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Calls for Papers/Contributions

Appel à contribution: Mondes (im)possibles

Submitted by ccarlin on 24 April 2017 - 3:16pm

Revue de Philologie et de Communication interculturelle

ISSN 2558-8478

ISSN-L 2558-8478

Sortie prévue décembre 2017

Numéro coordonné par Adela Livia Catana et Daniela Mirea

La Revue de Philologie et de Communication interculturelle lance un appel à contribution pour son 3eme numéro intitulé  Mondes (im)possibles. Le comité de rédaction  invite tous les chercheurs intéressés par le sujet à envoyer leurs propositions aux responsables de ce numéro à paraître au mois de décembre 2017.  Plusieurs axes de recherche sont envisagés :

Fictions et mondes possibles

Utopies, dystopies, eutopies

Mondes contrefactuels

Mondes parallèles

Sémantique des mondes possibles

Existant et non-existant

Le statut ontologique du non–existant

Rêve et réalité

Les contes de fées

Science-fiction et fantasy

Ces axes ne sont pas exclusifs, toutes les contributions traitant le sujet proposé seront bienvenues.

La rubrique Varia publie des articles hors-thème dans le domaine des Lettres, de la Communication interculturelle, de la Didactique des Langues.  Les approches interdisciplinaires sont encouragées.

 

Modalités de soumission

Les contributions, inédites et rédigées en français, anglais et roumain, sont à envoyer conjointement avant le 1er novembre  2017, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique et du laboratoire d’affiliation de l’auteur (e) à :

Adela Catana, adela.catana@yahoo.com

Daniela Mirea, daniela_mirea@yahoo.com

Le résumé de l’article sera rédigé en anglais et sera accompagné de cinq mots-clefs.

Les articles feront l’objet d’une évaluation à double insu par des pairs.

Les auteurs sont censés suivre le protocole de rédaction consultable à l’adresse :

http://www.llcs.journal.mta.ro

Appel à communications: Pratiques artistiques et littéraires des architectures et décors fictifs de l’Antiquité au XVIIIe siècle : entre fiction, illusion et réalité

Submitted by ccarlin on 24 April 2017 - 3:12pm

Colloque international sur Pratiques artistiques et littéraires des architectures et décors fictifs de l’Antiquité au XVIIIe siècle : entre fiction, illusion et réalité, MMSH Aix-en-Provence

Jeudi 1er, vendredi 2 et samedi 3 février 2018

Propositions: 10 juillet 2017

Ce colloque s’inscrit dans le prolongement du programme sur le phénomène littéraire et artistique des architectures fictives lancé par R. Robert et G. Herbert de la Portbarré-Viard en 2012 dans le cadre d’une collaboration entre le CPAF/ TDMAM (Centre Paul-Albert Février-Textes et Documents de la Méditerranée Antique et Médiévale) et l’IRAA (Institut de Recherche sur l’Architecture Antique. Ce programme a déjà donné lieu à l’organisation d’une journée d’études sur la « délimitation du concept d’architecture fictive » en février 2013 à la MMSH ; à un colloque international « Les architectures fictives. Écriture et architecture de l’Antiquité à nos jours » organisé par l’EA 4593 CLARE et l’UMR 7297 (CPAF / TDMAM), à l’Université Bordeaux-Montaigne en octobre 2014. L’objet de nos études, il faut le rappeler, est la façon dont les architectures et les décors fictifs qu’ils soient imaginaires (c’est-à-dire issus de l’imagination de l’artiste ou de l’écrivain) et / ou fictionnels (c’est-à-dire enchâssés dans une trame narrative), dans tous les cas, introduisent une structure architecturale ou un décor dans un espace qui n’est pas le sien à l’origine, tout en imitant ou reproduisant ses caractéristiques à l’aide d’un autre langage : les arts décoratifs avec des couleurs, des lignes et des reliefs, les genres littéraires avec des mots.

En liaison avec ce programme une journée d’études « Fragments d’un discours architectural : l’architecture dans la littérature du 1er siècle av. J.-C », a été organisée le vendredi 29 avril 2016 par C. Durvye (IRAA) et G. Herbert de la Portbarré-Viard (CPAF / TDMAM). Ces diverses manifestations ont bien montré l’extrême fécondité de ce champ de recherche dans les textes, de l’Antiquité à nos jours. Dans une perspective différente de celle de l’étude des rapports entre littérature et architecture, menée par d’autres équipes, il envisage la particularité des architectures et décors fictifs en tant que phénomène et pratique autonomes dans l’histoire des arts en général, qui ont leurs codes propres, bien qu’ils entretiennent des liens étroits avec le contexte historique, politique et social de chaque époque. Au cœur de la pratique artistique et / ou littéraire des architectures et décors fictifs se trouve en effet une poétique singulière qui fait du texte ou de l’objet un microcosme. Pour ce faire, cette poétique se fonde sur la rencontre de codes linguistiques, littéraires et artistiques, soutenue par un exercice complexe de l’imagination. 

Le colloque de 2018, Pratiques artistiques et littéraires des architectures et décors fictifs de l’Antiquité au XVIIIe siècle : entre fiction, illusion et réalité, a pour ambition d’aborder un aspect qui n’a été qu’effleuré lors des précédentes manifestations : les rapports pour une époque donnée, entre architectures et décors fictifs littéraires, architectures et décors fictifs artistiques et la réalité. Les rapports entre les deux premiers termes ne sont pas toujours faciles à établir, mais cela même appelle la réflexion. On pourra en effet s’interroger sur les conditions qui permettent l’établissement de liens de ce genre et à quels moments ils apparaissent plus spécifiquement dans l’histoire de la littérature et des arts, mais aussi l’histoire tout court.

Il nous semble en effet intéressant de confronter les architectures et décors fictifs artistiques, qu’ils soient faits de pierre, mosaïque, stuc, ivoires, bois, tissus ou structures végétales(…) et qu’ils prennent la forme de sculpture, relief, peinture, dessin, enluminure ou gravure(…), avec les architectures et décors fictifs littéraires dans leur diversité générique (les différents genres poétiques, le roman, le théâtre, le genre épistolaire, mais aussi les textes théoriques, théologiques, philosophiques et même historiques) et avec le réel. Les communications proposées conduiront à envisager par exemple, à travers l’étude des pratiques artistiques et littéraires des architectures fictives, les va-et-vient entre réalité et fiction, qui peuvent se nourrir mutuellement, voire faire « voler en éclat » les limites qui les séparent. Elles pourront également aborder les jeux de miroir et d'illusions entre œuvres artistiques et œuvres littéraires (par exemple entre les peintures ou dessins d'architectures / et les descriptions de ruines ; entre décors en trompe-l'œil et descriptions de ces décors et jeux d'illusions, ou discours critique à leur égard). Pourront être entre autres étudiés des textes théoriques qui prennent pour objet des architectures et décors fictifs et leur rapport au réel. Seront également bienvenues des communications qui étudieraient les caractéristiques et phénomènes lexicaux et linguistiques liées aux descriptions d’architectures et décors fictifs pour les différentes périodes concernées.

Nous espérons vivement, mais non exclusivement, la participation de spécialistes de grec classique hellénistique et tardif, de latin tardif, de médio-latin, de néolatin, de langue du Moyen Ȃge, de spécialistes des XVIIe et XVIIIe siècles, et aussi des historiens de l’art de ces périodes, très peu présents lors des différentes manifestations organisées précédemment. Cette prise en compte, élargie et plus équilibrée, d’un point de vue diachronique et linguistique, permettra en effet la mise en place d’une perspective, à la fois plus riche, plus large, et plus nuancée sur les pratiques littéraires et artistiques des architectures fictives.

Nous attendons vos propositions de communication avec un titre provisoire le plus vite possible, et avant le 10 juillet 2017 avec un titre définitif et un bref résumé. Le programme sera ensuite finalisé et vous sera communiqué courant septembre.

En attendant avec impatience vos propositions, nous vous adressons nos salutations les plus cordiales,

P. Duarte, C. Durvye, G. Herbert de la Portbarré-Viard et R. Robert

Les propositions de communications devront être envoyées conjointement à Pedro Duarte (pedro.duarte@univ-amu.fr), Cécile Durvye (durvye@mmsh.univ-aix.fr), G. Herbert de la Portbarré-Viard (gaelle.viard@dbmail.com), Renaud Robert (renaud.robert@u-bordeaux3.fr).

https://www.cpaf.cnrs.fr

 

 

 

CFP: "Le bruit des femmes" -- Women in French 2018

Submitted by ccarlin on 14 April 2017 - 12:53pm

February 8-10, 2018

Proposals August 1, 2018

International Conference 

The Winthrop-King Institute, Florida State University, Tallahassee, Florida

Keynote Speaker: Elizabeth McAlister (Wesleyan University)

Organizers: Aimée Boutin (FSU), Reinier Leushuis (FSU), Martin Munro (FSU), Virginia Osborn (FSU), Anaïs Nony (FSU), Silvia Valisa (FSU)

Women talk too much, their talk is idle gossip or just plain dangerous. Conversely, women have not talked loud enough, their interventions in discourse have been condemned or erased, and there are still disciplines and contexts devoid of female voices. Feminist and feminist scholarship has strived to turn up the volume on the silence surrounding past generations of women’s experiences, stories, and artistic achievements. To listen to women and to speak as a woman can become a political act. Hence Eugénie Niboyet's choice of the title La Voix des femmes for the first daily feminist newspaper in France. The proliferation of academic titles that use the metaphor of voice specifically in relation to women's enfranchisement to mean "speaking out" and "breaking the silence" is evidence that women are nothing if no(t) voice. …

 

In The Laugh of the Medusa, Hélène Cixous struck a chord when she appropriated the metaphor of voice to state powerfully that “Women should break out of the snare of silence… Listen to a woman speak at a public gathering (if she hasn’t painfully lost her wind). She doesn’t ‘speak,’… all of her passes into her voice…” But is the voice necessarily the source of authenticity and affirmation these terms assume? What is meant by voicing as a metaphor for self-expression? How does it relate to making noise or silence, and to other sounds and forms of sensory expressions?

