans ce colloque :

1) Les formes écrites de la communication poétique. La poésie de circonstance est naturellement amenée à favoriser les modes de circulation les plus rapides et les plus souples : le manuscrit, la brochure, le journal, l’affichage, le tract, etc. Adoptées pour accélérer sa diffusion et sa pénétration dans l’espace public, ces pratiques de communication influent en retour sur les choix formels des poètes.

2) Oralité et poésie de circonstance. Étroitement liée à la vie sociale, la poésie de circonstance se prête à tous les modes d’oralisation (la déclamation, la lecture publique ou la mise en chanson), en fonction de l’effet pragmatique recherché. Cette oralité fondamentale, par ses conséquences formelles, constitue l’une des différences essentielles entre la poésie de circonstance et la poésie intransitive du canon littéraire moderne, prioritairement destinée à la lecture.

3) La publication en livre. Cette poésie en principe fugitive est souvent publiée dans des livres, qui non seulement en transforment alors la nature et la fonction (la poésie cessant même d’être perçue comme circonstancielle), mais aussi potentiellement, la forme (du fait des processus de réécriture propres à ce type de réemploi).

4) Circonstance privée/circonstance publique. La notion de circonstance recouvre en fait deux catégories très différentes : la première regroupe toutes les circonstances de la vie privée (mondaine ou intime), la deuxième concerne les actes et les événements de la vie publique. Cette catégorisation invite à mieux cerner la notion même de circonstance, à en marquer les limites et à en cartographier les territoires – avec les implications formelles qu’elle engage.

5) Poésie de circonstance et pragmatique. Si la poésie est si étroitement associée aux circonstances de la vie privée ou publique, c’est que, bien plus directement que la prose du roman, elle est un discours adressé, manifestant à la fois un jugement sur le réel et la volonté d’y agir par le langage. Alors que modèle narratif vise à raconter le monde, fictionnellement ou non, la poésie de circonstance réinscrit la littérature dans la sphère de l’action immédiate (notamment sur le terrain politique), au risque de perdre en légitimité culturelle et en reconnaissance institutionnelle.

6) Poétique et versification. Indépendamment de son efficacité sociale, la poésie, par ses formes mêmes, a-t-elle une capacité particulière à signifier le circonstanciel ? Que lui apporte la versification syllabique ? Certaines formes poétiques (vers, strophes, formes fixes) sont-elles plus aptes que d’autres ? La poésie de circonstance se distingue-t-elle esthétiquement des autres domaines poétiques ? Comment les « révolutions » formelles des XXe et des XXIe siècles ont-elles influé sur elle, et réciproquement ?

Les communications devront dépasser un cadre strictement monographique et prendre appui sur un questionnement théorique ou historique plus général. Les propositions sont à adresser à Guillaume Peureux (gpeureux@hotmail.com) ou à Alain Vaillant (alaingp.vaillant@gmail.com).

[La date limite pour les propositions n'a pas été indiquée. Source: H-France. CC]

 

 

Appel à communications: Les sens dans la construction du genre (XVIe – XVIIIe siècles)

Submitted by ccarlin on 27 June 2017 - 6:53pm

 30-31 mars 2018 Université Sorbonne Nouvelle / Université Versailles-Saint-Quentin

Propositions: le 30 juin 2017

Organisatrices : Armel Dubois-Nayt, Line Cottegnies, Claire Boulard et Isabelle Bour.

Comité scientifique : Claire Gheeraert (Univ. Rouen) Nathalie Grande (Univ. Nantes) Marie-Elisabeth Henneau (Univ. Liège) Guyonnne Leduc (Univ. Lille 3) Anne-Marie Miller-Blaise (Univ. Sorbonne Nouvelle) Sandrine Parageau (Univ. Paris Ouest Nanterre) Paul Salzman (La Trobe Univ.) Eliane Viennot (Univ. Saint-Etienne) Susan Wiseman (Birkbeck College, Londres)

Colloque organisé avec le parrainage de la Société Internationale pour l’Etude des Femmes de l’Ancien Régime, de Société Française Shakespeare et de la Société d’Etudes anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles.

 Au cours des trois dernières décennies, les études autour des discours sur l’égalité/l’inégalité des sexes se sont multipliées dans le domaine anglo-saxon. Dans le contexte des Îles britanniques, elles se sont particulièrement concentrées sur les années 1540-1640, période très féconde en la matière sous l’effet, notamment, de l’humanisme, de la Réforme et de la succession de trois femmes sur les trônes d’Angleterre et d’Écosse. Ces débats ou controverses ont réactivé au moins quatre querelles héritées du Moyen Âge — la querelle dite « du mariage », celle « du savoir » et celle « du pouvoir » et celle du « vêtement » qui posaient les questions suivantes : était-il dans l’intérêt des deux sexes de se marier, les femmes devaient-elles avoir accès à l’éducation et à la culture pour leur bénéfice et celui de la société, les femmes avaient-elles la capacité de gouverner sans exercer un pouvoir tyrannique ? Enfin, question qui peut paraître secondaire, mais qui prend tout son sens à la suite des précédentes : hommes et femmes pouvaient-ils s’approprier le vestiaire du sexe opposé sans risquer de bouleverser l’ordre du monde ?

