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Calls for Papers/Contributions

Appel à communications : L’esthétique de la contingence dans les fictions de faits divers de la première modernité

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:30am

21-22 juin 2018, Université Paris-Diderot

Les propositions, d’une demi page, doivent être envoyées le 15 novembre 2017 au plus tard, simultanément à Guiomar Hautcoeur (Guiomar.Hautcoeur@gmail.com) et Anne Teulade (anne.teulade@univ-nantes.fr)

L’esthétique de la contingence dans les fictions de faits divers de la première modernité. La littérature, un lieu pour se réapproprier l’expérience ?

Le fait divers, que Philippe Hamon définit comme « le récit d’un événement exceptionnel, survenant de façon imprévisible dans le monde quotidien, et considéré par l’opinion comme une infraction à une norme (juridique, statistique, éthique, naturelle, logique)[1] », constitue un objet particulièrement efficace pour penser l’intervention du hasard. Nous proposons de réfléchir sur les modes de scénarisation de faits divers avérés ou prétendus tels, dans la fiction de la première modernité. Quand le théâtre ou la nouvelle prennent en charge un tel fait divers, qu’il s’agisse d’un cas juridique sortant de l’ordinaire[2], d’un événement inouï[3] ou traumatique[4], ils tentent généralement de soumettre au public une mise en ordre artistique de l’incompréhensible, de la violence et des aléas du monde – de proposer un système de causalité et de réfléchir au sens de l’advenu.

On souhaiterait examiner comment, et avec quels effets, le théâtre et le récit sont susceptibles d’intégrer l’inattendu le hasard et les irrégularités du réel dans leurs représentations. L’événement présenté comme avéré constitue en effet un lieu privilégié de l’intégration de la contingence dans la création artistique, processus qui entre d’ailleurs en tension avec l’extension du champ du vraisemblable qui se fait jour à la même époque.

On pourra s’interroger sur la part du hasard dans le système de causalité présidant aux «  faits divers », sur les modes de représentation du hasard dans ces fictions factuelles et sur le type de mimesis qui en découle. La mise en scène d’événements contingents exerce-t-elle des effets sur la conception de la fabrique fabulaire ? Entraîne-t-elle un redéploiement des possibles narratifs, ou à l’inverse l’irrégularité de la contingence se voit-elle polie par la surimposition de logiques fictionnelles préexistantes ? Comment les œuvres créent-elles les conditions d’adhésion du spectateur au fait inouï ?

Par ailleurs, on questionnera les formes d’interprétation du réel que livrent les œuvres, en se demandant comment le hasard est perçu, compris ou mis en débat dans les fictions factuelles, et en étudiant comment elles permettent une réfraction des incertitudes et des doutes liés aux bouleversements de la première modernité. On se demandera quels discours ces œuvres produisent sur le déroulement et le sens de l’existence humaine, et quelle peut être leur valeur heuristique, dans une période où le rapport du sujet à l’histoire est considérablement troublé.

Le prisme des scénarisations du hasard sera une manière d’interroger les relations entre littérature et fait divers à une époque qui a jusqu’ici fait l’objet de peu d’études sur le sujet[5], alors que les travaux se développent sur la période du XIXe au XXIe siècle[6]. Or si le « fait divers » ne se constitue comme tel qu’à partir du XIXe siècle (le terme apparaît en 1838 dans la langue française, période à laquelle on instaure une « rubrique des faits divers » dans les quotidiens), la diffusion de faits divers est attestée dès le XVIe siècle. Ils concernent alors essentiellement des apparitions diaboliques, des monstres, des phénomènes célestes, des catastrophes naturelles et bien sûr des crimes, et sont d’abord transmis par des colporteurs. Dès 1634, la Gazette de Théophraste Renaudot diffuse, à côté des « Nouvelles extraordinaires », qui concernent les faits politiques et guerriers, les « Nouvelles ordinaires », qui impliquent des gens sans renommée particulière mais auxquels sont arrivés des faits exceptionnels[7]. Les œuvres littéraires portant sur des crimes récents, des apparitions diaboliques et des sorcières, des phénomènes naturels inexplicables, relayant des faits avérés, témoignent d’ailleurs de leur diffusion dans l’opinion. Il apparaît donc nécessaire de revenir sur les relations entre fait divers et littérature avant 1800, à l’aune d’un questionnement sur le hasard qui permettra de rendre saillants les problèmes posés par l’écriture de l’inouï et de l’irrégulier.

 

[1] Philippe Hamon, « Fait divers et littérature », Romantisme, vol. 27, numéro 97, 1997, p. 7. On notera que la définition du fait divers est instable. Il ne correspond ni à une forme ni à un contenu spécifiques. Pour une réflexion sur les modalités et les typologies du fait divers contemporain, voir Annick Dubied, Les Dits et les scènes du fait divers (Droz, 2014).

[2] La Devineresse ou les faux enchantements de Thomas Corneille/Donneau de Visée (1680), The Witch of Edmonton de Thomas Rowley, William Dekker et John Ford (1621/1658) ou à The Late Lancashire Witches de Thomas Heywood et Richard Brome (1634)

[3] La Comète de Fontenelle/Donneau de Visée (1681).

[4] Les Portugais infortunés de Nicolas Chrétien Des Croix (1608), El trato de Argel et Los baños de Argel de Cervantès, l’anonyme Famous history of life and death of captain Stukeley (1605).

[5] Si l’on excepte les faits divers catastrophiques, amplement étudiés dans le volume dirigé par Françoise Lavocat, Pestes, incendies, naufrages. Écritures du désastre au dix-septième siècle, Turnhout, Brepols, 2011.

[6] Voir en particulier le numéro de la revue Romantisme cité supra et coordonné par Philippe Hamon ; Franck Evrard, Faits divers et littérature (Nathan, 1997) ; Emmanuelle André, Martine Boyer-Weimann et Hélène Kuntz (éd.), Tout contre le réel : miroirs du fait divers (Le Manuscrit, 2008) ; Sylvie Jopeck, Le Fait divers dans la littérature (Gallimard, 2009) ; Minh Huy Tran, Les Écrivains et le fait divers : une autre histoire de la littérature (Flammarion, 2017).

[7] Voir le dossier « Faits divers », dans  Gallica. 

Responsable : Anne Teulade et Guiomar Hautcoeur

Source : Fabula

CFP: Literature and social emotions

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:28am

University of Bristol, United Kingdom

22nd June 2018

An interdisciplinary symposium supported by the Leverhulme Trust

Proposals due by 15 January 2018

Work on the cultural and historical dimensions of emotion in recent decades has argued that all emotions are, to an extent, socially constructed experiences: think of Sara Ahmed’s conceptualisation of the way emotions ‘stick’ to objects in a social context, for example, William Reddy’s theory of normative emotional regimes, or Monique Scheer’s work on emotions as socially learnt practices. In this perspective, to talk about social emotions as a subcategory of emotion might seem tautological, redundant. Yet the term remains of use in scholarship across a range of disciplines, functioning to tease apart emotional experiences with an intrinsic relationship to social appraisal, real or imagined, from so-called basic emotions like happiness or fear. Emotions considered intrinsically social typically include shame, embarrassment, and envy: emotions which may seem non-prestigious, trivial, or in some cases even ‘ugly’ (Sianne Ngai) but which are prevalent and powerful in modern culture.      