 

This 9th international Women in French conference seeks to explore how women's voices have been heard, conceived, and represented in French and Francophone literatures. In so doing, participants are encouraged to think about vocality and noise in all their reverberations in relation to the following terms:

 

Noise and silence

Silencing and the politics of speech

Political voices, women’s rights

Cultures of silence and women’s issues

Orality/Aurality

Listening practices

Storytelling and oral traditions

Narrative voices

Gossip and rumors

Print vs oral cultures

Oral imaginary

Voice, gender, and sexuality

Voice, race, colonialism

Voice and spirituality

Music, bruitage

Oral performance, oration

Sound ecologies

Sonic Arts

Sound technologies

Soundscapes

Digital sound

Voice, body, and the 5 senses

 

The conference also supports the One Book, One WIF selection for 2017-2018 and will include a panel on Camille en octobre by Mireille Best (1943-2005) and a public reading of her novel. Launched jointly in 2016 by WIF-North America and WIF-UK, the One Book initiative seeks to foster international collaboration by the members of and participants in the two organizations and conferences with the goal of drawing scholarly attention to the work of lesser-known Francophone women writers.

 

We invite 250 word proposals for panels and papers in French or English on the theme “Women and Sound.” Proposals should be accompanied by a short biography. Please submit proposals by August 1, 2017 via the online submission portal .

 

For more information about the conference, please contact:

The Winthrop-King Institute

Department of Modern Languages and Linguistics

Florida State University

Tallahassee, Florida 32306-1540

Telephone 850.644.7636

Fax 850.644.9917

E-mail icffs@mailer.fsu.edu

Website www.winthropking.fsu.edu

 

Appel à textes : Regards sur l’âme en Nouvelle-France Histoire des spiritualités individuelles et collectives en espace colonial

Submitted by ccarlin on 10 April 2017 - 8:25pm

Propositions: avant le 30 juin 2017

Si les travaux incontournables d’Henri Brémond ou de Michel de Certeau ont fait la belle part aux émotions mystiques du XVIIe siècle français, force est de constater que le territoire de la Nouvelle-France fait office de parent pauvre pour le même genre d’enquête. Malgré les études pionnières de Guy-Marie Oury, depuis les dernières années, les historiens ont peu investi le champ de l’histoire de la spiritualité en contexte colonial. Sans toutefois passer sous silence les importants chantiers consacrés aux parcours spirituels d’individus exemplaires, il nous apparaît qu’il reste à écrire une histoire des mouvements singuliers et pluriels de l’âme, parfois encadrée par l’institution ecclésiale, parfois soumise à de nouvelles conditions d’expérience du monde et de l’altérité.

 

Le colloque international “Âme d’une communauté, communauté d’âmes”, organisé par le Collectif d’Anthropologie et d’Histoire du Spirituel sous l’Ancien Régime (CAHSA) à Montréal en octobre 2016 (http://cahsanet.org/fr/evenements/colloque-2016-programme/), a permis l’amorce d'une réflexion riche et prometteuse sur la notion de spirituel. Des travaux et des discussions a émergé une définition du spirituel comme une expérience sensible de la spiritualité, c’est-à-dire une expérience individuelle de la foi qui parfois complète et parfois s’oppose aux courants de spiritualité institutionnalisés. Souhaitant poursuivre et approfondir ce travail, le CAHSA sollicite des propositions de textes pour un ouvrage en français, résolument pluridisciplinaire, dédié à l’examen des expériences spirituelles individuelles et collectives en Nouvelle-France, de la fondation de Québec jusqu’à la Conquête.

 

Par sa dimension coloniale, la Nouvelle-France offre un laboratoire d’expérimentation adapté à l’étude de la notion de spirituel. Dans ce territoire où elle souhaite établir un catholicisme tridentin débarrassé des hésitations métropolitaines, l’Église doit toutefois composer avec les initiatives missionnaires, la rencontre de l’altérité amérindienne, mais aussi les courants mystiques qui donnent notamment naissance à l’expérience de Ville-Marie. Le spirituel apparaît alors comme un fil conducteur qui permet de relier entre eux ces aspects du monde religieux qui, entre permanence institutionnelle et innovation spirituelle, se nourrissent et/ou s’opposent.

Nous invitons ainsi les spécialistes de différentes disciplines (histoire, littérature, histoire de l’art, théologie, anthropologie, etc.)  à soumettre une proposition de texte, en inscrivant leur réflexion dans un ou plusieurs des trois thèmes suivants :

 

1) La direction spirituelle et l’encadrement des discours sur l’âme

La confrontation physique à des lieux inconnus et parfois inhospitaliers est susceptible de faire émerger de nouvelles cartographies de l’âme ; ainsi est-il possible que face à une extériorité autre, l’intériorité se soit modelée de nouvelles manières. Or, ces territoires intérieurs inexplorés appellent aussi au resserrement de la direction spirituelle et à l’encadrement des discours sur l’âme. Comment s’établit la relation directeur/dirigé(e) dans ce contexte spécifique ? Comment la réalité coloniale teinte-t-elle la production de leurs échanges et détermine-t-elle les conditions de leur réception ? Car ces activités ont laissé des traces matérielles (patrimoine lettré et artistique) et immatérielles (tradition orale des communautés religieuses, iconographie mystique, etc.). Par exemple, qu’ont de novateur ou de conforme, en rapport à une tradition européenne des écrits et des traités de spiritualité, des productions du contexte missionnaire telles que le Manuscrit de 1652 colligé par Paul Ragueneau ou le Affectus amantis Christum Iesum de Pierre Chastellain ?

 

2) La diffusion et la publicité de l’expérience spirituelle

La communication des choses du cœur est une des conditions essentielles au succès du projet colonial en ce qu’elle suscite tant des vocations que des donations. Cet axe de la publicité des mouvements de l’âme reprend la dialectique extérieur/intérieur ou révélé/secret. Ainsi, il autorise l’examen de divers cas où l’expérience individuelle serait mise, ou non, au service du collectif. On peut penser à la publication posthume de la vie de Catherine de Saint-Augustin comme outil d’édification pour les communautés religieuses de Québec. Cet axe ouvre également à la question de l’intimité de l’expérience spirituelle et de sa récupération par la collectivité, notamment à travers l’observation de la circulation des confidences parmi un groupe plus ou moins restreint. Inversement, la publicité de la vie intérieure concourt à la construction identitaire d’une communauté dans le partage et la réappropriation des expériences individuelles.

 

3) La parenté comme lieu de transmission et de composition de l’expérience spirituelle

Ainsi, la circulation des savoirs sur les choses secrètes de l’âme peut être vecteur de liens entre les individus, voire entre les communautés. Il se dessine, dans ces assises cachées sur lesquelles s’érige le projet colonial, le thème de la parenté spirituelle. Il permet d’interroger, notamment, comment s’articulent les rapports du coeur (individuel) et du choeur (collectif) des croyants. Cet axe permet également de questionner les affiliations entre les individus ou de prendre en compte la nature de leurs relations aux différentes communautés (religieuses, d’Amérindiens convertis ou non, de colons, etc), des deux côtés de l’Atlantique. Plus largement, quelles sont les conditions d’appartenance à une famille, biologique et/ou spirituelle ? Comment se tissent ou se maintiennent les liens de parenté par lesquels se transmet l’expérience spirituelle ?

 

Les propositions de texte d’un maximum de 500 mots sont à envoyer, accompagnées d’une brève présentation biographique, à l’adresse groupecahsa@gmail.com avant le 30 juin 2017 pour évaluation par le comité scientifique du CAHSA.

 

Comité scientifique :

Joy Palacios

Emmanuelle Friant

Ariane Généreux

Claire Garnier

Site Internet : http://www.cahsanet.org

 

Appel à communications: L’histoire de l’édition juridique (XVIe – XXIe siècle). Un état des lieux

Submitted by ccarlin on 8 April 2017 - 10:29am

25-26 janvier 2018

Université de Paris Nanterre et Ecole normale supérieure, Jourdan

Les personnes souhaitant proposer une communication doivent envoyer leur proposition d’environ 2500 signes espaces compris, avec un titre et précisant les sources qui seront utilisées, avec une courte biobibliographie, avant le 31 mai 2017, aux adresses suivantes :

rcarvais@noos.fr et jean-louis.halperin@wanadoo.fr

 

La sélection du comité se fera au mois de juin.

Date limite des réponses : fin mai 2017

Sélection : juin 2017

 

De la naissance de l’imprimerie à la Révolution numérique que nous vivons actuellement, la culture des juristes est avant tout livresque. Et l’on se plaît à reconnaître que le Code civil est sans conteste un point de rupture dans l’histoire de l’édition juridique. Or si l’histoire de l’édition, du livre et de la lecture demeure un champ de recherche attesté, reconnu et fortement référencé depuis les années 1980 - il suffit de citer les noms de Frédéric Barbier, Roger Chartier, Henri-Jean Martin, Jean-Dominique Mellot et de Jean-Yves Mollier et leurs travaux respectifs et fondateurs pour en être persuadé[1] - il faut humblement reconnaître que la recherche sur la production imprimée des livres de droit demeure pour beaucoup sous-estimée et peu développée (voir la bibliographie récente ci-jointe qui non seulement est parcimonieuse et casuistique, mais pointe d’emblée dans ses titres l’espoir de sortir de l’oubli). La prise de conscience pourtant chez les juristes dès le milieu des années 1980 d’un intérêt pour l’enseignement de leur discipline[2], puis pour ceux d’entre eux qui avaient laissé des traces théoriques comme pratiques[3], en métropole, dans les colonies, comme à l’étranger, ne pouvait pas négliger un axe essentiel de la transmission de la pensée juridique : l’étude du livre juridique et de son édition par laquelle il acquiert un statut autonome de relais incontournable du droit.