 

Les travaux qui ont traité de ces différents débats ont largement porté sur les différences intellectuelles et morales au cœur de l’argumentation des philogynes et des misogynes en occultant, sinon le corps, du moins les cinq sens. Or, il suffit de se tourner vers les historiens des sens, par exemple Constance Classen, Robert Jütte et David Howes pour voir que les cinq sens ont été largement mis à contribution dans les tentatives de hiérarchisation entre les sexes mises en place aux XVIe et XVIIe siècles. D’une part, ils ont servi à opposer les sexes entre eux, l’homme étant traditionnellement décrit comme un animal raisonnable par opposition à la femme, créature sensuelle. D’autre part, le masculin et le féminin ont à leur tour permis de hiérarchiser les sens les uns par rapport aux autres depuis Platon et Aristote et jusqu’à, par exemple, le De Sensu de Charles Bouvelles (1470-1553) et, au-delà, jusqu’à la controverse Molyneux et l’empirisme lockien. Ainsi, étaient considérés comme masculins les sens nobles (la vue, l’ouïe), associés à l’esprit, et comme féminins les sens de proximité, plus corporels, que sont le goût, l’odorat et le toucher. C’est d’ailleurs à la gourmandise d’Ève que l’exégèse biblique attribue la responsabilité de la Chute. 

 Les sens ont également eu pour fonction dans la pensée antique de l’identité sexuelle, encore influente au début de la première modernité, de différencier l’homme de la femme d’un point de vue sensoriel : le sensorium masculin se distingue du sensorium féminin. Ainsi, dans la théorie des humeurs exposée dans le Corpus hippocratique et sur lequel repose encore la médecine des XVI-XVIIe siècles, la femme est froide et humide tandis que l’homme est chaud et sec. Mais on pensait aussi pouvoir distinguer l’homme de la femme au toucher, à l’odeur, à la vue et l’oreille. Selon le poète Lucrèce (De Rerum Natura), alors que l’odeur des hommes est sucrée, celle des femmes est répugnante et putride ; et, dans la pensée socratique, emprunter son parfum au sexe opposé est aussi condamnable que le travestissement. Comme l’a montré Thomas Laqueur dans un ouvrage qui a fait date, Making Sex : Body and Gender from the Greeks to Freud (1990), les avancées de la médecine aux XVIIe et XVIIIe siècles, et singulièrement de la physiologie, ont amené une redéfinition des sexes sur une base physiologique et anatomique, ce qui a entraîné une définition plus précise, et à certains égards normative, de la sensibilité féminine.

Enfin, Aristote (dans la Génération des animaux) défend l’idée d’un code de couleurs permettant de dissocier visuellement les hommes et les femmes : pour les premiers des vêtements sombres, reflétant leur force et leur sérieux, pour les femmes et par simple symétrie, les couleurs claires. Ces vêtements aux couleurs sexuées ont cependant évolué au fil des siècles et il sera intéressant d’approfondir l’étude de ce qu’Elisabeth Fisher a appelé la « taxinomie chromatique » des habits à tous les âges de la vie pour la période allant du XVIe au XVIIIe siècle1. Enfin, les différents bruits/sons produits par les deux sexes par le biais de leurs vêtements, leurs bijoux, leurs instruments de musique ou tout autre objet, comme par la voix sont des éléments potentiels de différenciation et de hiérarchisation assez peu étudiés à ce jour, si l’on excepte les études sur les mégères et les commères, personnages récurrents des pamphlets populaires de la Querelle. Il sera donc intéressant d’analyser les différentes sources exploitables pour tenter de rendre à nouveau audible l’activité sonore des deux sexes.

L’objectif général de ce colloque sera donc, en premier lieu, d’établir comment les sens ont permis de penser l’appartenance sexuelle pour justifier les inégalités entre les sexes et de stigmatiser toute forme de rébellion contre la domination masculine, mais également comment d’autres discours autour des sens, dans les pamphlets, les traités, ou au théâtre, ont pu émerger pour défendre au contraire la thèse de la supériorité féminine ou de l’égalité entre les sexes. Les peintures ou les gravures mettant en scène un des cinq sens pourront également éclairer cette question et permettre de répondre à l’invitation de Margaret Zimmerman de chercher la « Querelle des sexes » dans d’autres lieux, moins habituels2. Enfin, dans la dynamique initiée par Linda Woodbridge3, nous chercherons également à mettre en perspective les discours théoriques et littéraires en les éclairant par l’histoire sociale des femmes dans les Îles britanniques, en tentant, par exemple, de dégager les mécanismes de socialisation des hommes et des femmes qui mettent à contribution les sens, parfois dès l’enfance, au prétexte qu’ils furent instaurés pour que chacun reste à la place qui lui est assignée. La littérature prescriptive (livres de conduite, sermons, traités d’éducation, etc..), mais aussi la presse pourront ainsi être revisitées pour faire émerger des règles de civilité qui visent à restreindre l’appétit, mais également à imposer une codification du regard ou du toucher, comme de la voix ou de la parole. Les objets permettant de matérialiser cette codification trouveront également leur place dans le chantier que nous ouvrons ici.

À travers l’ensemble de ces sources, on tentera collectivement de réfléchir au rôle des sens dans la construction de la différence des sexes entre le XVIe et le XVIIIe siècle ; on pourra aborder les questions suivantes :

1. Comment les misogynes ont-ils exploité les sens dans leur argumentation pour justifier la hiérarchie des sexes : à travers l’incapacité présumée des femmes à contrôler les sens ; par la théorie d’un complot sensoriel ourdi par les femmes et visant à aveugler les hommes et plus généralement à affaiblir leur pouvoir ; par le lien entre la déchéance morale et les sens ? Entre les sens et le mysticisme, la sorcellerie ou les phénomènes de possession ?

2. Comment les philogynes ont-ils défendu les femmes et/ou l’égalité des sexes : par une dévalorisation des hommes en tant que créatures sensuelles et une revalorisation des femmes en tant que créatures rationnelles ; par la revalorisation des sens « féminins » ou des capacités sensorielles des femmes ?