This symposium seeks to further our understanding of social emotions – remaining attuned to the problems of this label - by focusing on their rapports with literature. Jan Plamper and Sarah McNamer, amongst others, have pointed out that the history of emotions has much to be gained from closer contact with literature as a source. In addition to literary articulations of social emotions, however, this symposium is also interested in how the production and reception of literary works has often been, and still is, inflected by social emotions like guilt or pride. How might this understanding of literary practice as an ‘archive of feeling’ (Ann Cvetkovich) impact on the sociology of literature? Or the history of authorship, or reading?

To stage a mutually beneficial encounter between emotion researchers and literary scholars, this symposium invites papers which explore the history and theory of social emotions (broadly construed) and/or literature as a site of social emotions. Papers can draw on historical or contemporary contexts; perspectives from all areas of the arts, humanities, and social sciences are welcome. The working language of the conference will be English but global and comparative perspectives are warmly encouraged.

Suggested topics for discussion include, but are not limited to:

  • The history of social emotions, either as a subset or by way of one specific emotion (e.g. shame, shyness, sympathy)
  • Theories of social emotions from philosophy, sociology, psychology, psychiatry
  • The implications, uses, and limits of the ‘social emotions’ as a category
  • Social emotions and links to other emotions or affects
  • Emotion words across time and space
  • The political efficacy or non-efficacy of social emotions
  • Social emotions and the body, gender, and sexuality
  • Literature which thematises or narrativises social emotions
  • The aesthetics of social emotions
  • Archives of social emotions
  • The role of social emotions in literary production, e.g. shame, shyness, guilt, jealousy, or admiration as a function of literary production
  • Reading and social emotions, e.g. guilt or embarrassment as an effect of reading
  • Reading communities
  • Literature and empathy
  • Literature and self-consciousness
  • Cognitive literary studies and social emotions
  • Literature and sociability: social networks between writers, between readers, and between readers and writers, e.g. fan-mail
  • The social emotions of authorship and literary celebrity
  • Social media and social emotions

 

Please submit abstracts (max. 500 words), along with a brief author biography, to literatureandsocialemotions@gmail.com by 15th January 2018. Enquiries can be sent to the same address.

Source: Fabula

Appel à communications : La recherche en études françaises : un éventail de possibilités

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:25am

SÉVILLE, ASOCIACIÓN DE FRANCESISTAS DE LA UNIVERSIDAD ESPAÑOLA (AFUE)

XXVIIe COLLOQUE AFUE – 1ère circulaire

La recherche en études françaises : un éventail de possibilités La investigación en Estudios Franceses: un abanico de posibilidades 9, 10 et 11 mai 2018 Universidad de Sevilla

Ce colloque est ouvert à tout travail de recherche portant sur la langue française, la littérature en français ou la culture du monde francophone. Son objectif est de proposer un panorama de la recherche actuelle dans ces domaines.

AXES THEMATIQUES

a) Axe littéraire - Littérature en français - Littérature comparée - Approches critiques et théoriques

b) Axe linguistique - Linguistique française et contrastive - Linguistique appliquée - Approches théoriques

c) Axe didactique - Enseignement de la langue française, de la littérature en français et de la culture du monde francophone. - Français sur objectifs spécifiques - Approches plurilingues

d) Axe traduction - Traduction et traductologie - Histoire de la traduction

e) Axe culture du monde francophone - Approches centrées sur la culture du monde francophone - Approches interculturelles - Histoire, politique, société

PROPOSER UNE COMMUNICATION Durée prévue pour la présentation de chaque communication : vingt minutes.

Langues du colloque : français et espagnol. Les travaux présentés oralement au colloque par leurs auteurs seront publiés, si le comité scientifique les admet, sur cédérom pourvu d’ISBN. Ils seront également diffusés sur le site de Dialnet. Date de publication prévue : dernier trimestre de 2018. Vous trouverez l’appel à communications, le formulaire d’inscription ainsi que toutes les informations nécessaires, sur le site du colloque.

Dates à retenir : - Envoi de propositions à l’adresse afuesevilla@gmail.com : du 20 octobre 2017 au 31 janvier 2018 - Réponse du comité scientifique : jusqu’au 1er mars 2018 - Réception des travaux susceptibles d’être publiés : jusqu’au 15 juin 2018  

Appel à communications: Personnage en séries, séries de personnage

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:17am

17-18 mai, Université de Caen Normandie

Propositions : 15 décembre 2017

Depuis quelques années, le récit sériel et les conséquences de ses formes sur la narration, notamment cinématographique et télévisuelle, interroge. En parallèle à ces travaux et réflexions, ce colloque pluridisciplinaire veut aborder la sérialité sous l’angle particulier du personnage, qu’il soit télévisuel, cinématographique, littéraire, pictural ou dessiné. Il s’agira de s’intéresser à la sérialité de ces personnages inscrits dans une temporalité longue et fractionnée, et de s’interroger sur ce que cette forme d’existence produit, permet, contraint, ce qu’elle révèle peut-être aussi du statut de personnage, en général et dans chaque art en particulier.

L’histoire de l’art est traversée, de manières extrêmement variées, de personnages récurrents. Un  même personnage ou un même type de personnages peut être représenté à plusieurs reprises (les dix portraits de son oncle Dominique Aubert par Paul Cézanne[1], la série des Monomanes de Théodore Géricault[2]) ou revenir de manière régulière sur des supports et sous des traits différents (Superman[3], Fantomas[4], James Bond[5]). Un même acteur peut incarner le même personnage dans une série de films mais aussi jouer plusieurs personnages dans une même œuvre, que ce postulat soit inscrit dès le départ[6] ou fruit d’un travail d’adaptation[7]. La sérialité peut aussi constituer un regard critique et analytique sur un personnage d’origine, le modèle réel ou déjà sa représentation (les variations de Francis Bacon à partir du portrait par Velazquez du Pape Innoncent X). Autant de cas de figures, non exhaustifs, dans lesquels des auteurs travaillent sur la récurrence et, d’un art à l’autre, offrent le personnage sériel comme objet d’étude.