 

De la place du champ juridique dans le monde de l’édition, nous possédons quelques indications d’importance mais incomplètes. L’évolution des spécificités du droit méritent que l’on s’y attarde : passage du service du roi à celui du public ; structures d’écriture autour de textes maîtres (coutumes, codes) ; organisation hiérarchique des propos ; leur constante mise à jour ; l’absence progressive d’illustrations…

 

Le moment est sans doute venu de réfléchir à un état des lieux de cette question selon les trois axes de la production, de la transmission et de l’utilisation de la littérature juridique :

 

Production de l’imprimé juridique

 

L’auteur pour transformer son manuscrit en un objet imprimé marchand doit passer par un éditeur-libraire-imprimeur qui fabrique le livre. Comment ces deux entités se choisissent-elles ? Quel est le rôle joué par la concurrence ? Les critères sélectifs portent-ils uniquement sur la position professionnelle, le titre de l’auteur ou le catalogue plus ou moins étoffé de l’éditeur, voire sa situation près des lieux d’où est produit et diffusé le droit, comme les cours et tribunaux ou les universités et écoles ? Existe-t-il des stratégies pour constituer un pôle juridique ? Quand naissent les collections juridiques chez les éditeurs ? La production des revues juridiques procède d’un processus particulier autour d’une équipe de professionnels du droit (enseignants et/ou praticiens) en lien avec les éditeurs. La revue juridique nait-elle qu’avec le Code civil ou existe-t-il des prémices de périodiques juridiques auparavant ? Sous l’Ancien Régime, le système du privilège royal et son évolution fait-il apparaître une spécificité quant à la publication des ouvrages de droit ? La contrefaçon de certains titres permet-elle une diffusion plus intense des ouvrages sur le territoire français ou confine-t-elle à faire découvrir des ouvrages interdits frappés d’une certaine censure ? Les auteurs juristes parviennent-ils davantage que les autres à protéger leurs droits ? De plus, la particularité du champ juridique réside précisément dans la distinction de l’édition d’avec la production des autorités (édition institutionnelle) qu’elles soient normatives, professionnelles ou théoriques sur lesquelles il existe des bilans historiographiques assez importants[4]. En effet, diffuser la compilation de la règlementation étatique (ordonnances, édit, lettres patentes) à l’origine par le biais d’auteurs privés se concentre après 1804 dans le cadre d’une édition officielle autonome[5]. Qu’en est-il au niveau local (municipal, départemental, régional) à propos des normes décentralisées ? Dans quelles conditions sont édités les factums ? Ou les ordonnances techniques professionnelles sous couvert d’une communauté de métier ou de son autorité judiciaire ? Les éditions universitaires destinée à l’enseignement et aux professions exercés dans le domaine du droit afin de délivrer une connaissance complète et toujours mise à jour, apparaissent-elles davantage singulières dans le domaine juridique ?

 

Marchandisation du livre et des revues juridiques

 

Si le secteur de l’édition juridique semble au début « étroit mais commercialement attractif », il devient au XIXe siècle dynamique, prospère et se concentre dans les mains de nouvelles dynasties d’éditeurs. Disposons-nous de point de comparaison entre les deux époques en termes économiques, ou à l’égard de l’étranger ? Quel est le coût d’une édition de livre juridique ? Quel est le rôle de la souscription dans l’économie de l’édition juridique ? Des procédés techniques de fabrication et de diffusion ? De quel type de livre s’agit-il ? Les questions du format et de la mise en page des livres juridiques n’ont jamais été traitées dans leur intégralité alors que la glose ou le commentaire se révèle si important dans le champ juridique. Sur le tirage des ouvrages, nous commençons à peine à voir poindre quelques résultats[6]. Le prix des ouvrages et des abonnements de revues figurent dans les catalogues des libraires[7] et pourraient être appréciés avec le temps à l’occasion de ventes aux enchères[8] ou lors de l’évaluation des bibliothèques par les experts commandités lors du décès du collectionneur. Quelles publicités pour vendre et faire vendre les livres de droit ? Et à qui  sont-elles précisément destinées? Dans les livres eux-mêmes et les revues, il est d’usage que l’éditeur inclut son propre catalogue, en particulier semble-t-il pour la littérature grand public ou les collections dites « populaires », mais va-t-il au-delà en proposant des varia où figurent des « grands » ouvrages de droit comme le Cours de droit civil d’Aubry et Rau en 5 vol. in-8°. En dehors des gens du droit, d’autres professions sont intéressées à leur cadre juridique, voire le public des citoyens dans sa globalité. Comment s’organise la diffusion des livres de droit ? Par le biais des librairies spécialisés, par la prescription des professeurs, par le biais des bibliothèques et des prêts de livres… Comment les librairies juridiques s’associent-elles avec d’autres librairies concurrentes ?

Certaines questions demeurent des angles morts de la recherche : le nombre de livres achetés, le nombre de livres lus et utilisés réellement (usages de la pratique). Qu’est-ce qui justifie la réédition d’un ouvrage ? La multiplication des éditions successives (officielles ou contrefaites) d’un ouvrage indique-t-elle son importante diffusion et son caractère indispensable ? L’étude des filiations des ouvrages par le repérage des copies et emprunts constitue un enjeu difficile et contraignant mais prometteur. La transmission des ouvrages par l’achat en librairie, n’exclut celle entre particulier dans le cadre du marché officiel de l’occasion ou via les ventes aux enchères. Les traductions des œuvres majeures ou celles qui sont perçues comme telles à l’étranger permettent-elles de définir la renommée ? Mais, au-delà de cette question, sur quoi débouche l’usage de ce mode communicationnel de transfert culturel du savoir juridique : une culture populaire ou savante du droit, une stratégie de greffe d’un système juridique innovant étranger, une volonté d’harmoniser des pratiques culturelles différentes[9] ? Dans ce cadre des parentés des ouvrages entre eux, il serait novateur de mettre au jour la stratégie de réseaux des élèves à l’égard de leur maîtres quant à l’édition de livres suiveurs, ou comment l’on peut tracer, dans l’édition, les écoles de la pensée juridique ?

 

Utilisation de la littérature juridique

 

A propos du lectorat des ouvrages juridiques, on s’aperçoit qu’un fonds de livres de droit se trouve dans le patrimoine de chefs de famille appartenant à d’autres mondes que ceux de la robe. Il conviendrait de mesurer autant la part du droit chez les juristes par rapport aux livres des autres secteurs de l’édition que la part du droit chez les non juristes et de vérifier l’hypothèse d’une diffusion du droit plus large dans la société au XIXe s. La difficulté réside dans les sources et témoignages que nous pourrions recueillir pour entreprendre une telle recherche. Quel rôle jouent les bibliothèques publiques et privées dans l’édition juridique ? Ou plus précisément quelle est la fréquence de consultation des livres et revues juridiques en bibliothèques ? Dans celle généraliste (comme la BnF) comme dans celle spécialisée (comme à Cujas) ? Sur ce thème peu d’informations ne nous sont parvenues. Peut-être faudrait-il interroger les bibliothèques pour savoir si des sources internes à ces établissements nous permettraient une telle mesure ? Un autre critère de relais de l’usage des livres ou des articles pourrait être la mesure de leur réception à travers la critique, via les comptes rendus. Plus simplement, les genres des ouvrages, les contenus et classements des catalogues et répertoires bibliographiques où apparaissent les différentes branches, disciplines ou sous-disciplines du droit, peuvent guider l’analyse des usages. Ainsi, les cours, manuels, traités etc. sont utilisés principalement pour l’enseignement du droit, alors que les essais, pamphlets, théories, thèses, mélanges, ouvrages collectifs d’études nourrissent la réflexion des juristes ; les périodiques : journaux, bulletins et revues juridiques comme publication contenant des types d’exercices spécifiques : le commentaire de jurisprudence et le cas pratique, donnent la volonté de suivre, de critiquer et de mettre à jour la connaissance, alors que les formulaires, styles, guides professionnels, ouvrages pratiques par définition auxquels on peut joindre une pléthore de dictionnaires, encyclopédies, répertoires, sources annotés (code, coutume, etc.), œuvre collective, alimentent la pratique quotidienne des professions juridiques et la référence à un savoir permanent.

 

Sources à mobiliser :

Les archives des maisons d’édition quand elles existent, mais aussi pour l’Ancien Régime celle de la Chambre syndicale de la libraire et imprimerie de Paris (BnF, Ms fr. 21813-22060). Il ne faut pas oublier les sources privées des auteurs comme des éditeurs qui pour la période contemporaine pourraient se trouver déposées à l’IMEC (correspondances, inventaires après décès, etc.). Les sources imprimées à partir du XIXe s. sont de plusieurs ordres : Les répertoires bibliographiques, les catalogues de libraire-éditeur, de bibliothèques spécialisées, de ventes aux enchères.

Les bibliographies juridiques (et les bibliothèques) : les sources (coutumier, code), les ouvrages (cours, manuel, précis, traité, résumé de répétition écrite, leçon, conférence d’ordonnances, de coutumes, explications, thèse, mémoire, essai, études en l’honneur de, mélanges, œuvres), les formulaires (styles, principes, questions et réponses, règles) les collections (recueils, dictionnaire, questions), les revues (journal, bulletin, actualités, cahiers, gazette, semaine), etc.

 

Le but du colloque est avant tout de lancer un chantier, et non de recueillir des études prosopographiques sur tel ou tel éditeur, ni des études monographiques, ni bien sûr non plus de faire des analyses juridiques sur le fond, mais d’étudier les particularités de l’édition juridique - si tant est qu’elles soient mises au jour - en elles-mêmes ou par rapport à l’édition d’autre secteurs. Notre propos sera principalement centré sur la France, même si nous ne nous refusons pas de l’ouvrir aux pratiques étrangères, notamment par le biais de la traduction. Nous avons ainsi dressé une liste des pistes qui mériteraient d’être explorées et qui pourraient susciter des propositions de communications.

 

1/- Quelles sources solliciter et quelles méthodes à suivre ?