3. Quels aspects de la situation des femmes rencontrent un écho (favorable ou défavorable) dans ces discours en matière de : règles et préceptes ; possession et d’utilisation d’objets témoignant d’une appropriation genrée ; pratiques de mortification du corps ; pénalisation et de châtiments corporels (scold’s bridle, cucking stool) ?

Les propositions de communication (environ 150 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte notice biobibliographique, pour le 30 juin 2017 aux organisatrices à l’adresse suivante : sens_2018@yahoo.com.

___________________

1 « Robes et Culottes courtes : l’habit fait-il le sexe ? », in A. Dafflon Novelle, Filles-Garçons : Sociabilisation différenciée ?, Grenoble, PUG, 2006, p. 241-266.

2 « The Querelle des Femmes as a Cultural Studies Paradigm », in A. Jacobson Schutte, T. Kuehn & S. Seidel Menchi (éd.), Time, Space, and Women’s Lives in Early Modern Europe, Kirksville (Missouri), Truman State UP, 2001, p.17-28.

3 Linda Woodbridge, Women and the English Renaissance : Literature and the Nature of Womankind, 1540-1620, Brighton : Harvester, 1984.

Source: SIEFAR

CFP: Penser l’égalité des sexes au XVIIe siècle / Constructing the equality of the sexes in C17 France

Submitted by ccarlin on 27 June 2017 - 6:32pm

International Conference

26-27 October 2017

University College Dublin

 

Keynote speakers:

 

Siep Stuurman

Marie-Frédérique Pellegrin

 

The aim of this conference is to examine the ways in which an equality between the sexes is constructed, conceptualised, envisaged, imagined, dramatized, realized or dismissed in seventeenth-century France.

 

Papers examining the issue from a philosophical, theological, medical, literary and historical viewpoint are welcome and can be in French or in English.

 

Please send 300-word abstracts in English or French by email directly to derval.conroy@ucd.ie by 14 July 2017.

Publication of selected papers as a collective peer-reviewed volume is envisaged.

 

Appel à communications: CELEBRATION DU 350e ANNIVERSAIRE DE PUBLICATION DES FABLES DE LA FONTAINE

Submitted by ccarlin on 13 June 2017 - 12:41pm

L’année 2018 offre l’occasion de célébrer le 350e anniversaire des Fables de La Fontaine, dont le premier recueil parut le 31 mars 1668 (à partir d’un privilège pris le 6 juin de l’année précédente). La Société des Amis du fabuliste a décidé de fêter cette période de préparation et d’éclosion d’un coup d’éclat poétique dont la pérennité ne s’est jamais démentie jusqu’aujourd’hui auprès du plus vaste public que puisse espérer un recueil de vers. Outre une journée des « Rencontres de Psyché » de Château-Thierry, prévue le 10 juin 2017 sur un thème en écho avec l’esprit des Fables (« La Fontaine et la jeunesse »), une autre journée dans le même cadre, en juin 2018, se penchera sur un sujet en étroit rapport lui aussi avec l’entreprise ésopique du poète français : « La Fontaine et la nature ». Enfin, en octobre 2018, la Société des Amis de La Fontaine, associée au programme de recherche « Jouvences de la fable » du Centre d’Étude de la Langue et de la Littérature Françaises (CELLF 16-21, Unité mixte de recherche Paris-Sorbonne/CNRS 8599) et au programme Fabula numerica de l’Observatoire de la Vie Littéraire (Labex OBVIL Sorbonne-Universités) organisera, avec l’Università degli studi di Napoli L'Orientale (Dipartimento di Studi Letterari, Linguistici e Comparati/ Letteratura francese, prof. Federico Corradi), un colloque international sur le thème :

 

« La Fontaine et la culture européenne. Au carrefour des Fables ».

 

Cette rencontre internationale se donne pour projet de synthétiser, de prolonger et de renouveler les recherches sur les Fables envisagées comme un carrefour entre le temps long et l’espace rayonnant de leur gestation et de leur propagation : depuis l’antiquité immémoriale du genre jusqu’à l’actualité de leur fortune inépuisable, la culture de l’apologue dont a hérité La Fontaine s’étend sur plus de deux millénaires ; et le traitement qu’il lui applique est imprégné d’influences et de connivences qui franchissent les frontières des langues et des sphères culturelles pour s’harmonier dans le creuset qu’offre le fabuliste français à des matériaux dispersés par l’histoire et la géographie.

 

Si la seconde brassée des Fables réunies en 1678-1679 se ressent de la découverte fécondante du filon oriental, celle de 1668 dont on commémore la publication limite au domaine européen la sphère de sa culture antique et moderne. C’est de ce constant qu’est sorti le projet de ce colloque. Analyser ce que La Fontaine fabuliste doit à la culture européenne antérieure à son époque et contemporaine de sa création ; et analyser réciproquement ce que la culture européenne postérieure à leur publication doit aux Fables de La Fontaine, et comment elles furent et sont reçues dans les sphères géographiques et linguistiques diverses qui composent l’Europe d’aujourd’hui, ce double mouvement convie aussi à les rétablir dans leur statut et leur rôle de carrefour et de creuset pour l’œuvre entier du fabuliste lui-même : cette œuvre d’un papillon du Parnasse réverbère sa diversité d’inspiration et d’écriture dans le microcosme esthétique des Fables, tout comme celles-ci n’auront cessé de profiter des expériences de leur auteur dans les genres variés auxquels il s’essaya tout au long de sa carrière.