Les interventions pourront s’inscrire dans différents axes :

(Dé)Construction du personnage sériel :

Les personnages revenant de manière récurrente peuvent vieillir d’aventure en aventure ou au contraire évoluer dans un éternel présent (le Little Nemo de Winsor McCay[8]). Les stratégies narratives mises en place par l’auteur ou les auteurs pour satisfaire au jeu entre répétition et nouveauté propre au retour d’un personnage, synthétisé par la notion de héros bibliothèque (Huftier), pourront faire l’objet d’interventions, de même que les différences entre héros de séries évolutives ou fermées, ou encore le changement de statut et de fonction d’un personnage au fil du récit sériel : de quasi figurant ou personnage secondaire à héros ou antagoniste principal, un personnage peut en effet prendre une importance considérable au fil d’un récit qui s’inscrit dans la durée ou reprend après une interruption (prévue ou non), et inversement (Baroni), que l’on pense aux personnages de la saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola[9] ou à certains personnages de Breaking Bad[10].

Personnage sériel et inter/transmédialité :

Les interventions pourront s’interroger sur des personnages sériels circulant d’un support à l’autre, parfois dans le même temps d’un pays à l’autre : qu’advient-il de Sherlock Holmes, héros des romans anglais de Sir Arthur Conan Doyle lorsqu’il prend vie au cinéma sous les traits du britannique Basil Rathbone[11] puis de l’américain Robert Downey Jr[12], avant de devenir le personnage principal de la série télévisée anglaise Sherlock sous les traits de Benedict Cumberbatch[13]? D’une autre manière, le personnage de Buffy change lui aussi de support, ce changement suivant l’évolution de l’héroïne : née au cinéma, Buffy se développe ensuite au sein d’une série télévisée avant que ses aventures ne continuent en bande dessinée[14]. Le personnage rentre ainsi à deux reprises dans une logique sérielle, passant de la télévision au comics : la Buffy dessinée est-elle la même que la Buffy incarnée par Sarah Michelle Gellar ?

Dans ce cadre là, il pourra également être intéressant de s’interroger sur le développement d’un personnage adapté d’un support quand la chronologie de l’adaptation dépasse celle de l’original : ainsi la série télévisée Game of Thrones[15] commence-t-elle comme une adaptation des romans de George R. R. Martin avant que l’évolution des personnages à la télévision ne rattrape puis ne dépasse leur état dans le roman. Comment un personnage s’émancipe-t-il ou accomplit-il alors l’arc narratif qui était le sien dans le roman et quelles conséquences cette émancipation pourra-t-elle avoir sur le texte à venir ? Plus généralement, comment le processus d’adaptation et celui de sérialisation dialoguent-ils ?

Economies sérielles :

Une des spécificités du développement sériel d’un personnage est la place que peuvent prendre, dans son évolution, les réactions de ceux qui suivent ses aventures : qu’il s’agisse d’Eugène Sue recevant pendant l’écriture des Mystères de Paris[16], des courriers de lecteurs lui demandant le retour de tel ou tel personnage ou des forums consacrés à des séries télévisées ou des films dans lesquels les fans réagissent, formulent des hypothèses quant au devenir de l’un ou l’autre de leur héros, les adeptes d’un personnages s’investissent dans son évolution. Ces (tentatives d’) interventions viennent-elles contrer la liberté des auteurs voire des autres lecteurs/spectateurs (Jouve)? Quelles places prennent-elles (avec ou contre l’auteur/les auteurs) dans la construction du récit sériel qui parfois subit mais parfois aussi intègre, voire se nourrit à la fois de ces commentaires mais également de ses conditions de productions et de ses incertitudes (Goudmand).

Les interventions  pourront également étudier la réception et les attentes spécifiques par rapport à ce type de personnage et, dans certains cas, la naissance d’un nouveau personnage qui en émane, ni la créature de fiction ni l’acteur qui l’incarne mais les deux à la fois (Chalvon-Demersay). Elles pourront s’attacher à questionner les spécificités du héros sériel selon les genres dans lesquels il se développe : souvent attaché aux genres et auteurs populaires, le héros sériel se retrouve néanmoins aussi dans des genres ou chez des autres dits nobles ou auquel le temps a rendu leur noblesse[17]  : y existe-t-il et s’y développe-t-il alors selon les mêmes modalités (narratives, esthétiques) ? Participe-t-il ou a-t-il participé à faire bouger certaines frontières ? Dans tous les cas, il s’agira de croiser les approches et les disciplines afin de proposer quelques hypothèses sur la spécificité du personnage sériel.

 

Les propositions de communications d’une quinzaine de lignes sont à envoyer pour le 15 décembre 2017 à helene.valmary@unicaen.fr. Elles seront évaluées par un comité scientifique constitué de Julie Anselmini (MCF, Université de Caen, LASLAR EA4256), Fabien Boully (MCF, Université Paris Nanterre, EA4414 HAR), Claire Cornillon (MCF, Université de Nîmes, RIRRA 21), Stéphanie Loncle (MCF, Université de Caen, CRHQ EA7455), Camille Prunet (Université de Toulouse-Jean Jaurés, LARA-SEPPIA, EA4154), David Roche (PR, Université Toulouse Jean Jaurès, DEMA/CAS EA 801).

 

Bibliographie indicative

Raphaël BARONI, « Intrigues et personnages des séries évolutives : quand l’improvisation devient une vertu », in Raphaël Baroni et François Jost (dir.), « Repenser le récit avec les séries télévisées », Télévision n°7, Paris, CNRS éditions, 2016, pp. 31-48.

Sabine CHALVON-DEMERSAY, « Enquête sur l'étrange nature du héros de série télévisée », Réseaux 2011/1 (n° 165), pp. 181-214.

Umberto ECO, De Superman au surhomme, Paris, Grasset, 1993.

Vincent JOUVE, L’effet-personnage dans le roman, Paris, Presses universitaires de France, 1992.

Anaïs GOUDMAND, « "Oh my God ! They’ve killed… !" Le récit sériel entre autonomie et hétéronomie : conséquences du départ non planifié des acteurs », in Raphaël Baroni et François Jost (dir.), « Repenser le récit avec les séries télévisées », Télévision n°7, Paris, CNRS éditions, 2016, pp. 65-83.

Arnaud HUFTIER, « Vertiges de la série : M. Wens de S.-A. Steeman ou réécrire la répétition », in Jean-Paul Engélibert, Yen-Maï Tran-Gervat, La littérature dépliée, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, pp. 383-395.

Murray SMITH, Engaging Characters, Oxford, Clarendon Press, 2004.

 

[1] Durant la même période de 1866, Cézanne peint une dizaine de portraits de cet oncle, sous des angles différents, avec des déguisements variés (en moine, coiffé d’un turban ou d’un bonnet de coton).

[2] Il est question de dix toiles dont cinq seulement auraient survécu, peintes aux alentours de 1820 : Le Monomane du commandement militaire, Le Monomane du vol, Le Monomane du vol d’enfants, La Monomane de l’envie, La Monomane du jeu.