Quelle histoire s’agit-il de faire et à partir de quelles sources d’archives repérables et consultables ? Les archives éditoriales étant plutôt rares, les bibliothèques sont assurément des lieux d’exploitation (catalogues d’entrée, fréquentation, récurrence des emprunts d’ouvrage, …), mais également les catalogues d’éditeurs, comme ceux des libraires d’occasion spécialisées ou encore ceux des ventes publiques aux enchères de livres (avec si possibles les cotes atteintes. Les institutions régulant la création du livre des permissions d’imprimer (privilèges) aux dépôt légal, en passant par les périodes de censure (mise à l’index) ou les institutions subventionnant le financement des publications. A partir de quelles sources dresser des statistiques sur le livre juridique ? Les archives publiques certes mais aussi les archives privées sont à repérer et à inventorier. La lecture sur le site du SNE de la mesure économique du « secteur » juridique prouve-t-il l’existence d’un tel domaine spécialisé : « En 2013, le droit poursuit sa croissance avec + 5,0% en valeur et + 2,0% en volume. »

 

2/- Les acteurs de l’édition : juristes ou professionnels du monde du livre ?

Des copistes religieux aux imprimeurs-libraires laïcs, l’éditeur s’établit comme un acteur déterminant face aux auteurs depuis la création de l’imprimerie. Quel part les professionnels du droit qu’ils soient eux-mêmes auteurs ou créateurs-associés d’une maison d’édition spécialisée, ont-ils pris dans la construction du monde de l’édition juridique. Dans le cadre de la mondialisation contemporaine, n’assiste – t – on pas à une raréfaction de leur diversité ? Les auteurs sollicités ou proposant leur travaux à publication sur des sujets juridiques sont-ils tous des juristes ? Et si la plupart le sont quels sont leur formation et leur profession précise : monde judiciaire ou universitaire. Les libraires, qui occupent avant la Révolution une position déterminante dans le secteur de l’édition, la conservent-ils par la suite ? Quand se détachent-ils de la production du livre pour n’en être que les relais commerciaux, indépendants ou pas d’ailleurs des maisons éditoriales ? Acquièrent-ils un intérêt pour la recherche et la revente des ouvrages ou revues juridiques patrimoniaux ?

 

3/- Les publics et usages des livres et des revues juridiques :

Quels sont les lecteurs des livres de droit ? Les universitaires, les membres des professions juridiques, le monde politique mais aussi un public non spécialisé. La vie professionnelle, mais aussi certains moments de la vie tout simplement, viennent à être régulés par le droit. Dans ces périodes, la culture juridique parvient à être débattue, voire prise en main par des personnes concernées sans qu’elles soient de formation juridique. La littérature qui en ressort peut se révéler aussi pointue que n’importe quel traité de droit. Au XIXe siècle, souvent les revues professionnelles (médicales ou architecturales, par exemple) diffusent des savoirs juridiques sous diverse formes (prise de position doctrinale, jurisprudence commentée, cas pratique mais aussi commentaire de réforme législative ou réglementaire) dans des finalités diverses d’information mais aussi de propagande. Dans quelles conditions lit-on des ouvrages ou des revues juridiques ? Pour apprendre, prendre position dans une contestation, argumenter un raisonnement (voire une plaidoirie) mais aussi  construire une théorie nouvelle. Où lit-on ce genre d’ouvrages ? En bibliothèques (générales, spécialisée comme la bibliothèque Cujas, voire les bibliothèques hyperspécialisées des départements universitaires), à son bureau (cabinet, étude ou laboratoire de recherche), chez soi (dans son cabinet de curiosité). Comment se constituent les fonds des grandes bibliothèques de droit en France comme à l’étranger qui doivent assurer la contradiction de conserver et de renouveler ou mettre à jour ? A-t-on lus du droit sous le manteau dans le cadre de censure politique ? Quand les livres de droit deviennent-ils des objets patrimoniaux ? Les ouvrages ou revues juridiques se prêtent-ils ? 

 

4/- Le livre juridique : objet commercial et/ou intellectuel ?

Les stratégies éditoriales sont plurielles : obtenir des chiffres de vente suffisants sur les grands classiques et les supports de cours universitaires pour se donner la possibilité de créer des collections nouvelles et originale de jeunes auteurs. Sur quels critères s’opère le choix des éditeurs ? Comités de lecture - comment d’ailleurs sont-ils composés et comment fonctionnent-ils ? -, réseaux d’influence (politiques, financiers), renommée ou fonction de l’auteur. Comment l’aspect savant des ouvrages juridiques (livres, revues) et par conséquent volumineux et donc couteux sur le plan commercial, parvient-il à se vendre ? Est-ce le phénomène fréquent de « réduction en art » (diffusion d’un état des lieux constamment mis à jour) qui y contribue ou bien d’autres facteurs ? Par ailleurs, au niveau macro-économique, si les chiffres de l’édition semblent assez maitrisables pour le XXe siècle, comment cerner le marché du livre et des revues juridiques sur les périodes antérieures ? Tant en termes de tirage que de vente ? Par ailleurs, sur le plan micro économique, combien coute la fabrication des ouvrages typiquement juridiques comme les in-folio et in-quarto(recueils encyclopédiques, commentaires de coutumes) sous l’Ancien Régime comme les Dictionnaires de droit mis à jour par feuillets dès la fin du XIXe siècle ? L’impérativité de la mise à jour des sources juridiques pour être efficace n’est-elle pas une question récurrente dans le monde du droit et n’a-t-elle pas contribué à développer le secteur des périodiques qui doivent commenter toujours les plus récentes décisions de jurisprudence ? Comment le choix des décisions et celui du commentateur s’opère-t-il ?

 

5/- Les aspects formels (genre et configuration) du texte juridique :

La matérialité du livre juridique est ici interrogée. A l’origine, les principaux textes juridiques édités sont quasiment les codes « sacrés » du droit romain et canon - et plus tard royal - et à ce titre la présentation dans la page conserve quelque peu les habitudes du copiste du Moyen Age au titre de la glose (texte et commentaires tout autour). Cet aspect de « mise en page/mise en texte » devient-il récurrent dans toute la production juridique ? Toujours est-il que l’usage des notes (parfois longues et savantes) rend le texte des pages encore plus dense. De fait, l’utilisation d’incontournables index pourrait être considérée comme une caractéristique du traitement éditorial des textes juridiques (cf. également la structure des articles de revues). De même, il serait intéressant de se pencher sur le rôle des tableaux, des arborescences et des illustrations dans les ouvrages de droit. En apparence peu nombreux, ils peuvent apparaître comme un moyen facile de présenter la structuration de la pensée ou comme des moyens utiles de traitement de cas, exemples d’application du droit. L’ensemble hétéroclite des pratiques et des discours autour du texte - ou « paratexte », selon Gérard Genette - devra être analysé, comme aussi les dédicaces ou les préfaces des ouvrages de droit.

 

6/- La circulation internationale du droit édité : diffusion et traduction

Comment et où le livre de droit circule ? Tout d’abord, en France par le biais des réseaux de librairies certes, mais aussi par le biais affiché de copies encore courantes jusqu’au XIXe siècle. Cependant, sous l’Ancien Régime, violant le privilège délivré par le roi, des auteurs, voire d’autres individus se faisant passer pour des auteurs, contrefont des livres. Ce marché parallèle de la contrefaçon mériterait d’être analysé à une grande échelle.  Quels sont les lieux propices à ce phénomène ? Dans une proportion moindre, les livres censurés méritent eux aussi une analyse. Malgré la récente numérisation fréquente des sources patrimoniales et la multiplication d’édition en ligne de la littérature grise mais aussi de la mise à la disposition rapide à la communauté des chercheurs des publications périodiques, quelle part reste-t-il à l’édition juridique privée ? Enfin, en dehors du territoire national, la littérature juridique s’exporte-t-elle ? En dehors des textes théoriques qui finissent par être traduits à l’occasion de situations des plus diverses (regain d’intérêt pour un sujet, redécouverte de l’auteur, etc.), la traduction du droit étranger en France constitue le support des échanges intellectuels entre juristes. Dans les pays multilingues ou dans les organisations internationales, la traduction juridique structure un plurilinguisme officiel et tente de résoudre nombre de complexités des pratiques des droits entre eux.

 

 

Bibliographie succincte :

 

Audren, Frédéric et Halpérin, Jean-Louis, La culture juridique française. Entre mythes et réalités. Paris, Editions du CNRS, 2013.

 

Barthe, Emmanuel, « Pistes pour une histoire récente de l’édition juridique française », http://www.precisement.org/blog/+Pistes-pour-une-histoire-recente+.html (consulté en ligne le 18 juillet 2016).

 

Baker, John H., ‘English law books and legal publishing’, in Barnard, J. and McKenzie, D.F. (eds.) The Cambridge History of the Book in Britain. Cambridge: Cambridge University Press, 2002, p. 474–503.

 

Barenot, Pierre-Nicolas, Entre théorie et pratique : les recueils de jurisprudence, miroirs de la pensée juridique française (1789 - 1914), thèse de droit sous la direction de Nader Hakim, Université de Bordeaux, 2014.

 

Brissaud, Yves-Bernard, « Pistes pour une histoire de l’édition juridique française sous l’Ancien Régime » in Mellot, Jean-Dominique (dir.) avec la collaboration de Marie-Hélène Tesnière, « Production et usages de l’écrit juridique en France du Moyen-Age à nos jours », Histoire et civilisation du livre. Revues internationale, Droz, I, 2005, p. 34-136.

 

Chambost, Anne-Sophie (dir.), Histoire des manuels de droit. Une histoire de la littérature juridique comme forme du discours universitaire, Paris, LGDJ, lextenso éditions, Coll. Contextes, 2015

 

Chambost, Anne-Sophie (dir.), Les blogs juridiques et la dématérialisation de la doctrine, Paris, LGDJ, lextenso éditions, Coll. Contextes, 2015.

 

Chêne, Christian, « Manuels, traités et autres livres (Période moderne) », in Denis Alland et Stéphane Rials, Dictionnaire de la culture juridique, Paris, Lamy / Puf, 2003, p. 987-990.

 

Dullion, Valérie, avec la collaboration d’Armand Héroguel, Denise Merkle et Reine Meylaerts, « Textes juridiques » in Yves Chevrel, Lieven D’Hulst et Christine Lombez (dir.), Histoire des traductions en langue française. XIXe siècle (1815-1914), Lagrasse, Verdier, 2012, p. 1067-1105.