 

Le colloque pourrait s’articuler en deux parties : l’une consacrée à « Culture et acculturation européennes de La Fontaine : traductions, transferts et translations » ; l’autre à un portrait de « La Fontaine (en) poète européen ». La première partie pourra à son tour se diviser en deux : une section consacrée à la traduction et aux transmissions de savoir et d’invention jusqu’à La Fontaine et à la manière dont il en « phagocyta » l’héritage divers, tout particulièrement latin et italien ; et une section consacrée à La Fontaine traduit et transmis, aux difficultés et aux malentendus de la traduction, de la transmission et de l’enseignement d’un poète et conteur du Grand Siècle. La deuxième partie pourra porter sur l’insertion de La Fontaine, de ses Fables et plus largement de son œuvre dans la culture européenne de son temps, les influences subies par lui et celle qu’il exerça tout particulièrement à travers ses Fables sur la littérature, l’art et le goût de la fin du XVIIe et de la première moitié du XVIIIe siècle européen.

Voici quelques thèmes et pistes, nullement exhaustifs, nullement limitatifs, nullement indispensables, qui pourraient être développés dans chacune de ces trois sections.

 

Première partie

« Culture et acculturation européennes de La Fontaine :

traductions, transferts et translations »

Section 1 : « La Fontaine héritier de l’Europe antique, médiévale et humaniste ».

Le vivier inépuisable de la fable : un réseau européen de translations. — La Fontaine traducteur — Le génie lafontainien de l’imitation. — Langues et langages de l’Europe antique, ancienne et contemporaine dans l’œuvre de La Fontaine. — L’adaptation et l’appropriation par La Fontaine des genres et des formes hérités. — Influences antiques, anciennes et modernes sur la théorie poétique de la Fontaine. — Les ramifications de l’influence : un travail de marqueterie.

 

Section 2 : « Diffusion, propagation et appropriation de l’œuvre de La Fontaine en Europe ».

La Fontaine traducteur. — Théorie, problématique et problèmes de la traduction des Fables (style, forme, ton). — Comment lisait-on/lit-on La Fontaine ? L’œuvre du fabuliste / du conteur dans l’histoire de la lecture. — La Fontaine devant la critique d’hier et d’aujourd’hui : en France et dans diverses sphères culturelles (réception, assimilation, rôle de modèle). — Histoire de la constitution de l’image de l’homme et de l’œuvre : sédimentations, redécouvertes, réévaluations.

 

Deuxième partie

« La Fontaine, poète européen ».

 

Section 3 : « Portrait à facettes d’un Européen du Grand Siècle français ».

La Fontaine et la culture néolatine de l’Europe de la Renaissance et du XVIIe siècle. — La Fontaine et l’Europe savante de son temps (voyageurs, philosophes, physiciens). — La tentation anglaise de La Fontaine. — La culture italienne de La Fontaine. — La Fontaine et la tradition européenne mythologique et mythographique. — La Fontaine et la tradition européenne du conte. — Les Fables de La Fontaine et l’art rocaille en Europe : un inépuisable réservoir de motifs. — La Fontaine et la naissance européenne de l’opéra.

 

Les propositions de communications, sous la forme d’un titre et de quelques mots d’explication du projet (qui peuvent être très succincts), seront envoyées à l’adresse électronique suivante : colloquefables2018@gmail.com entre la date de réception de cet appel et le 15 septembre 2017. Le colloque se déroulera en Sorbonne les 4, 5 et 6 octobre 2018. Les communications seront publiées dans la revue Le Fablier en 2019 et 2020. La langue du colloque est le français.

 

Comité d’organisation : Julien Bardot, Antoine Biscéré, Céline Bohnert, Federico Corradi, Patrick Dandrey, Damien Fortin, Maxime Jebar, Tiphaine Rolland.

CFP: XVe Colloque du CIR 17 – Centre International de Rencontres sur le XVIIe siècle

Submitted by ccarlin on 9 June 2017 - 8:52am

"Créer à plusieurs ? Collaborations littéraires, artistiques et scientifiques au Grand Siècle"
 

Princeton University (USA), 10-12 mai 2018
 
Propositions: le 1er septembre 2017
 
Ce colloque pluridisciplinaire se propose d’examiner la place des pratiques
collaboratives dans la culture française du XVIIe siècle. Alors que se renforce la
monarchie absolue, incarnée par un souverain unique, il règne dans le domaine des arts
et des lettres un esprit (ou impératif) de collaboration d’où résultent de nombreuses
oeuvres plus ou moins collectives. Il s’agira d’étudier ces productions sous tous leurs
aspects (genèse et réception, formes et idées, style et sens), d’interroger leur réussite ou
échec, et de les situer par rapport aux ouvrages plus « solitaires ». Pourquoi écrire à
quatre mains, voire plus ? Comment peut-on travailler en commun avec son frère ou son
maître, un compositeur ou un graveur ? La Bruyère avait-il raison d’écrire : « L’on n’a
guère vu jusques à présent un chef-d’oeuvre d’esprit qui soit l’ouvrage de plusieurs » ?
Les intervenants pourront analyser des oeuvres spécifiques ou bien tenter des synthèses
sur les normes et usages propres à certains milieux ou institutions : « salons », cercles
érudits, académies royales, communautés religieuses, etc. Les communications qui
constituent elles-mêmes des collaborations entre plusieurs chercheurs ou qui présentent
des travaux d’équipe seront particulièrement les bienvenues.
 