[3] Créé par Joe Shuster et Jerry Siegel en 1938, le personnage de Superman a vu ses aventures déclinées dans plus d’une dizaine de comics écrits par différents scénaristes et dessinateurs. Il a été également adapté en feuilleton radiophonique et au cinéma sous les traits de Christopher Reeve (la tétralogie Superman de 1978, 1980, 1983, 1987), Brandon Routh (Superman Returns, Bryan Singer, 2006), Henry Cavill (Man of Steel, Zack Snyder, 2013).

[4] Créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain et développé entre 1911 et 1913 dans une trentaine de romans, Fantômas a connu au cinéma les traits de différents acteurs (René Navarre chez Louis Feuillade en 1913-1914 ou encore Jean Marais dans les adaptations de André Hunebelle [Fantômas, 1964 ; Fantômas se déchaîne, 1965 ; Fantômas contre Scotland Yard, 1967])

[5] Le personnage de James Bond a été créé par Ian Fleming dans le roman Casino Royale en 1953 et a vu ses aventures déclinées dans 12 romans et 9 nouvelles par cet auteur. Après sa mort en 1964, plus de 8 auteurs se sont succédés pour raconter de nouvelles aventures du personnage. Dans le même temps, James Bond a été adapté au cinéma sous les traits de différents acteurs : entre autres, Sean Connery entre 1962 et 1967 ; Roger Moore entre 1973 et 1985 ; Pierce Brosnan entre 1995 et 2002 ; Daniel Craig depuis 2006.

[6] On peut penser par exemple au cinéma à Sabine Azéma et Pierre Arditi dans Smoking/No Smoking (Alain Resnais, 1993) ; Denis Lavant dans Holy Motors (Leos Carax, 2012) aux acteurs de Cloud Atlas (sœurs Wachowski, 2012). Dans la série télévisée, évoquons American Horror Story (Brad Falchuk, Ryan Murphy, FX, 2011-) et son principe de faire revenir à chaque saison les mêmes acteurs dans de nouveaux rôles.

[7] Ainsi Gwénaël Morin évoque-t-il une adaptation de l’Antigone de Sophocle dans le cadre du Théâtre Permanent des Laboratoires d’Aubervilliers : « Nous avons décidé au regard de la construction de la pièce de Sophocle qui ne fait jamais apparaître plus de trois personnages en même temps, (…) que les personnages (…) puissent être interprétés par un même acteur (…). Si nous faisons jouer Antigone et Hémon par le même acteur par exemple, cela permet au moment où Créon porte le corps d’Hémon, son fils, mort, de porter aussi le corps de l’acteur qui joue Antigone. Il porte les deux morts en même temps. Il y a ainsi une sorte d’évidence de la dramaturgie.», http://www.leslaboratoires.org/article/antigone-discussion-collective, page consultée le 14 août 2017. 

[8] Entre 1905 et 1914, Winsor McCay publie hebdomadairement dans le New York Herald Tribune les aventures de son Little Nemo in Slumberland : chaque planche déroule le récit d’un rêve du petit garçon Nemo qui, systématiquement, à la dernière case, se réveille.

[9] Vingt romans écrits entre 1871 et 1893 mettant en scène cinq générations d’une même famille.

[10] Breaking Bad, Vince Gilligan, AMC, 2008-2013.

[11] On compte une série de 14 films (entre 1939 et 1946) avec Basil Rathbone dans le rôle de Holmes et Nigel Bruce dans celui de Watson, la plupart réalisés par Roy William Neill.

[12] Sherlock Holmes, Guy Ritchie, 2009 ; Sherlock Holmes : jeux d’ombres, Guy Ritchie, 2011.

[13] Sherlock, Mark Gatiss, Steven Moffat, BBC One, 2010-2017.

[14] Buffy, Fran Kuzui, 1992 ; Buffy contre les vampires, Joss Whedon, The WB/UPN, 1997-2003 ; Buffy contre les vampires, Joss Whedon, 2007-.

[15] Games of Thrones, David Benioff, D. B. Weiss, HBO, 2011-.

[16] Les Mystères de Paris furent publiés en feuilleton dans Le Journal des débats en 1842-1843.

[17] Pensons au cinéma au personnage d’Antoine Doinel chez François Truffaut (Les 400 coups, 1959 ; Antoine et Colette, 1962 ; Baisers volés, 1968 ; Domicile conjugal, 1970 ; L’Amour en fuite, 1979) ou à Paul Dédalus chez Arnaud Desplechin (Comment je me suis disputé… ma vie sexuelle, 1996 ; Un Conte de Noël, 2008 ; Trois souvenirs de ma jeunesse, 2015).

Source: Fabula

Appel à contributions: Cahiers ERTA nos 17-18 : "Paresse, repos, farniente"

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:14am

Ne rien faire tout en ayant beaucoup à faire. Ne plus rien faire après avoir fait beaucoup. Ne rien faire, tout court. Les modalités de cet état sont nombreuses, de même que ses causes et effets. Souvent désirable, parfois douloureux, il constitue, surtout aujourd’hui, le négatif du modèle dominant de l’efficacité pratique.

Paradoxalement, par cela même, cet état – qu’on l’appelle paresse, repos ou farniente – offre un espace propice à la littérature. D’une part, il est une des conditions principales de l’existence même de celle-ci : sans ce vide temporel, ni l’écriture ni la lecture ne seraient possibles. D’autre part, il constitue l’un des sujets privilégiés du roman et de la poésie dans la mesure où il permet de se concentrer sur ce qui échappe à d’autres types de discours, à savoir sur la vie intérieure. Dans le même temps, ne rien faire signifie (s’)ouvrir sur un néant, sur un revers de l’activité, fondement de la civilisation. Enfin, écrire est-ce ne rien faire ?

Le numéro suivant des Cahiers ERTA propose de réfléchir sur différents aspects de cette activité paradoxale qu’est ne rien faire, en l’occurrence sur la façon dont l’aborde la littérature française et francophone.

Calendrier :                                                  

  • avant le 30 juin 2018 : adresser un article (d’une longueur d’entre 25 000 et 30 000 signes, notes et espaces compris) à l’adresse suivante : ertafr@ug.edu.pl,
  • 30 septembre 2018: décision du comité de lecture,
  • 30 octobre 2018 : remise des articles respectant la feuille de style,
  • mars et juin 2019 : publication des numéros, respectivement 17 et 18 (version électronique)
  • décembre 2019 : publication du volume (version papier)

 

Indépendamment de ses numéros thématiques, la revue accepte des articles divers dans ses rubriques « Varia » et « Commentaires ».