 

Durelle-Marc, Yann-Arzel, « Publier : donner à la loi sa vigueur (1789-An II) »,  Clio & Themis, VI, 2013.

 

Epron, Quentin, La manière française du droit. Contribution à l’histoire des méthodes juridiques de l’Humanisme aux pré-Lumières, thèse de droit, soutenue en 2006 à l’Université Paris II Panthéon-Assas, sous la direction de Stéphane Rials.

 

Evrard, Sébastien, « Comment s’organisait l’édition juridique dans l’Ancien droit ? Un exemple sous le règne de Louis XVI », La Revue administrative, n° 395, septembre-octobre 2013, p. 17-22.

 

Evrard, Sébastien, Les Tables de la Loi : de l’argile au numérique. La diffusion de la règle de droit à travers les âges, Paris, L’Harmattan, 2014.

 

Evrard, Sébastien, « Un aperçu sur l’édition juridique sous Louis XIV. Autour des chiffres d’impression des ouvrages de droit (1778-1788) »,Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2014, vol. 71, p. 303-332.

 

Evrard, Sébastien, « L’édition juridique et la contrefaçon en Bourgogne sous Louis XVI (1777-1780) », Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2015, vol. 72, p. 225-256.

 

Hage, Julien, Feltrinelli, Maspero, Wagenbach : une nouvelle génération d'éditeurs politiques d'extrême gauche en Europe occidentale. 1955-1982, thèse d'histoire sous la direction de Jean-Yves Mollier, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, décembre 2010.

 

Halpérin, Jean-Louis, « Manuels, traités et autres livres (Période contemporaine) », in Denis Alland et Stéphane Rials, Dictionnaire de la culture juridique, Paris, Lamy / Puf, 2003, p. 990-992.

 

Hayert, Valérie, Mens emblematica et humanisme juridique. Le cas du Pegma cum narationibus philosophisis de Pierre Cousteau (1555), Genève, Droz, 2008.

 

Joly, Jean-Noël, La jurisprudence Dalloz : histoire économique d’une maison d’édition, 1910-1968, Mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction de J. Marseille, université de Paris 1, 1992.

 

Joly, Jean-Noël, Dalloz-Sirey (1968-1979) : contribution à l’histoire économique et juridique, Mémoire de DEA d’histoire sous la direction de J. Marseille, 1994.

 

Mellot, Jean-Dominique (dir.) avec la collaboration de Marie-Hélène Tesnière, « Production et usages de l’écrit juridique en France du Moyen-Age à nos jours », Histoire et civilisation du livre. Revues internationale, Droz, I, 2005, p. 2-209.

 

Mellot, Jean-Dominique, « Avant-propos », in Mellot, Jean-Dominique (dir.) avec la collaboration de Marie-Hélène Tesnière, « Production et usages de l’écrit juridique en France du Moyen-Age à nos jours », Histoire et civilisation du livre. Revues internationale, Droz, I, 2005, p. 5-10.

 

Mollier, Jean-Yves, « Editer le droit après la Révolution française » in Mellot, Jean-Dominique (dir.) avec la collaboration de Marie-Hélène Tesnière, « Production et usages de l’écrit juridique en France du Moyen-Age à nos jours », Histoire et civilisation du livre. Revues internationale, Droz, I, 2005, p. 137-147.

 

Nianga, Armelle, Le web 2.0 et l’édition juridique : le droit peut-il se passer d’éditeur ?, Mémoire de Master 2 recherche en droit mention Sociologie du droit et communication juridique.  Université Panthéon – Assas, sous la direction de Nicolas Molfessis et Guillaume Deroubaix, 2009-2010, (Consulté en ligne le 18 juillet 2016 (http://www.lepetitjuriste.fr/wp-content/uploads/2011/04/Le%20web%202.0%20et%20l%2527%25C3%25A9dition%20juridique.pdf )

 

Piotraut, Jean-Luc et Evrard, Sébastien (dir.), Le droit et l’édition. Regards français et étrangers sur les mutations engagées, Paris L’Harmattan, 2016

 

Poux, Jean-Edouard, « La sollicitation et l’obtention d’un privilège à la fin de l’Ancien Régime (1783) : Le Répertoire universel de jurisprudencede J.-N. Guyot », Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2014, vol. 71, p. 333-348.

 

Poux, Jean-Edouard, « L’estampillage de 1777 et le mémoire sur l’état de la librairie en Lorraine »,

Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2015, vol. 72, p. 257-267.

 

Prévost, Xavier, Les premières lois imprimées: étude des actes royaux imprimés de Charles VIII à Henri II (1483 - 1559), sous la direction de Patrick Arabeyre, 2015.

 

Richard, Guillaume, Enseigner le droit public à Paris sous la IIIe République, Paris Dalloz, Nouvelle Bibliothèques de thèse, 2015.

 

Sanchez, Isabelle, Paul Dalloz, un brasseur d’affaires à la fin du XIXe siècle. 1829-1887, Mémoire de maîtrise d’histoire, sous la direction de P. Viguier, Université de Paris X-Nanterre, 1989.

 

Simonin, Anne « L’impression de la loi dans la collection Baudouin : l’invention de la loi législative », Clio & Themis, VI, 2013.

 

Wagner, Olivier-Jean, L’édition juridique à Lyon au XVIe siècle, Mémoire d’études pour le diplôme de conservateur de bibliothèque, sous la direction de Raphaële Mouren, Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, janvier 2011 (consulté en ligne http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/49068-l-edition-juridique-a-lyon-au-xvie-siecle.pdf , le 18 juillet 2016).

 

 

Notes : 

 

[1] Jean-Yves Mollier et Patricia Soerl, « L’histoire de l’édition, du livre et de la lecture en France aux XIXe et XXe siècles [Approche bibliographique] », Actes de la recherche en sciences sociales, 1999, p. 39-59. Nous noterons que les enquêtes ont été initiées plus tôt dès les années 1960 avec Lucien Febvre et d’autres auteurs. Voir une version mise à jour à janvier 2016 sur la page du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’UVSQ consacré au séminaire de Jean-Yves Mollier sur l’histoire de l’édition :http://www.chcsc.uvsq.fr/centre-d-histoire-culturelle-des-societes-contemporaines/langue-fr/actualites/seminaires/les-programmes-complets/histoire-de-l-edition-du-livre-et-de-la-lecture-en-europe-du-xviii-au-xxi-siecle-2015-2016--362355.kjsp?RH=1321272426373

2 Voir la création en 1984 de la « Société pour l’histoire des facultés de droit et de la culture juridique » et de sa revue (Annales, puis Revue) qui s’est ajouté plus tard dans son titre -– la mission d’étudier « le monde des juristes et du livre juridique ». Voir également Catherine Fillion (dir.), SIPROJURIS : système d’information des professeurs de droit (1804-1950), consultable en ligne : http://siprojuris.symogip.org

3 Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halpérin et Jacques Krynen (dir.), Dictionnaire historique des juristes français (XIIe – XXe siècle), Paris, PUF, Coll. Quadrige, Dico Poche, 2eédition 2015 (2007).

4 Garreta Jean-Claude, « Les sources de la législation de l'Ancien Régime. Guide bibliographique », in Etudes en souvenir de Georges Chevrier, (Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et normands, 29ème fascicule, 1968-1969), Dijon, p. 275 - 364.

5 Choublier-Grimbert Noëlle, « Les collections de Louis Rondonneau. Formation et destin des collections juridiques au tournant des XVIIIe et XIXe siècles », Bibliothèque de l’Ecole des chartes, t. 166, 2008, p. 195-240.

6 Evrard, Sébastien, « Un aperçu sur l’édition juridique sous Louis XIV. Autour des chiffres d’impression des ouvrages de droit (1778-1788) », Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2014, vol. 71, p. 303-332.

7 Guillaume-François de Bure, le jeune, Bibliographie instructive ou Traité de la connoissnace des livres rares et singuliers…, Paris, 1764 (volume de la Jurisprudence et des sciences et arts) ; Catalogue des livres de fond qui se trouvent chez J. G. Mérigot le jeune, libraire sur le Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, n° 38 à Paris, in-12° sans date. Bibliographie ou Catalogue Général et complet des livres de droit et de jurisprudence publiés jusqu’au 30 juin 1859 classé dans l’ordre des codes,  avec tables alphabétique des matières et des noms des auteurs placés en tête du catalogue, Paris, Imprimerie et librairie générale de jurisprudence, Cosse et Marchal, imprimeurs-éditeurs, Librairie de la Cour de cassation et de l’ordre des avocats à la même cour et au Conseil d’Etat, Place Dauphine, 27, 1859, 53 p. in-8° ; Ernest Thorin, Répertoire bibliographique des ouvrages de législation, de droit et de jurisprudence en matière civile, administrative, commerciale et criminelle publiés spécialement en France depuis 1789 jusqu’à la fin de Novembre 1865 accompagné de quelques comptes rendus extraits des principaux recueils judiciaires et suivi d’une table analytique et raisonné des matières, nouvelle édition revue, corrigée et considérablement augmentée, Paris, Auguste Durand, libraire de l’ordre des avocats et de la Cour impériale, rue Cujas (ancienne rue des Grès, 7), 1er janvier 1866 ; Catalogue de fonds des éditions du Recueil Sirey, Droit, économie politique, sociologie, histoire, Libraire du Recueils Sirey, 22, rue Soufflot, Paris 5e,  Liège, 1er février 1937, 113 p. in-8° (avec un Tarif des publications périodiques, hors-texte).

8 Voir par exemple, Catalogue des livres composant la bibliothèque de Feu M. F. Fréd. Poncelet, membre de la légion d’honneur, avocat à la cour royale, professeur à l’école de droit de Paris, Paris, J.-F. Delion, libraire, successeur de R. Merlin, Quai des Augustins, n° 47, 1844, XIX + 427 p. in-8° (collection particulière avec indications manuscrites des prix de vente des ouvrages).

9 [1] Voir l’atelier « Les langues du droit : les traductions de textes juridiques occidentaux entre Europe, Amériques et Japon » in The Society for the History of Authorship, Reading and Publishing (SHARP) 2016. Lire les résumés dans http://www.sharpparis2016.com/abstracts/.