Quelques axes et cas possibles (à titre purement indicatif) :
• collaborations familiales et amicales : Les Murs de Troie ; Chapelain décoiffé ; La Guirlande
de Julie…
• collaborations (avérées ou prétendues) entre hommes et femmes : Les Femmes illustres ;
La Princesse de Clèves ; Brutus…
• collaborations entre les « grands » et leurs « plumes » : La Comédie des Tuileries ; libelles
et factums ; Mémoires pour l’instruction du Dauphin…
• collaborations académiques : Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux ;
Dictionnaire de l’Académie française ; Médailles sur les principaux événements du règne
de Louis le Grand…
• collaborations entre écrivains et artistes : ballets et opéras ; fêtes et cérémonies ;
châteaux et jardins…
 
Comité scientifique :
Gilles Declercq (Paris-III), Jean Leclerc (Western Ontario), Michèle Longino (Duke),
Volker Schröder (Princeton), Deborah Steinberger (Delaware), Ellen Welch (North
Carolina), Carolyn Yerkes (Princeton).
 
Prière d’envoyer vos propositions (250 mots environ, pour une communication de 25
minutes, en français), accompagnées d’un bref descriptif de vos travaux récents ou encours, à Volker Schröder (volkers@princeton.edu) avant le 1er septembre 2017.

Appel à textes, rappel: Regards sur l’âme en Nouvelle-France. Histoire des spiritualités individuelles et collectives en espace colonial

Submitted by ccarlin on 6 June 2017 - 7:59pm

Date limite: le 30 juin 2017

Si les travaux incontournables d’Henri Brémond ou de Michel de Certeau ont fait la belle part aux émotions mystiques du XVIIe siècle français, force est de constater que le territoire de la Nouvelle-France fait office de parent pauvre pour le même genre d’enquête. Malgré les études pionnières de Guy-Marie Oury, depuis les dernières années, les historiens ont peu investi le champ de l’histoire de la spiritualité en contexte colonial. Sans toutefois passer sous silence les importants chantiers consacrés aux parcours spirituels d’individus exemplaires, il nous apparaît qu’il reste à écrire une histoire des mouvements singuliers et pluriels de l’âme, parfois encadrée par l’institution ecclésiale, parfois soumise à de nouvelles conditions d’expérience du monde et de l’altérité.

Le colloque international “Âme d’une communauté, communauté d’âmes”, organisé par le Collectif d’Anthropologie et d’Histoire du Spirituel sous l’Ancien Régime (CAHSA) à Montréal en octobre 2016 (http://cahsanet.org/fr/evenements/colloque-2016-programme/), a permis l’amorce d'une réflexion riche et prometteuse sur la notion de spirituel. Des travaux et des discussions a émergé une définition du spirituel comme une expérience sensible de la spiritualité, c’est-à-dire une expérience individuelle de la foi qui parfois complète et parfois s’oppose aux courants de spiritualité institutionnalisés. Souhaitant poursuivre et approfondir ce travail, le CAHSA sollicite des propositions de textes pour un ouvrage en français, résolument pluridisciplinaire, dédié à l’examen des expériences spirituelles individuelles et collectives en Nouvelle-France, de la fondation de Québec jusqu’à la Conquête.

Par sa dimension coloniale, la Nouvelle-France offre un laboratoire d’expérimentation adapté à l’étude de la notion de spirituel. Dans ce territoire où elle souhaite établir un catholicisme tridentin débarrassé des hésitations métropolitaines, l’Église doit toutefois composer avec les initiatives missionnaires, la rencontre de l’altérité amérindienne, mais aussi les courants mystiques qui donnent notamment naissance à l’expérience de Ville-Marie. Le spirituel apparaît alors comme un fil conducteur qui permet de relier entre eux ces aspects du monde religieux qui, entre permanence institutionnelle et innovation spirituelle, se nourrissent et/ou s’opposent.

Nous invitons ainsi les spécialistes de différentes disciplines (histoire, littérature, histoire de l’art, théologie, anthropologie, etc.)  à soumettre une proposition de texte, en inscrivant leur réflexion dans un ou plusieurs des trois thèmes suivants : 

 

1) La direction spirituelle et l’encadrement des discours sur l’âme

La confrontation physique à des lieux inconnus et parfois inhospitaliers est susceptible de faire émerger de nouvelles cartographies de l’âme ; ainsi est-il possible que face à une extériorité autre, l’intériorité se soit modelée de nouvelles manières. Or, ces territoires intérieurs inexplorés appellent aussi au resserrement de la direction spirituelle et à l’encadrement des discours sur l’âme. Comment s’établit la relation directeur/dirigé(e) dans ce contexte spécifique ? Comment la réalité coloniale teinte-t-elle la production de leurs échanges et détermine-t-elle les conditions de leur réception ? Car ces activités ont laissé des traces matérielles (patrimoine lettré et artistique) et immatérielles (tradition orale des communautés religieuses, iconographie mystique, etc.). Par exemple, qu’ont de novateur ou de conforme, en rapport à une tradition européenne des écrits et des traités de spiritualité, des productions du contexte missionnaire telles que le Manuscrit de 1652colligé par Paul Ragueneau ou le Affectus amantis Christum Iesum de Pierre Chastellain ?

 

2) La diffusion et la publicité de l’expérience spirituelle

La communication des choses du cœur est une des conditions essentielles au succès du projet colonial en ce qu’elle suscite tant des vocations que des donations. Cet axe de la publicité des mouvements de l’âme reprend la dialectique extérieur/intérieur ou révélé/secret. Ainsi, il autorise l’examen de divers cas où l’expérience individuelle serait mise, ou non, au service du collectif. On peut penser à la publication posthume de la vie de Catherine de Saint-Augustin comme outil d’édification pour les communautés religieuses de Québec. Cet axe ouvre également à la question de l’intimité de l’expérience spirituelle et de sa récupération par la collectivité, notamment à travers l’observation de la circulation des confidences parmi un groupe plus ou moins restreint. Inversement, la publicité de la vie intérieure concourt à la construction identitaire d’une communauté dans le partage et la réappropriation des expériences individuelles. 