Site internet : http://www.ejournals.eu/CahiersERTA/

Appel à communications: L’écrit et le « sculptural »

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:08am

Colloque organisé à l’Université Toulouse - Jean Jaurès  par Claire Gheerardyn et Benoît Tane (LLA-CRÉATIS)

Les mercredi 12 et jeudi 13 Juin 2019

Propositions: 19 novembre 2017

Lorsque Christian Prigent écrit dans Le Sens du toucher  (2008): « Il m’arrive en écrivant, d’avoir la sensation vive de rouler les mots entre mes doigts, comme des concrétions de matières », il semble répondre de manière lointaine à Théodore de Banville qui, dans une fameuse « Odelette » dédiée à Théophile Gautier, place dans les mains du poète «  L’outil du ciseleur » (1856). Modelage de l’argile d’un côté et taille directe de la pierre de l’autre font de l’écriture une sculpture sur mots. Prigent et Banville aspirent ici tous deux à « écrire comme on sculpte », assimilant les gestes de l’écrivain à ceux du sculpteur, et la matière verbale à une matière sculpturale.

Il s’agira de mettre à l’épreuve l’analogie entre sculpture et littérature en soumettant à la réflexion collective la question suivante : dans quelle mesure un texte peut-il être qualifié de sculptural ? Nous espérons ainsi développer l’étude des relations transmédiales entretenues par la littérature et la sculpture. Jusqu’à récemment, ce domaine d’étude a été presque entièrement négligé au profit d’autres arts, et en particulier de la peinture. Quelques études ont pourtant fait figure de pionnières[1]. Nous voudrions reprendre ce chantier en déplaçant les questions soulevées par nos prédécesseurs, pour poser au centre de l’attention non tant les liens de certains écrivains à certains sculpteurs, que le sculptural, notion à définir, sujette à variations, mais propre à décrire des traitements de matière, des formes, des gestes, des compositions...

Les quelques études existantes ont jusqu’alors favorisé la littérature française[2]. Dans une perspective comparatiste, nous proposons au contraire d’éclairer d’autres sources, écrites dans des langues diverses. Le corpus des « textes sculpturaux » se trouve très largement à inventer, en fonction de critères à circonscrire. Ainsi, ce n’est sans doute pas parce qu’une sculpture est évoquée dans un texte que ce dernier devra nécessairement être qualifié de « sculptural » ; néanmoins, la présence avérée de la sculpture pourra servir de point de fixation, donnant consistance à la catégorie qui nous intéresse.

Peut-on vraiment écrire comme on sculpte ? Les mots forment-ils une matière susceptible de subir différentes façons (la ciselure, le polissage, la cassure, etc...[3]), pour se constituer en creux, aspérités, arrêtes, contours ? Il faut alors se demander fermement comment de telles catégories peuvent être transférées de l’objet sculpté vers l’objet textuel. Nous proposons donc de tenter d’analyser les textes « sculpturaux » en forgeant des outils empruntés à la sculpture et à sa matérialité?dans l’espoir de faire ainsi émerger des lectures inventives.

Il faudra alors être attentif à ce qu’une sculpture ne constitue pas un objet immobile et univoque, mais se développe selon un processus où se succèdent de nombreux états, depuis l’ébauche première jusqu’à l’érosion de la forme. De même, le verbe « sculpter » recouvre des opérations très diverses (modelage, taille, soudure, fusion, gravure...), portant sur des matières variées (argile, pierre, métaux ou alliages, bois, plâtre...). Depuis l’antiquité, on oppose les techniques procédant par soustraction de matière (per via di levare) à celles qui procédant par adjonction de matière (per via di porre), modèle à compléter de pratiques plus récentes, telles l’assemblage, art du composite et du modulaire (voir l’œuvre de Carl Andre, sculpteur et poète). Comment ces techniques variées peuvent-elles inspirer la création de nouveaux dispositifs écrits ? Comment transforment-elles la perception des textes ? Quelles conséquences sur la notion de « forme » ?

 

Nous désirons pousser dans ses retranchements l’examen de l’analogie entre texte et sculpture, tout d’abord en l’emmenant sur de nouveaux terrains.

- L’analogie en question concerne en premier lieu le travail de la langue poétique, vouée à expérimenter en repétrissant, retaillant, refondant la parole. Toutefois, d’autres genres, et tout particulièrement l’essai et le roman, méritent aussi d’être examinés au prisme du sculptural. L’opposition entre une forme brève, ramassée en des contours précis, et une forme longue, se déployant dans l’espace étendu de la lecture, et se montrant sous des angles renouvelés, se révèlera peut-être ici éclairante. De surcroît, la fiction a partie liée étymologiquement avec l’acte de fingere, de malaxer entre les doigts une matière ductile. Le récit, l’essai, le poème sont peut-être des formes souples, malléables, en perpétuel devenir. L’étude de leur caractère sculptural devra s’accompagner d’une étude de leur plasticité[4].

 

- L’analogie entre littérature et sculpture éclaire certes la création du texte, mais peut-être gagnerait-on aussi à l’envisager sur le plan de la réception et de la lecture. Le romancier serbe Milorad Pavic a ainsi déclaré de son Dictionnaire khazar (1984) : « Mon roman se lit de la même façon qu’on admire une sculpture : il n’a ni début ni milieu ni fin, il faut en faire le tour» L’étude du sculptural conduit alors à celle d’une plasticité des œuvres refaçonnées par leurs lecteurs. La sculpture de surcroît, loin de se destiner au seul regard, s’appréhende avant tout par le toucher. Quelle place alors pour la main et la peau du lecteur ? Certains textes aspirent-ils à faire naître une « sensation tactile indirecte, imaginaire » (selon l’expression de Herbert Read) et s’explorent-ils à tâtons pour le lecteur ?  Il y a-t-il, pour détourner une expression de Ezra Pound, une « caressabilité » du langage ? Des catégories sculpturales, telles le dur, le rugueux, la saillie, l’aspérité, reposent sur une perception par palpation. Au prix de quels déplacements peut-on parler de dureté ou de souplesse, de rugosité du langage ou de la forme textuelle ?

- Faut-il limiter l’analogie entre littérature et sculpture au travail formel ? N’y a-t-il pas d’autres points de rencontre ? Ce sont différents types d’objets sculptés qui peuvent servir de modèle à la littérature : monuments, tombeaux, figures sacrées ou épiphaniques, formes ponctuant un paysage, bibelots, rondes-bosses et bas-reliefs, etc... L’analogie concernerait alors aussi les fonctions du sculpté et de l’écrit.

- Ce sera aussi le détour par les autres arts (la danse, la musique, le cinéma, la photographie, le dessin, etc.) qui permettra d’articuler la sculpture à la littérature. Ainsi la « gravure » fait peut-être entrer la sculpture directement dans le dispositif du livre (traditionnellement en effet le graveur indique sculpsit pour signer). Le processus de l’impression transforme peut-être l’écrit imprimé en sculpture plate. De surcroît, aborder d’autres arts pourra enrichir la perception de la catégorie interrogée. Un film peut-il par exemple être dit sculptural sur le même mode qu’un roman ?