 

[1] Jean-Yves Mollier et Patricia Soerl, « L’histoire de l’édition, du livre et de la lecture en France aux XIXe et XXe siècles [Approche bibliographique] », Actes de la recherche en sciences sociales, 1999, p. 39-59. Nous noterons que les enquêtes ont été initiées plus tôt dès les années 1960 avec Lucien Febvre et d’autres auteurs. Voir une version mise à jour à janvier 2016 sur la page du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’UVSQ consacré au séminaire de Jean-Yves Mollier sur l’histoire de l’édition :http://www.chcsc.uvsq.fr/centre-d-histoire-culturelle-des-societes-contemporaines/langue-fr/actualites/seminaires/les-programmes-complets/histoire-de-l-edition-du-livre-et-de-la-lecture-en-europe-du-xviii-au-xxi-siecle-2015-2016--362355.kjsp?RH=1321272426373

[2] Voir la création en 1984 de la « Société pour l’histoire des facultés de droit et de la culture juridique » et de sa revue (Annales, puis Revue) qui s’est ajouté plus tard dans son titre -– la mission d’étudier « le monde des juristes et du livre juridique ». Voir également Catherine Fillion (dir.), SIPROJURIS : système d’information des professeurs de droit (1804-1950), consultable en ligne : http://siprojuris.symogip.org

[3] Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halpérin et Jacques Krynen (dir.), Dictionnaire historique des juristes français (XIIe – XXe siècle), Paris, PUF, Coll. Quadrige, Dico Poche, 2eédition 2015 (2007).

[4] Garreta Jean-Claude, « Les sources de la législation de l'Ancien Régime. Guide bibliographique », in Etudes en souvenir de Georges Chevrier, (Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et normands, 29ème fascicule, 1968-1969), Dijon, p. 275 - 364.

[5] Choublier-Grimbert Noëlle, « Les collections de Louis Rondonneau. Formation et destin des collections juridiques au tournant des XVIIIe et XIXe siècles », Bibliothèque de l’Ecole des chartes, t. 166, 2008, p. 195-240.

[6] Evrard, Sébastien, « Un aperçu sur l’édition juridique sous Louis XIV. Autour des chiffres d’impression des ouvrages de droit (1778-1788) », Mémoires de la Société pour l’Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romand, 2014, vol. 71, p. 303-332.

[7] Guillaume-François de Bure, le jeune, Bibliographie instructive ou Traité de la connoissnace des livres rares et singuliers…, Paris, 1764 (volume de la Jurisprudence et des sciences et arts) ; Catalogue des livres de fond qui se trouvent chez J. G. Mérigot le jeune, libraire sur le Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, n° 38 à Paris, in-12° sans date. Bibliographie ou Catalogue Général et complet des livres de droit et de jurisprudence publiés jusqu’au 30 juin 1859 classé dans l’ordre des codes,  avec tables alphabétique des matières et des noms des auteurs placés en tête du catalogue, Paris, Imprimerie et librairie générale de jurisprudence, Cosse et Marchal, imprimeurs-éditeurs, Librairie de la Cour de cassation et de l’ordre des avocats à la même cour et au Conseil d’Etat, Place Dauphine, 27, 1859, 53 p. in-8° ; Ernest Thorin, Répertoire bibliographique des ouvrages de législation, de droit et de jurisprudence en matière civile, administrative, commerciale et criminelle publiés spécialement en France depuis 1789 jusqu’à la fin de Novembre 1865 accompagné de quelques comptes rendus extraits des principaux recueils judiciaires et suivi d’une table analytique et raisonné des matières, nouvelle édition revue, corrigée et considérablement augmentée, Paris, Auguste Durand, libraire de l’ordre des avocats et de la Cour impériale, rue Cujas (ancienne rue des Grès, 7), 1er janvier 1866 ; Catalogue de fonds des éditions du Recueil Sirey, Droit, économie politique, sociologie, histoire, Libraire du Recueils Sirey, 22, rue Soufflot, Paris 5e,  Liège, 1er février 1937, 113 p. in-8° (avec un Tarif des publications périodiques, hors-texte).

[8] Voir par exemple, Catalogue des livres composant la bibliothèque de Feu M. F. Fréd. Poncelet, membre de la légion d’honneur, avocat à la cour royale, professeur à l’école de droit de Paris, Paris, J.-F. Delion, libraire, successeur de R. Merlin, Quai des Augustins, n° 47, 1844, XIX + 427 p. in-8° (collection particulière avec indications manuscrites des prix de vente des ouvrages).

[9] Voir l’atelier « Les langues du droit : les traductions de textes juridiques occidentaux entre Europe, Amériques et Japon » in The Society for the History of Authorship, Reading and Publishing (SHARP) 2016. Lire les résumés dans http://www.sharpparis2016.com/abstracts/.

Source: H-France

CFP: The Artisan's Pen: Writers of the Middling Sort in the 16th and 17th Centuries

Submitted by ccarlin on 8 April 2017 - 10:13am
We are seeking papers for a panel to be held at the annual meeting of the Renaissance Society of America in New Orleans, March 22–24, 2018.
 
Abstracts due May 10, 2017.  
 
The 18th century witnessed an explosion of writing by peasants and artisans, but when one looks to the 16th and early 17th centuries, one finds literary canons dominated by the nobility and those they patronized. The result is a warped picture of early modern culture as dominated by the wealthy and powerful and those who served their varied interests. But commoners also produced texts: Thomas Deloney, “the balleting silk-weaver,” Hans Sachs, the “shoemaker poet of Nuremberg,” Giambattista Casale, the carpenter turned chronicler—there were numerous 16th and 17th century artisans and peasants who took to writing.
This panel seeks papers about laborers (peasants, weavers, shoemakers, etc.) who also wrote even as they continued to identify themselves by their trade or economic status. We are especially interested in commoners who wrote not for elites but for other commoners. Papers on artisan or peasant writers from England or the continent are welcome as are papers which extend the discussion to Africa, the Americas, Asia, or Australia. Email abstract and short cv to Scott Oldenburg (Tulane University) by May 10soldenbu@tulane.edu.
 
Source: RSA

Appel à contributions : Dictionnaires et recueils de femmes ou d’hommes célèbres ou illustres.

Submitted by ccarlin on 5 April 2017 - 4:10pm

Numéro spécial : Les Grandes figures historiques dans les lettres et les arts, 2018.

Genre moral ou édifiant, le recueil d’hommes ou de femmes illustres a connu des évolutions qui reflètent des changements dans le rapport à l’histoire et aux données historiques. De l’hagiographie sainte à l’hagiographie laïque, ces ouvrages posent à la fois la question de la valeur de l’exemple et celle de la portée, souvent politique, de la mémoire, en particulier pendant la Révolution française et au cours du XIXesiècle. Dès 1800, avec le Dictionnaire biographique et bibliographique portatif des personnages illustres de tous les siècles et de tous les pays du monde, avec les dieux et les héros de la mythologie de Gabriel Peignot, la forme du dictionnaire témoigne notamment d’une rationalisation des répertoires de noms qui sont autant d’appels au souvenir, pour donner soit des modèles à suivre, soit, de façon plus problématique, des modèles à éviter. A la fin du XIXe siècle, le modèle du dictionnaire biographique devient, dans la Revue historique, un moyen pour mesurer le degré d’avancement d’une école historique nationale, tant la forme s’est imposée.

Ce numéro souhaite étendre des recherches qui ont été menées notamment par Patrick Baker (Biography, Historiography, and Modes of Philosophizing, The Tradition of Collective Biography in Early Modern Europe, Brill, 2017).

Pistes à explorer (liste non exhaustive) :

Les recueils des femmes et des hommes illustres

Le moment des dictionnaires biographiques

Les Dictionnaires biographiques en France et à l'étranger

Quels sont les noms qui ont été retenus par les répertoires ?

Les tentations romanesques et le rôle des anecdotes dans ces répertoires

Les modalités de l’édification.

Les histoires scandaleuses dans les répertoires : une contre-édification

 

La revue propose une double relecture des articles. Les articles seront joints sous une double forme : un fichier avec le nom et le prénom et l’institution à laquelle appartient l’auteur de l’article, un fichier anonyme, pour l’évaluation de l’article. Une fois l’article sélectionné, l’auteur recevra un mail de confirmation. Il s’engage ensuite à répondre aux questions des éditeurs et à suivre les recommandations des évaluateurs dans l’espace de 2 mois après la réception du mail de confirmation.

Les articles hors-thème peuvent être également envoyés à la revue, ainsi que des comptes rendus d’ouvrage. Les articles peuvent être en français, anglais ou allemand.

Pour toute correspondance et pour toute soumission d’article :

fiona.mcintosh-varjabedian@univ-lille3.fr

alison.boulanger@univ-lille3.fr

Date limite de remise des articles : 15 septembre 2017

 

 

Appel à communications: La nostalgie dans tous ses états

Submitted by ccarlin on 5 April 2017 - 4:07pm

Université de Lorraine (Nancy) - 30 novembre, 1er et 2 décembre 2017

Date limite de réception des propositions : 30/04/2017

« La nostalgie est, elle aussi [comme Ulysse], rusée et polytrope, aux mille tours. » (B. Cassin)

Bien que le mot lui-même soit assez tardif (1688), il semble néanmoins que le sentiment nostalgique ait déjà imprégné sociétés et cultures depuis l’Antiquité. Ainsi la nostalgie, « virtualité anthropologique fondamentale » (J. Starobinski), est-elle une attitude humaine abondamment exploitée par la littérature avant d’être qualifiée par un nom savant, passé ensuite dans la langue commune.