 

3) La parenté comme lieu de transmission et de composition de l’expérience spirituelle

Ainsi, la circulation des savoirs sur les choses secrètes de l’âme peut être vecteur de liens entre les individus, voire entre les communautés. Il se dessine, dans ces assises cachées sur lesquelles s’érige le projet colonial, le thème de la parenté spirituelle. Il permet d’interroger, notamment, comment s’articulent les rapports du coeur (individuel) et du choeur (collectif) des croyants. Cet axe permet également de questionner les affiliations entre les individus ou de prendre en compte la nature de leurs relations aux différentes communautés (religieuses, d’Amérindiens convertis ou non, de colons, etc), des deux côtés de l’Atlantique. Plus largement, quelles sont les conditions d’appartenance à une famille, biologique et/ou spirituelle ? Comment se tissent ou se maintiennent les liens de parenté par lesquels se transmet l’expérience spirituelle ?

 

Les propositions de texte d’un maximum de 500 mots sont à envoyer, accompagnées d’une brève présentation biographique, à l’adresse groupecahsa@gmail.com avant le 30 juin 2017 pour évaluation par le comité scientifique du CAHSA.

 

Comité scientifique : 

Joy Palacios 

Emmanuelle Friant

Ariane Généreux 

Claire Garnier

Anne Régent-Susini

 

Site Internet : http://www.cahsanet.org

 

 

Appel à communications: "Dialoguer avec"

Submitted by ccarlin on 4 June 2017 - 10:59am

Université Paris 8, le 13 octobre 2017

Propositions: le 20 juin 2017

Lorsque Platon écrit ses Dialogues, il met en évidence que l’élaboration de la connaissance et la réflexion n´est jamais un acte solitaire mais, bien au contraire, elle se construit dans des échanges, à travers les transferts, les influences et les dialogues avec les autres, avec soi-même ou avec une communauté scientifique à laquelle on s’adresse. De même, les dialogues s’insèrent parfois dans des discussions qui dépassent le cadre spatio-temporel du « ici-maintenant ». Les échanges se nourrissent ainsi de nouveaux questionnements, de nouveaux apports qui émergent au fil du temps et qui relient les enjeux du passé à ceux du présent.

Le dialogue nous apprend à penser et à communiquer, et surtout à réfléchir. Parce qu´il y a des auteurs et des propositions théoriques qui s´imposent à notre recherche comme des références incontournables, nous vous invitons lors de cette journée d´études des doctorants du Laboratoire d´Études Romanes à présenter les auteurs, les œuvres ou les approches qui vous ont le plus interpellé dans la préparation de votre travail de thèse. Le dialogue établi avec l´ouvrage ou la théorie peut être consensuel ou bien faire ressortir les divergences entre les points de vue. Ainsi, on « dialogue avec », montrant notre accord ou désaccord sur des points particuliers qui s´adaptent ou non à la description du phénomène en étude.

 

Soumission des propositions :

Outre un résumé de communication (texte + bibliographie indicative) de 1500 caractères maximum (police Times New Roman 12, interligne 1,5), la proposition de communication devra mentionner le titre d’intervention et les coordonnées du candidat (prénom, nom, adresse électronique, discipline dans laquelle il/elle est inscrit/e), et être accompagnée d’une courte biographie ou d’un CV résumé. La durée de la communication est fixée à 20 minutes.

Remise des propositions au plus tard le 20 juin 2017 par mail, à l’adresse suivante : jddoctorants.ler@gmail.com

Réponse d’acceptation : le 01 juillet 2017.

Date de la journée. 13 otobre 2017.

Pour toute information ou renseignement complémentaire, veuillez envoyer un mail à l’adresse suivante : jddoctorants.ler@gmail.com

 

RESPONSABLE :

Laboratoire d´études romanes

URL DE RÉFÉRENCE

http://www.etudes-romanes.univ-paris8.fr/?Appel-a-communications-Journee-des

Source: Fabula

Appel à communications: Rêves de naissance et de mort

Submitted by ccarlin on 4 June 2017 - 10:55am

La représentation onirique des expériences-limites du corps dans la littérature, les arts plastiques, le théâtre, la musique et les films

Congrès international du DFG-Graduiertenkolleg „Cultures européennes du rêve“ (GRK 2021), du 21 au 23 mars 2018 à l’Université de la Sarre (Allemagne)

Propositions: le 31 août 2017

Le phénomène anthropologique du rêve, ô combien énigmatique, est omniprésent dans les cultures européennes, et ce, depuis la nuit des temps : on retrouve des représentations oniriques dans les arts depuis l’Antiquité classique jusqu’à l’époque contemporaine. Or, l’on peut déceler des différences de représentation du rêve, qu’il soit raconté, peint, mis en musique ou mis en scène ; des différences nettement spécifiques à chaque époque, même lorsque l’on considère leur esthétique formelle respective. La thématique au cœur de ce congrès aborde donc un sujet éternel : la transition entre vie et non-vie en tant qu’expérience-limite et la façon dont celle-ci s’accomplit au cours du processus de donner la vie, tout autant que celui du naître et du mourir.