- Enfin, le fait même de « penser par analogie » nous paraît devoir être examiné. Poser une équivalence entre écriture et sculpture exige de réinventer le texte par une participation active du lecteur qui doit accepter de considérer ce dernier comme se déployant en volume. Il sera fécond d’interroger cette analogie pour ce qu’elle est, en se demandant où et comment elle se révèle fertile, jusqu’où elle tient, où elle se dérobe, où elle s’effondre. Cette analogie est-elle réversible : peut-on sculpter aussi comme on écrit ?

 

Les propositions de communication (environ 500 mots), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à adresser avant le 19 novembre à l’adresse claire.gheerardyn@gmail.com.

[1] Voir Keith Aspley, Elizabeth Cowling, Peter Sharrat (dir.), From Rodin to Giacometti, Sculpture and Literature in France, Amsterdam et Atlanta, Rodopi, 2000 ; Michel Costantini (dir.), Pour une sémiotique de la sculpture, VISIO, vol. 7, n°3-4, automne 2002-hiver 2003 ; Lois Cassandra Hamrick and Suzanne Nash (dir.), Sculpture et poétique : Sculpture and Literature in France, 1789-1859, numéro spécial de la revue Nineteenth-Century French Studies, Vol. 35, n° 1, automne. 2006 ; Ivanne Rialland (dir.), Écrire la sculpture, XIXe-XXe siècles, Classiques Garnier, 2012.

[2] Une publication récente autour de Brancusi a ouvert cependant l’étude à la poésie de toutes les langues. Voir Ana-Maria Gîrleanu et Natacha Lafond (dir.), Constantin Brancusi et les poètes, ReCHERches, N°17, printemps 2016.

[3] Pour une étude des procédés sculpturaux voir notamment Herbert Read, The Art of Sculpture, Londres, Faber and Faber, 1956 ; Rudolf Wittkower, Qu’est-ce que la sculpture ? Principes et procédures de l’Antiquité au XXe siècle, Macula, 1977 ; David Hulks, Alex Potts, Jon Wood (éd.), The Modern Sculpture Reader, Leeds, Henry Moore Institute, 2007. Pour une réflexion sur la matière voir Ralph Dekoninck, Agnès Guiderdoni-Bruslé et Nathalie Kremer (dir.), Aux limites de l'imitation. L’ut pictura poesis à l’épreuve de la matière (XVIe-XVIIIe siècles), Amsterdam et New York, Rodopi, 2009.

[4] Sur cette notion, voir Mireille Raynal-Zagouri (dir.), Le Rêve plastique des écrivains, La Licorne, Presses universitaires de Rennes, 2017.

url de référence : http://lla-creatis.univ-tlse2.fr

Source: Fabula

Appel à communications: Place et conscience du latin en français du Moyen Âge à nos jours

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 10:02am

Paris Sorbonne, jeudi 7 et vendredi 8 juin 2018

Propositions: 10 novembre 2017

Organisé par les doctorants de l’EA 4509 Sens Texte Informatique Histoire

en partenariat avec le GEHLF et avec les soutiens de l’ED V,

de l’EA 4509 Sens Texte Informatique Histoire

et des associations de doctorants :

ALIS – Atelier de linguistique

Reverdie – Atelier de langue française médiévale

Styl’lab – Atelier de stylistique

Organisateurs : Oleg Averyanov, Yoan Boudes, Jean Cruchet et Adeline Sanchez

Ouverture à de nouvelles considérations et de nouvelles approches autour des rapports entre latin et français, ces deux jours seront l’occasion d’échanger et débattre autour des notions de place et de conscience du latin au sein de la langue française, dans une diachronie longue. Il s’agira donc de rendre compte de leurs échanges dynamiques tout au long de l’histoire du français. Loin de réduire le rapport des deux langues à celui d’une filiation (Kuentz, 1985), ce seront les enjeux posés par leurs interactions que nous privilégierons. C’est donc en prenant en considération les dimensions institutionnelle, pragmatique, rhétorique, grammaticale et lexicale, que la place du latin se doit d’être interrogée pour mieux en saisir l’infinie variation. Langue, savoir et signe (Waquet, 1998), le latin peut en effet mettre en jeu un système de valeurs d’usages, plus ou moins assumées par le français et ses locuteurs. Ainsi, cette présence variée de la langue latine nécessite-t-elle de s’interroger sur le degré de conscience induit dans le discours. Par des approches théoriques ou des études de cas, on cherchera à appréhender cette thématique en proposant des éléments de réponse à diverses questions.

Bien sûr, l’enjeu des rapports entre français et latin se pose tout d’abord dans une perspective linguistique, en interrogeant autant les phénomènes de bilinguisme, de coexistence entre les deux langues que celui de glissement de sens ou d’alignement syntaxique, dans la prise en compte de la diachronie. Ainsi, comment appréhender les mutations, les transferts et les cristallisations des éléments structurels du latin en français ? Peut-on identifier des notions ou catégories grammaticales motrices dans l’évolution d’un système à l’autre ? Est-ce que la référence consciente de la tradition grammaticale à l’autorité latine influence inconsciemment, au travers des descriptions qu’elle en propose, la structure de la langue française ? Comment réévaluer les enjeux et les conséquences de la relatinisation, indépendamment des motivations de ses acteurs ?

La question du français et du latin ne s’exprime cependant pas uniquement dans la diachronie, mais aussi dès le Moyen Âge, dans une situation de diglossie, dont il faut préciser la partition des domaines concernés, depuis les premières traductions en langue vernaculaire au Moyen Age au jeu avec le latin de la poésie moderne. Quels sont les limites et/ou les manifestations du bilinguisme dans les textes et dans la langue ? Quelles sont les conséquences de cette cohabitation sur l’évolution du français ou l’emploi du latin, dans leurs influences mutuelles ? La question doit-elle se poser en termes de communauté, de spécialité ou encore de compétence ? Et que pouvons-nous apprendre sur la conscience linguistique du lectorat ? Quel rôle jouent les jugements de valeurs sur ces deux langues ?

Les traductions d’une langue à l’autre sont par exemple un des témoins privilégiés d’une cohabitation entre latin et français, dans une mise en scène utilitaire ou esthétique particulière au sein du discours. Si la qualité de ces traductions est souvent dépréciée, que peuvent nous apprendre ces calques et transferts des pratiques de traduction ou encore de la matière traitée ? Le xvie siècle voit la théorisation de l’acte de traduire évoluer vers de nouvelles considérations : qu'en est-il de ce rapport latin/français dans les textes postérieurs et est-il fondamentalement différent de celui d’un Moyen Âge bilingue ?