Origine de la nostalgie entre médecine et littérature

La diachronie nostalgique fait apparaître deux moments, deux orientations liées à deux champs sémantiques. D’une part, quelques grands textes épiques qui, en fondant une poétique de la nostalgie dont se nourrissent très vite la mémoire littéraire et la tradition intellectuelle occidentales, délimitent et organisent un usage littéraire et connotatif de la nostalgie. D’autre part, avec la naissance du mot par le médecin mulhousien Johannes Hofer (1688), le sentiment nostalgique devient une attitude pathologique, une maladie de l’imagination naissant d’un « dérèglement de l’imagination » (Hofer) — la douleur dont souffraient les soldats suisses lorsqu’ils avaient « perdu la douceur de leur patrie [...] depuis longtemps dénommée Heimweh dans leur langue » (Hofer), et que les Français appelaient le « mal du pays » — et étudiée de façon descriptive. La tradition médicale a entretenu un temps cette démarche descriptive fondée sur la recherche des causes morales d’un mal physique — à l’origine d’une abondante biographie — avant que la psychiatrie ne s’en empare pour décrire, après 1945, les conditions des réfugiés et des exilés. La tradition artistique, une fois que l’état affectif a été nommé, s’est enrichie de certaines correspondances, superpositions que la phénoménologie médicale avait suggérées. Aussi le mot nouveau devient-il concept réévaluant les contours définitoires et drainant avec lui tout ce qui était resté diffus dans un « surcroît de définition » (Starobinski) et entre dans le champ des sentiments pour devenir un terme de la littérature et de moins en moins un terme scientifique. L’accélération de sa diffusion littéraire, nous le savons, eut lieu à l’époque romantique. Soumise au traitement des poètes et des écrivains, « la nostalgie s’ouvre dans un éventail de sentiments [...] se contamine avec toutes les formes d’une sensibilité qui connaît l’abandon à la rêverie et la blanche torpeur du spleen, elle devient en somme le rivage sensible, dentelé et irrésolu de la mémoire » (A. Prete).

Une affection de l'ailleurs et du jadis

La nostalgie est étymologiquement et littérairement évoquée comme une émotion du retour, de la remontée vers les origines. Kant — dans son Anthropologie du point de vue pragmatique (1798) — fut parmi les premiers à souligner que le désir nostalgique ne veut pas retourner à un lieu mais à un temps où il y a de la place pour la reconstruction d’un passé personnel. Le « mal du pays », la « douleur du retour » s’imposent comme le regret du pays perdu se combinant avec l’idée d’un retour possible vers ce pays et donc aussi d’un retour dans le temps. Associant patrie, retour, avenir, l’arc temporel se dialectise entre le passé-éden, la complainte du présent et le chant de l’avenir. La dimension spatiale s’enrichit d’une dimension temporelle : la nostalgie est donc une maladie de l’espace et du temps qui concerne le jadis et l'ailleurs. Il y aurait la nostalgie du temps, d’un temps révolu, irréversible, qui plus jamais ne sera celui qui a été vécu, et celle du lieu qui serait a priori un mal plus curable, une nostalgie plus guérissable dès lors que le retour est un horizon (V. Jankélévitch). On passe alors d’une pathologie objective (mal du pays - affection du corps) à une métaphore qui densifie et alourdit le présent du regret de ce qu’il n’est pas, ce qu’il n’est plus ou ce qu’il ne sera jamais. Ainsi trois dimensions temporelles alimentent-elles la nostalgie : le regret du passé, l’insatisfaction du présent, et le désespoir de l’avenir. La nostalgie se situe à la croisée entre passé et futur, entre regret du pays et du temps perdus et désespoir d’être dans un autre pays et un autre temps (P. Dandrey). C’est en cela et pour cela que la nostalgie est décentrement, spatial et temporel.

Nostalgie, imagination et mémoire

Dans la représentation nostalgique de la vie antérieure, la conscience imageante prend toute sa place et se projette vers le lieu et surtout le moment du passé pour se les présentifier dans une déformation rétrospective du présent disparu qui participe amplement de la souffrance nostalgique. L’imagination créatrice est fille de la mémoire ; aussi parler de la nostalgie est-ce parler de mémoire, de temps et de narration (C. Mirabelli).

Nostalgie et exil, souffrance et bonheur

Le travail de construction mémorielle fantasmée se heurte irrémédiablement et irrévocablement à la marque du temps : il y a une souffrance inconsolable de prendre conscience que le paradis, l’éden reconstruits par le souvenir recèlent en eux la promesse de leur évolution, de s’apercevoir que, comme tout a changé, le pays n’est pas aussi beau qu’on l’imaginait dans sa mémoire et que la tristesse de la perte était inutile. Au centre de la nostalgie point l’idée métaphysique que le retour ne préservera pas du fait que, même dans les lieux qui sont les lieux du passé et figés par la mémoire, le temps a continué d’exister. Le nostalgique est un étranger, un exilé, « [il] est en même temps ici et là-bas, ni ici ni là-bas, présent et absent, deux fois présent et deux fois absent » (V. Jankélévitch), distrait au monde, « envoûté par l’alibi du passé », dans une espèce d’ubiquité construite, absente et présente. Se pose donc la question de l’état du retour qui est une confrontation avec l’espace et l’écoulement du temps : comment retourner là-bas après avoir été ici ? Comment vivre ici après avoir été là-bas ? Si les exilés qui retournent dans leur pays souvent le perdent deux fois, pour certains — exilés politiques, particulièrement — l’exil est libérateur.

Nostalgie héroïque/ les héros nostalgiques

La tradition littéraire a consacré Ulysse comme le héros du no sto s et Y Odyssée comme « l’épopée fondatrice de la nostalgie » (M. Kundera). Chez Ulysse, se concentrent à la fois le regret d’Ithaque, l’insatisfaction de ne pas pouvoir y revenir et le désespoir de ne jamais y parvenir. Mais le retour n’est pas sans mal ; c’est pourquoi Jankélévitch considère que Ulysse a certes eu la nostalgie d’Ithaque mais aussi peut-être la nostalgie de la nostalgie une fois revenu à Ithaque, la nostalgie du voyage, de l’aventure, de « l’exploration passionnée de l’inconnu » (M. Kundera). Et Barbara Cassin, repérant « les deux faces » de la nostalgie, celle de l’« enracinement » et celle de « l’errance », reconnaît en Ulysse « l’aventurier, le nomade, citoyen du monde jusqu’en ses confins, chez lui partout et nulle part ». Que reste-t-il de la nostalgie une fois que l’on a retrouvé l’endroit dont on avait la nostalgie ? Par ailleurs, le mythe d’Orphée et celui d’Aristophane dans le Banquet renvoyant tous deux à la séparation, à la déchirure et à une souffrance ontologique (surtout pour le mythe d’Aristophane) ne seraient-ils pas par excellence le mythe de la nostalgie ?

Axes de recherche

Il importera tout d’abord de mieux cerner l’ontologie nostalgique qui ne trouve de réalité et d’existence linguistique qu’avec la construction néologique de Johannes Hofer (1688). Cette question philosophique — savoir si l’on peut dire qu’un sentiment existe dans sa nuance tant qu’il n’est pas nommé — permettra, d’une part, de préciser les proximités et les différences entre le nostos, et d’autres notions et d’autres sentiments auxquels il est associé. D’autre part, il sera opportun de s’attacher à préciser les liens thématiques et conceptuels qui associent la nostalgie à la mélancolie, à l’exil, à la déchirure et au décentrement, au voyage et à la migration. Enfin, il restera à prendre en considération les modalités de la rhétorique et de l’esthétique nostalgiques qui témoignent du passage de la pathologie objective à la métaphore de celle-ci.

Liens thématiques

Nostalgie, déchirure, douleur, exil, imagination, langue, mémoire, mélancolie, origine, original, ostalgie, retour, trace, vestige(s).

Le colloque se tiendra en français et il est ouvert à toutes les aires linguistiques et culturelles. Les objets d’étude seront pluridisciplinaires (textes littéraires ou non, cinéma, théâtre, beaux-arts, musique, philosophie, phénomènes sociaux, médicaux) et les approches pourront être théoriques ou analytiques. Le type d’approche choisi, le corpus d’étude ainsi que les notions utilisées devront cependant être clairement indiqués et définis dans les résumés comme dans les présentations.

Responsables scientifiques : Estelle Zunino et Patrizia Gasparini Équipe de Recherche : LIS (EA 7305) — Littératures, Imaginaire, Sociétés

Modalités de soumission des propositions de communication : Date limite de réception des propositions : 30/04/2017 Notification d’acceptation aux auteurs après examen par le comité scientifique : 31/05/2017

Format des propositions : a) 1 page isolée comportant le nom, l’appartenance institutionnelle, le grade, le titre de la communication et les coordonnées de l’auteur (adresse professionnelle, adresse personnelle, adresse électronique et téléphone) b) Sur 1 autre page : un résumé de 15 à 20 lignes en français ou en anglais (Word, Times 12, interligne 1,5) présentant le corpus étudié, les idées principales, le raisonnement et les conclusions générales, et précisant le cadre et les notions. 3 mots-clés devront également être mentionnés.

Langue du colloque : français. Les communications seront de 20 minutes, suivies de 10 minutes de questions. Les actes du colloque (avec comité de lecture) seront publiés à l’issue de la manifestation. Les consignes éditoriales seront envoyées avec la réponse.

Les propositions de communication seront adressées à : colloque.nostalgie.nancy.2017@gmail.com

Frais d’inscription pour les intervenants : 20 €. Les versements seront à effectuer sur place. Les frais de déplacement et d’hébergement ne sont pas pris en charge. Les déjeuners seront offerts aux intervenants.

CFP - ESSHC 2018 - Criminal Justice Network

Submitted by ccarlin on 5 April 2017 - 3:19pm
Belfast, 4 – 7 April, 2018
Proposals due 1 May 2017
 
The Criminal Justice Network explores all aspects of crime, policing, justice and punishment in all societies, but with a particular focus on the early-modern and modern periods.
Chairs:
Zoe Alker
University of Liverpool
z.alker@liverpool.ac.uk (link sends e-mail)
Heather Shore
Leeds Metropolitan University
h.shore@leedsmet.ac.uk (link sends e-mail)
Marion Pluskota
Leiden University, NL
m.pluskota@hum.leidenuniv.nl (link sends e-mail)
 
Call for Papers
The Criminal Justice History Network is one of the largest networks at the ESSHC. It has a lively, inquisitive yet collegial atmosphere, and welcomes contributions from scholars all over the world whatever their career stage. The network serves particularly as a forum which brings North American and European scholars into contact with researchers from other parts of the world. The network is currently co-chaired by Heather Shore (Leeds Beckett University), Marion Pluskota (University of Leiden) and Zoe Alker (University of Liverpool).
 