Que ce soit dans la Bible ou les mythes antiques (L’Iliade, L’Orestie), dans les épopées et les récits médiévaux (Perceval, les Nibelungen, Les Contes de Canterbury) ainsi que dans les drames de Shakespeare ou Calderón ; de l’époque des Lumières (Diderot, Rousseau) en passant par le romantisme (Novalis, Brentano) jusqu’à la littérature moderne et contemporaine (Kafka, Karahasan, Politycki), on retrouve d’innombrables rêves qui ont pour point nodal une expérience aux frontières de la vie. De la même manière, nombreuses sont les œuvres en arts plastiques (Daumier, Hodler), en musique (Berlioz, Korngold) ou au cinéma (Bergman, Kubrick, Craven) dédiées à la représentation onirique ou cauchemardesque des expériences-limites et expériences essentielles. La naissance et la mort sont des expériences particulièrement dérangeantes et menaçantes dans la mesure où elles concernent tout être humain et l’obligent inévitablement à éprouver son corps de façon hautement individuelle. Dans le même temps, elles s’actualisent au-delà du souvenir : mourir et naître se situent aux frontières de la vie et, de fait, surviennent toujours trop tôt ou trop tard pour être vécues par le moi comme une expérience authentique.

À l’inverse, les rêves – en tant que fictions, imaginations ou mises en scène – peuvent ouvrir des espaces esthétiques de l’expérimentation à ces transitions extrêmes du corps. Le mystère que le rêve renferme, son mépris à l’égard des lois physiques du temps et de l’espace ou envers les modèles culturels de l’identité, sa défiance de la cohérence ou de la logique sont décuplés dans les rêves de début et de fin de l’existence. C’est la raison pour laquelle la représentation de telles expériences oniriques lance un défi particulièrement élevé à la conception artistique. Car, d’une façon tout aussi troublante qu’originale, le rêve prend la mesure de l’abîme qui existe entre l’expérience vécue par tout être humain, telle que la naissance et la mort, et sa « non-racontabilité » subjective, individuelle : les souvenirs et récits oniriques trouvent des moyens et des possibilités de s’exprimer afin de retracer et de transmettre l’absence, l’irreprésentable.

Depuis 2015, les membres du Graduiertenkolleg de Sarrebruck intitulé « Cultures européennes du rêve » étudient les interrelations  entre l’esthétique onirique, la culture et l’histoire des sciences. Nous dédions ce congrès au phénomène du rêve de naissance et de mort, à ses discours scientifiques ainsi qu’à ses réalisations artistiques dans l’optique de retracer une histoire littéraire, culturelle et médiale du rêve.

Sont acceptées toutes les communications concernant la vie et la mort représentées dans le rêve – sous quelque forme artistique que ce soit et abordées sous diverses perspectives disciplinaires : la philosophie, l’histoire, la théologie, la littérature, l’art, le théâtre, le cinéma, la musique ou la science des médias.

Voici une liste des thèmes qui pourront être abordés :

Expériences-limites et conception esthétique du rêve

  • Études sur la conception artistique du rêve, de la naissance à la mort, au niveau de :
  • l’expérience somatique vs. l’expérience sensuelle
  • les limites du corps / les limites du médium
  • l’expérience du temps et/ou de l’espace
  • des rêves positifs de mort
  • des rêves de naissance et de mort et leur référence au monde réel (implications politiques, connexité avec un régime (post-)dictatorial, rêve et traumatismes collectifs, fonctions identitaires, références coloniales et post-coloniales, etc.)
  • conception esthétique du rêve des expériences-limites sous des formes artistiques multimédiales

Perspective poétologique / corrélation entre "travail culturel" et "construction esthétique"

  • discours religieux et rêves artistiques de la naissance à la mort dans la mutation historique
  • connaissance scientifique et culturelle sur la naissance et la mort  dans les représentations artistiques du rêve
  • articulation genrée de la naissance et de la mort dans les conceptions artistiques du rêve
  • poétique onirique individuelle et expériences-limites entre vécu personnel et le discours culturel, voire scientifique, sur la naissance et la mort

Suivant l’exemple des différents axes d’analyse menée par le Graduiertenkolleg dans son programme de recherche, les objets d’étude pourront être considérés dans leur perspective diachronique, transmédiale et/ou comparatiste.

Les propositions de communication (en allemand, français ou anglais) ne devront pas dépasser 3 000 signes et être envoyées au plus tard le 31 août 2017 (accompagnées d’une courte notice biobibliographique) à l’adresse suivante : traumkulturen@uni-saarland.de

À la suite de ce colloque, les communications sélectionnées seront publiées en volume dans la collection Traum – Wissen – Erzählen (Rêve – Savoir – Récit) aux éditions Fink (Padeborn).

http://www.traumkulturen.de/veranstaltungen/konferenzen-co.html

Source: Fabula

Appel à contributions : Revue Sociopoétiques

Submitted by ccarlin on 4 June 2017 - 10:52am

La revue Sociopoétiques (http://sociopoetiques.univ-bpclermont.fr/) lance un appel à textes pour la rubrique varia de son troisième numéro, à paraître en 2018. Ces textes, d'une longueur maximale de 30 000 signes (notes et espaces compris), doivent respecter les normes de publication (http://sociopoetiques.univ-bpclermont.fr/normes-aux-auteurs) et être adressés, avant le 30 novembre 2017 à

Anne-Sophie Gomez (a-sophie.gomez@uca.fr) et Pascale Auraix-Jonchière (pascale.auraix-jonchiere@uca.fr), accompagnés d'une notice bio-bibliographique rédigée sur un document à part.