On se souvient aussi que le latin est demeuré la langue du savoir et des sciences bien après  le Moyen Âge. La question de la référence au latin, par son emploi ou son rejet, rejoint-elle donc systématiquement un enjeu générique, voire littéraire ou encore social ? En effet, le latin s’impose souvent comme modèle rhétorique et culturel que les auteurs exploitent pour mieux affirmer un système de valeurs. Comment ces enjeux mettent-ils en forme et définissent les textes, dont le statut et le public peuvent varier selon la langue choisie, ou qui peuvent même mêler les deux ? Le latin, outil de création lexicale et d’affirmation d’une tradition, est-il un medium, une caution pour asseoir la légitimité ou l’excellence d’un domaine concerné, qu’il soit littéraire, philosophique, scientifique ou encore technique ? On peut ainsi constater aujourd'hui l'emploi du latin dans la mise au point des terminologies, où il est parfois concurrencé par la langue grecque. Le statut de ces deux langues sources est-il le même ? Qu'en est-il donc de leur rapport au sein de la langue française ?

Le latin, en se faisant canon ou stratégie, peut ainsi cristalliser des enjeux esthétiques et politiques variés, comme les récentes questions autour de son apprentissage ne sont pas sans nous le rappeler (Siouffi et Rey, 2016). Objet social, objet linguistique, le latin se doit d’être pensé, depuis la naissance du français, également parce qu’il est un objet familier, quotidien, capable aussi de diviser ceux qui le maitrisent et ceux qui le côtoient, à l’école, à l’église ou ailleurs.

 

Chaque proposition fera l’objet d’une communication de 20 minutes, suivie de 10 minutes de discussion. Les propositions d’intervention, ouvertes à une approche pluri-disciplinaire, doivent faire mention de votre université d’affiliation et de vos coordonnées, et doivent s’accompagner d’un résumé de 1000 mots tout au plus, auquel peuvent s’ajouter une bibliographie et des annexes.

Langues de communication : français et anglais.

Elles sont à envoyer à l’adresse suivante avant le 10 novembre 2017 :

placeetconsciencedulatin@gmail.com

 

Bibliographie indicative :

Berrendonner A., « Et si on remettait la grammaire aux régimes ? », Approches interlinguistiques de la compréhension verbale : quels savoirs pour l’enseignant ? Quels savoirs pour l’élève ?, M.-J. Béguelin, J.-F. de Pietro, A. Näf (éd.), Neuchâtel, Institut de Linguistique de l’Université de Neuchâtel, 2002, pp. 31-45.

Bury E. (éd.), Tous vos gens à latin. Le latin, langue savante, langue mondaine (XIVe-XVIIe siècles), Genève, Droz, 2005.

Carlier A. et Combettes B., « Typologie et catégorisation morphosyntaxique : du latin au français moderne », Langue française, n°187, Paris, Armand Colin, 2015, pp.15-58.

De Carvalho P., Nom et Déclinaison. Recherches morpho-syntaxiques sur le mode de représentation du nom en latin, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 1985.

Gilliéron J., « Les conséquences d'une collision lexicale et la latinisation des mots français », Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, n°230, Paris, Champion, 1921, pp. 55-74.

Gougenheim G., « La relatinisation du vocabulaire français», Etudes de grammaire et de vocabulaire français, Paris, Picard, 1959.

Kuentz P., « Le modèle latin », Littérature, n°42, 1981, pp. 109-122.

Laurent R., Past participles from Latin to Romance, Berkeley/Los Angeles/Londres, University of California Press, 1999.

Le Briz S. et Veysseyre G., Approches du bilinguisme latin-français au Moyen Âge. Linguistique, codicologie, esthétique, Turhnout, Brepols, 2000.

Lodge A., Le français. Histoire d’un dialecte devenu langue, Paris, Fayard, 1997.

Loubère S. et Reguig D. (dir.), Penser l'héritage à l'âge classique, Paris, Honoré Champion, 2011.

Marchello-Nizia C., Grammaticalisation et changement linguistique, Bruxelles, De Boeck Superieur, 2006.

Marcotte S. et Silvi C., Latinum cedens. Le français et le latin langues de spécialité au Moyen Âge, Paris, Champion, 2014.

Rey A. et Siouffi G., De la nécessité du grec et du latin. Logique et génie, Paris, Flammarion, 2016.

Rey A., Duval F. et Siouffi G., Mille ans de langue française : histoire d’une passion, Paris, Perrin, 2007.

Soutet O., Études d'ancien et de moyen français, Paris, P.U.F., 1992.

Tran-Gervat Y.-M. (éd.), Traduire en français à l'âge classique : génie national et génie des langues, Paris, Presses de l'Université Sorbonne Nouvelle, 2013.

Tremblay F. A., Les Grammaires au Moyen Âge, Edwin Mellen Press, 1989.

Waquet F., Le Latin ou l’empire d’un signe (XVIe-XXe siècle), Paris, Albin Michel, 1998.

CFP: Objects of Desire – International Conference at Lille Catholic University

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 9:55am

24-26 May 2018 ; Proposals 15 December 2017

Organisers: Lille Catholic University, Liverpool Hope University and the ENSFR (European Network for Short Fiction Research)

Call for Papers

Literature, religion and art began with objects of desire and have never abandoned the theme. From Helen of Troy and the forbidden fruit in the Garden of Eden via Novalis’s blue flower to the throne of Westeros, numerous examples spring immediately to mind, and if the ten commandments tell people not to covet anything that belongs to their neighbours, this surely implies that they are highly likely to do just that.

As the philosopher Elizabeth Anscombe defines it: “The primitive sign of wanting is trying to get,” (2000) which explains why desire provides the motive for action, in history and in literature. Every love story, but also every crime novel and every political empire starts with desire, and its object may be a person, a diamond or a continent. Although there is a certainly a difference between desiring the presence of God, desiring a million dollars and desiring a large ice cream, any and all of these may inspire the artist or the writer.

Opinions also differ on the desirability of desire. If Buddhists and Stoics tend to believe that we should seek to free ourselves from desire and Plato felt our desires should be put aside for the greater good, Freudian and Lacanian analysts encourage us to recognise our desires and many Christians, like Pascal and C.S. Lewis, have declared that “we are too easily pleased” (1941) and should desire far greater joy than we have yet known. Artists, writers and film directors still continue this debate, incarnating the good, bad and indifferent results of desire in their works.

Desire may be understood in relation to gender—do men and women long for the same things? Sexual attraction is a theme to be considered and so is the very idea of love. Carson McCullers has famously proposed a definition in “The Ballad of the Sad Café” (1943): “love is a joint experience between two persons — but the fact that it is a joint experience does not mean that it is a similar experience to the two people involved. There are the lover and the beloved, but these two come from different countries.” Exploring these countries could give way to discussions that could use, as a starting point, Judith Butler’s approach in her first published book Subjects of Desire in which she analyzes the interplay between desire and identity. Looking at desire through the prism of gender studies will also make it possible to reflect upon ideals of femininity and masculinity, but also of beauty, the way they are (re)presented in the media, in advertisements…

What does the act of desiring tell us about the object of desire? Is the one who desires truly seeking love, beauty, wealth, immortality or power in the object and if so, are they right to do so or is the object merely the attractive facade of a powerful illusion or delusion? Do objects of desire exist through necessity? How are they created? What role do advertising or video clips accompanying popular songs play in their creation? Has the way objects of desire are represented changed over the centuries? Did particular periods of history have specific ways of portraying them?