The co-chairs invite proposals for panel sessions and individual papers for the next meeting of the ESSHC, in Belfast, 4 – 7 April, 2018.  Panel sessions last two hours, and generally include four papers on a specific theme, usually followed by a short discussant presentation, and with a chair.  Ideally, panel contributors should come from a mix of countries, and certainly a mix of universities.  We are particularly interested in proposals for comparative and/or inter-disciplinary thematic panels, but we will be happy to discuss any ideas you wish to put forward.  The earlier you contact us, the more advice we’ll be able to offer. There is also scope for proposing an individual paper (of c.20 minutes). Usually, there are far more papers and panels proposed than can be fitted within the available amount of sessions. Therefore, each participant is only allowed to present one paper. If your individual proposal is accepted, we will either place it within an appropriate session, or put together a composite panel of related or cognate submissions. By exception, we will put five papers in one session.  Again, if you would like advice on framing a proposal, do please contact us to discuss your ideas.  At the conference, the chairs will inform you about the choices made during the network session.
 
The deadline for submitting proposals via the ESSHC website (using the online registration system) is 1 May 2017. Regardless of whether you have already discussed your plans with us, you will still need to register and submit your proposal officially via this route. For those of you preparing panel sessions, it is possible for the chair/organiser to propose the entire session en register its participants (although the individual participants will still need to handle the final registration later on). Please note that the ESSHC offers substantial discounts for postgraduates but is not able to fund travel or subsistence expenses for any category of speaker, and so if you are seeking to organise a panel you will need to make sure that all your speakers are aware that they’ll have to cover their own costs.
 
Once again, please do contact one of us if you would like to discuss proposing a paper or a panel.
 
Heather Shore (h.shore@leedsbeckett.ac.uk (link sends e-mail))
Marion Pluskota (m.pluskota@hum.leidenuniv.nl (link sends e-mail))
Zoe Alker (z.alker@liverpool.ac.uk (link sends e-mail))
 

Appel à communications - Journée d'études "Savoirs du théâtre. Histoire d'un dispositif"

Submitted by ccarlin on 2 April 2017 - 12:05pm
23 juin 2017, EHESS (Paris)
Propositions: avant le 30 avril 2017
Organisateurs :
Frédérique Aït-Touati (CRAL, EHESS/CNRS),
Alexeï Evstratov (Dahlem Humanities Centre, Freie Universität Berlin)
 
Argumentaire et thématiques :
Le théâtre s’affirme depuis longtemps comme un lieu privilégié d’observation et d’étude de la vie : vie sociale avant tout, lorsqu’il s’agit des spectacles dramatiques et de la métaphore théâtrale qu’on a convoqués pour expliquer le monde social, mais aussi vie sensible, et, dans une certaine mesure, vie biologique. Nous aborderons les types de savoirs (sociaux, anatomiques, politiques) produits par le théâtre, afin de penser celui-ci comme laboratoire. Le but de cette journée d’études sera de nous interroger sur les capacités exploratoires et heuristiques du dispositif théâtral. Quel observatoire particulier la scène et la salle constituent-elles ? La journée accueillera des interventions dans toutes les disciplines qui étudient la production des savoirs dans et par le théâtre dans l’histoire, des performance studies à l’histoire de l’architecture, de l’histoire du théâtre à la philosophie. Il s’agira de faire apparaître les problématiques communes s’articulant autour et à partir de la notion d’expérience, de test, ou bien d’épreuve, proposée ici comme point de départ à la réflexion théorique et à la reconstitution historique.
 
Le théâtre se présente comme un laboratoire où la séparation entre la nature et la société à la fois se cristallise et se gomme au sein de l’illusion soutenue par le dispositif artistique. L’histoire de ce dispositif, entendu dans le sens de Foucault, est en effet indissolublement liée à l’histoire de l’observation, scientifique et morale, du vivant, les théâtres anatomiques témoignant de cette fonction particulière, et première, du bâtiment théâtral. Le spectacle dramatique, dès ses premières théorisations chez Aristote, se structure autour de l’imitation du vivant dans sa version socialement située. Du côté de la salle, les spectacles offrent une possibilité d’observation d’une société ou d’autres « communautés imaginées » (dont le « peuple » ou la « nation »), exposées devant l’œil du monarque ou du public souverain.
 
La journée d’étude a pour objectif d’explorer les aspects du théâtre qui ont été désignés dans la théorie et mobilisés dans les pratiques ordinaires et savantes pour la production de connaissance. Il s’agit de croiser deux programmes de recherche et deux grandes problématiques : d’une part, nous explorerons la portée cognitive du dispositif théâtral, y compris en dehors de la salle de spectacle, d’autre part, nous proposons d’envisager les effets de l’expérience théâtrale historiquement et socialement située sur la fabrication du savoir, notamment du savoir social, mais aussi technique et scientifique.
Quatre axes de réflexion sont ainsi envisageables :
 
         1.  Quels savoirs ?
Si l’on peut observer, voire tester et expérimenter au théâtre, pour quels types d’épreuves le théâtre est-il un lieu ou un dispositif propre et légitime ? Autrement dit, quels savoirs le spectacle théâtral produit-il ? On réfléchira par exemple aux modalités de visualisation et de représentation de ce qui est invisible ou irreprésentable (comme, par exemple, le « global », la « totalité », etc.), à la capacité qu’a la scène d’accueillir autre chose que des représentations de la vie humaine, au statut des savoirs techniques ou architecturaux, etc.
 
         2.  Quels sujets du savoir ?
Quels sujets du savoir le théâtre crée-t-il ? D’après l’hypothèse forte de Foucault, développée par la suite par Agamben et autres, un dispositif produit à la fois un savoir et les sujets de ce savoir. Afin de vérifier cette hypothèse et peut-être en proposer d’autres, il semble nécessaire de mener une enquête diachronique et comparatiste sur les cadres théâtraux, les discours et les pratiques qui y sont associés, à commencer par les régimes d’accès et la censure qui créent ou font perpétuer les inégalités entre les publics. 
 
          3.  Quels protocoles ?
La reconstitution du protocole de l’expérience s’avère nécessaire pour étudier les interactions au sein du dispositif théâtral. D’autant plus que des changements dans le protocole structurent les divergences et les convergences d’une expérience théâtrale sans pourtant la rendre véritablement programmable. Quelles sont les scénographies des épreuves théâtrales ? Dans quelle mesure le public peut-il agir ? Les notions de contrainte et de perturbation seront au cœur de ce questionnement.
 
          4.  Vivre le spectacle : de l’expérience située.
Le public du théâtre se montre et s’observe à la fois comme un conglomérat d’individus et comme des groupes sociaux rangés. Ce faisant, le spectacle crée nécessairement son public en tant qu’unité réceptive, comme le rappelle Michael Warner. Comment les sujets réels vivent-ils les séances théâtrales ? On explorera les diverses sources disponibles pour la reconstitution de telles expériences, notamment afin de tracer l’intégration des savoirs du théâtre au sein des connaissances des individus. Quelle transformation le savoir subit-il en dehors de ce laboratoire ? 
 
Échéances :
Nous acceptons les propositions de communications de 300 mots maximum envoyée avant le 30 avril 2017 aux organisateurs : Frédérique Aït-Touati (f.aittouati@gmail.com) ; Alexeï Evstratov (evstratov@zedat.fu-berlin.de).
 
Langues de travail :
Le français et l’anglais. 
Format :
 
Afin de rendre cette rencontre aussi fructueuse que possible, nous proposerons aux intervenants de faire circuler une page d’argument quinze jours avant la journée d’étude.
 
Références :
Agamben, Giorgio, Qu'est-ce qu'un dispositif ?, Paris, Payot & Rivages, 2007.
Biet, Christian, « Séance, performance, assemblée et représentation : les jeux de regards au théâtre (XVIIe-XXIe siècle) », Littératures classiques, 3/2013 (N° 82), p. 79-97.
Bleeker, Maaike (ed.), Anatomy Live: Performance and the Operating Theatre, Amsterdam UP, 2008.
Camp, Pannill, The First Frame. Theatre Space in Enlightenment France, Cambridge, Cambridge UP, 2014.
Campos, Liliane, Sciences en scène dans le théâtre britannique contemporain, PUR, 2012.
Coppola, Al, The Theater of Experiment. Staging Natural Philosophy in Eighteenth-Century Britain, Oxford UP, 2016.
Friedland, Paul, Political Actors. Representative Bodies and Theatricality in the Age of the French Revolution, Ithaca and London, Cornell UP, 2002.
Goffman, Erving, Les Cadres de l’expérience, Paris, Éditions de Minuit, 1991.
Nachi, Mohamed, Introduction à la sociologie pragmatique. Vers un nouveau “style” sociologique ? Paris, A. Colin, 2006.
Ravel, Jeffrey S., The Contested Parterre: Public Theater and French Political Culture, 1680-1791, Ithaca and London, Cornell UP, 1999.
Schramm, Helmar, Schwarte, Ludger and Lazardzig, Jan (ed.), Collection, Laboratory, Theatre - Scenes of knowledge in the 17th century, De Gruyter, 2005.
Turner, Henry, The English Renaissance Stage. Geometry, Poetics, and the Practical Spatial Arts 1580-1630, Oxford UP, 2006.
West, William, Theatres and Encyclopedias in early modern Europe, Cambridge UP, 2002.
 
Dr Alexei Evstratov
 
POINT Fellow
Dahlem Humanities Center
Freie Universität Berlin
Habelschwerdter Allee 45
14195 Berlin Germany
 
Chercheur associé 
Centre de Recherches sur les Arts et le Langage
Ecoles des Hautes Etudes en Sciences Sociales
96, bd Raspail -- 75006 Paris -- France
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