Le comité de rédaction de la revue attire l'attention des contributeurs sur le fait que ces derniers devront veiller à bien inscrire leur texte dans la perspective sociopoétique qui constitue la ligne éditoriale de notre revue. Il s'agira en effet d'analyser la manière dont les représentations et l'imaginaire social informent le texte dans son écriture même. Nous renvoyons pour une définition plus approfondie à l'article d'Alain Montandon paru dans le premier numéro de notre revue : http://sociopoetiques.univ-bpclermont.fr/mythes-contes-et-sociopoetique/sociopoetiques/sociopoetique

Appel à contributions : Le silence en mots, les mots en silence (Quêtes littéraires, nº7)

Submitted by ccarlin on 4 June 2017 - 10:41am

« Mais quand deux hommes s’entretiennent, il y a toujours un tiers présent : le silence ; il écoute. Ce qui donne de l’ampleur à la conversation, c’est que les paroles ne se meuvent pas dans l’espace étroit des interlocuteurs, mais qu’elles viennent de loin, de là où le silence écoute. » Cette phrase de l’écrivain et philosophe suisse Max Picard extraite du Monde du silence (1948) confirme bien qu’il serait faux de prétendre que le silence revient à l’absence de paroles ou de sonorités. Tout au contraire, il peut accompagner les paroles, leur donner du retentissement ou en être l’essor, voire la plénitude, s’insérer entre elles comme un tiers qui prend part à la conversation. Qu’en est-il pour l’écrit et les œuvres littéraires ? Comment saisir le silence en mots, comment l’écrire et quelles sont les modalités du sens qu’il génère ? Dans le septième numéro de Quêtes littéraires nous souhaitons interroger la place et la fonction du silence dans les littératures française et francophone.

Nous proposons de mener la réflexion autour de trois piliers : générique, formel et thématique.

Quant aux genres littéraires, il y en a qui ne trouvent leur réalisation que sans paroles, bien que notés à l’encre. Tel est sans doute le cas de la pantomime qui jouit d’un rapport privilégié au silence. Or, outre les pièces mimées, le théâtre est un art de la parole par excellence, parole théâtrale qui peuple l’espace entre le comédien et le spectateur, mais aussi entre les personnages eux-mêmes. Par conséquent, lorsque les voix se taisent et le silence intervient, ne peut-on parler que d’un malaise, d’une déficience ou d’une lacune ? Et au sein du genre romanesque, quels sont les lieux privilégiés du texte pour exprimer le silence ? Quels types de textes narratifs sont particulièrement propices à la manifestation du silence ? Qu’advient-il des zones du silence en poésie ? Le non-dit, quelle place y occupe-t-il et quelles fonctions peut-il jouer lorsqu’il est enfermé en/entre les vers ?

Le deuxième axe de recherche concerne les dispositifs techniques mis en œuvre par l’auteur pour exprimer le silence à l’écrit et revient à s’interroger comment écrire le silence. Blanc typographique, saut à la ligne, vers pointillés, trois points ou d’autres moyens relevant de la mise en page graphique ou de la ponctuation semblent être les plus évidents pour amener dans le texte l’interruption de l’action, le saut dans le temps ou le non-dit. Cependant, il serait tentant d’examiner les procédés rhétoriques introduisant le silence tels qu’ellipse, prétérition, suspension, parataxte ou autres.

Finalement, les topoï relatifs au silence semblent particulièrement riches pour en choisir en vue d’une analyse intéressante. Sans vouloir prétendre à l’exhaustivité, nous proposons quelques pistes de recherche :

  • différents types de silence : solitaire, partagé, lourd de sens, à contresens ; 
  • le lien qu’entretient le silence avec la nuit, par opposition au couple jour-parole ;
  • la recherche du silence en tant que quête d’apaisement, de recueillement, d’immersion dans un lieu propice ;
  • silence comme moyen d’évoquer les souvenirs ou d’engendrer le retour du refoulé ;
  • silence en tant que déclencheur de la peur, de l’angoisse ou d’un malaise ;
  • le silence et la mort ;
  • le silence manifestant le vide de sens et l’émergence du néant ;
  • le silence et le religieux.

 Par cette invitation nous espérons, d’un côté, donner un apport intéressant à différentes recherches littéraires qui ont eu et ont toujours lieu dans le cadre des littératures française et francophone et, d’un autre côté, envisager la question dans toute sa diversité.

 

Calendrier

La date limite pour l’envoi de la proposition (titre + résumé d’environ 300 mots) est le 15 juillet 2017, à l’adresse quetes-litteraires@kul.pl

Les propositions seront examinées par un comité de lecture.

Les auteurs des propositions seront avisés avant le 20 juillet 2017.

Les normes de rédaction seront envoyées après l’acceptation de la proposition par le comité de lecture.

Langue des contributions : français.

Volume : 25 000 signes, notes et espaces compris.

Délai pour l’envoi des articles : le 15 octobre 2017.

 

La publication du septième numéro de Quêtes littéraires est prévue en décembre2017.

Site web : www.kul.pl/quetes-litteraires

 

Comité scientifique :

José-Luis Diaz (Université Paris VII)

Gérard Gengembre (Université de Caen)

Georges Jacques (Université Catholique de Louvain-la-Neuve)

Edyta Kociubińska (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)

Wiesław Malinowski (Uniwersytet im. Adama Mickiewicza, Poznań)

Bertrand Marchal (Université Paris IV)

Paweł Matyaszewski (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)

Zbigniew Naliwajek (Uniwersytet Warszawski)

Judyta Niedokos (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)

Daniel Sangsue (Université de Neuchâtel)

Gisèle Séginger (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)

Magdalena Wandzioch (Uniwersytet Śląski)

Contact pour envoi des résumés et pour toutes informations :

quetes-litteraires@kul.pl

RESPONSABLE :

Quêtes littéraires

URL DE RÉFÉRENCE

http:// www.kul.pl/quetes-litteraires

Source: Fabula

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