We welcome proposals in French or English that explore the relation between short fiction and desire across different periods and genres, including flash fiction, the novella and short story cycles. As a concentrated and intense form of prose writing, short fiction lends itself very well to representations of desire. As Sarah Hall says, “The form is very good at unzipping the mind’s fly” (‘Sex, Death and the Short Story’). Think of Katherine Mansfield’s “Bliss” (1918): “For the first time in her life Bertha Young desired her husband;” or of J. G. Ballard’s “The Subliminal Man” (1963), where hypnotic techniques of advertising turn the desire for consumer items into an irresistible compulsion. The short story form itself may be driven by desire as a structuring principle, the desire for instance of the reader to explore its gaps and mysteries. In Towards the End (1985), for instance, John Gerlach suggests that closure may be an object of desire. Several critics have analysed desire and its objects in the novel. Peter Brooks speaks of “a dynamics of desire animating narrative and the construal of its meanings;”(1993). René Girard’s concept of “mimetic desire” suggests that a human instinct for imitation is what drives people. Do these ideas also apply to the short story or do desire and the short story interact in a different way?

We also welcome papers from other areas of literary studies, cultural studies (including cinema and television), philosophy, psychology, theology, communication, history and history of art.

Although we expect most proposals to be individual, panel proposals of three closely related papers will also be considered.

Proposals (250-300 words) should be sent to gerald.preher@univ-catholille.fr and suzanne.bray@univ-catholille.fr by 15th December 2017.

CFP: Authority, Gender and Social Relations

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 1:05am

Durham (UK, 23-26 July 2018), proposal by 31 October 2017

Durham Early Modern Studies Conference

Durham University

For some years, Durham University has hosted a regular Seventeenth-Century Studies Conference. With the establishment of an Institute of Medieval and Early Modern Studies (IMEMS) at Durham, we are re-launching this conference with a more ambitious timeframe, taking the ‘early modern’ to cover the period 1450 to 1800. For the 2018 conference, we are focusing on the authority, gender and social relations. We conceive of these concepts in their broadest sense and take them to include (but not necessarily be restricted to) the following:

  • Gender and class: useful categories of analysis?
  • Patriarchy and the household
  • Power in the landscape
  • Resistance and rebellion
  • Clientage, subordination, reciprocity and affinities
  • Communities and neighbourhoods
  • Archaeologies of authority
  • Archaeologies of community and place
  • Gender, belief and the body
  • Elites and society
  • Architecture, art and power
  • Landscapes and social topographies
  • Literary and dramatic representations of authority and resistance
  • Occupation and social structure
  • Labour discipline
  • Slavery, serfdom and unfree labour
  • Ethnicity and national identity
  • Religious radicalisms
  • Belief and hierarchy
  • Dress, demeanour and authority
  • Experiences of inequality: clothing, housing, food and diet

Interdisciplinary approaches are welcome. We are keen to deal with transnational histories and with the history of the New World and with European relations with the rest of the globe.

We welcome proposals both for individual 20-minute papers and for panels comprising three 20-minute papers. Please send proposals for papers (300 words) or panels (3 x 300 words, with a rationale for the panel) including title and abstract(s) to: early.modern@durham.ac.uk by 31 October 2017.

The first day of the conference will be given over to papers by postgraduate students, with the support of the Durham Medieval and Early Modern Students Association (MEMSA).

Replies to all submissions will be sent no later than early 2018.

CFP: Visions and Revisions: Romance Utopias and Dystopias

Submitted by ccarlin on 15 October 2017 - 12:29am

24th Annual Carolina Conference for Romance Studies University of North Carolina at Chapel Hill April 5-7, 2018

Visions and Revisions: Romance Utopias and Dystopias

Utopian and dystopian visions span Western intellectual history from Thomas More's coinage of the former term in 1516 to the powerful twentieth century literary dystopias that influence our understanding of the current political climate worldwide, such as Aldous Huxley's Brave New World, George Orwell's 1984, Margaret Atwood's The Handmaid's Tale, and Sheree Thomas' anthology Dark Matter.  Etymologically, utopia means "no place"--a place that does not (yet?) exist--but it is also a play on words, being close to the Greek for "good place," thus the association of utopia with an idealized society.  While the utopian genre began as a way to envision political alternatives and solutions for social and economic inequality, dystopias show the potential dangers of such experiments.

In Romance Studies, we have the opportunity to examine the development of utopia and dystopia as genres within the literary traditions of Spanish, Italian, French, and Portuguese speaking countries. We can also look at how these concepts have been transformed by decolonial and postcolonial perspectives in order to influence the political and intellectual struggles of the colonized worlds. In literature, as well as in cinema, philosophy, contemporary theory, and video games (ecc.), how do authors, filmmakers, and artists use utopias and dystopias to address, debate, and/or comment on real-world issues such as, but not limited to, nuclear warfare, neoliberalism, global climate-change, technological “progress,” and socio-economic inequalities? How are these ideas used to elucidate elements of society that might otherwise remain unnoticed, whether potential solutions to human suffering or warnings about the cataclysmic potential contained within a present that may seem innocuous on the surface? What do utopian and dystopian visions and revisions have to teach us about the intersections between art, politics, technology, and science? 

Topics of interest and approaches may include but are not limited to:

  • Animality
  • Animation
  • Apocalyptic and post-apocalyptic literature
  • Biopolitics
  • Comics
  • Colonial, decolonial, and postcolonial studies
  • Cultural studies
  • Ecocriticism
  • Enlightenment era
  • Feminism (western and non-western)
  • Film studies
  • Gender studies
  • Genre theory
  • Historical fiction
  • Middle Ages and Renaissance studies
  • Performance
  • Political science
  • Popular culture
  • Posthumanism
  • Queer theory
  • Science fiction, fantasy, and horror
  • Virtual spaces and video games
  • Visual arts
  • War

Please submit abstracts of 300 words in English to ccrs2018@gmail.com by December 18, 2017.  Presentations of no more than twenty minutes should be conducted in English in order to facilitate connections among subject areas more so than language concentration.  We also welcome proposals for language-specific roundtables in Spanish, French, Italian, or Portuguese.  Panel proposals and roundtables should include a completed form from each participant. Seeccrs.unc.edu for more information.

Please submit a single-page Word document in the following format:

Name:

Email address:

Affiliation:

Classification: (Professor, Ph.D. Student, M.A. Students, Post-doc, independent researcher, etc.)

Title:

Abstract (300 words, single-spaced):

Relevant Time Period(s) and Country(-ies):

Keywords (up to 6):

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