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Calls for Papers/Contributions

Early Modern Women Writers: Gender and Identity Fluidity

Submitted by ccarlin on 21 August 2015 - 12:46pm

A session at the Women in French 2016 conference:

Fluid Identities: Margins and Centers in French and Francophone Women’s Literature, Cinema, and Art.

Gettysburg College, June 9-11, 2016

Early Modern Women Writers: Gender and Identity Fluidity

This session seeks to examine the role of gender and identity fluidity in the lives and works of early modern French women writers.

Topics of interest include, but are not limited to:

- Publishing: anonymity, pseudonymity, gender-only (“Mme de ***”), married name.

- Gender bender literary characters.

- Identity quests by orphans.

- Gender boundary transgression: writing the male voice.

- Masked identity and/or gender.

- Identity and/or gender metamorphosis.

- Identity and/or gender revelation.

- (Mis)identification.

- Identity transition: adolescence, marriage, motherhood, widowhood.

Please submit your 250-word paper proposal electronically to marijn.kaplan@unt.edu by September 15.

Marijn S. Kaplan

Professor of French

University of North Texas

Notifications of acceptance will be sent after October 31, 2015.  WIF encourages all individuals presenting papers to pay membership dues for the calendar year of the conference (http://www.womeninfrench.org/espace-membre/cotisation/).  Membership dues are separate from conference registration fees.

WIF supports graduate students who are selected to present at the WIF conference. Limited funding is available for Graduate Students whose papers have been accepted at the biennial Women in French Conference. There will be ten awards of $200. The awards will be based both on demonstrated need and the quality of the proposal. Priority will be given to applicants who have not previously received funding from Women in French.  Applicants must be members of Women in French.  For more information, contact Cecilia Beach (fbeach@alfred.edu)

"(Re)lectures écocritiques : l’histoire littéraire européenne à l’épreuve de la question environnementale", date limite le 20 oct 2015

Submitted by farisallison3 on 15 August 2015 - 10:01am

APPEL A CONTRIBUTIONS LOXIAS 52 (15 mars 2016)

"(Re)lectures écocritiques : l’histoire littéraire européenne à l’épreuve de la question environnementale"

Sous la direction de Justine de Reyniès et Odile Gannier

 

Apparue aux États-Unis il y a une vingtaine d’années, l’écocritique s’installe aujourd’hui dans le paysage des Humanités. Alors qu’outre-Atlantique elle est en passe de devenir un pôle majeur des cultural et literary studies (à côté des études de genre ou des études postcoloniales), son rayonnement commence à s’étendre en Europe, où se multiplient les initiatives témoignant de la volonté d’interroger le rôle joué par les langages artistique et littéraire dans la formation d’une conscience écologique.

L’unité du terme ne doit pas dissimuler la pluralité des perspectives et des méthodes qu’il recouvre. Conçue comme branche des études culturelles ou de l’anthropologie, l’écocritique se borne à étudier le traitement des thèmes environnementaux dans les œuvres littéraires, ainsi considérées comme simples reflets de préoccupations extra-littéraires (relevant de l’écologie politique ou scientifique). Sa dimension ouvertement engagée s’est parfois traduit par une approche pragmatique de la littérature : reposant dans les termes renouvelés d’une éco-philosophie la question de l’utilité morale et politique des œuvres d’imagination, des spécialistes comme William Rueckert ou Joseph Meeker se sont intéressés à leur capacité à former ou modifier les représentations que l’homme se fait de son rapport à la biosphère, et partant son attitude à l’égard de celle-ci ; d’autres, comme Hubert Zapf, les envisagent comme une force de compensation et de régénération au sein de « l’écosystème culturel ».

S’il propose un modèle fonctionnel de la littérature, ce dernier n’en a pas moins souligné le risque d’une vision étroitement didactique des œuvres et la nécessité de prendre en compte leur spécificité médiale dans l’étude de leur rôle civilisateur. Des auteurs comme Nathalie Blanc rappellent ainsi le défi qui se pose à une écocritique revendiquant légitimement sa place au sein des études littéraires : celui de s’interroger sur « le travail écologique de l’écriture littéraire », sur l’élaboration ou la réélaboration du concept de nature au sein même de la langue et de l’imagination poétique.

Initialement circonscrite à un corpus anglo-saxon et axée sur les prémices romantiques d’une pensée écologique, sur les représentations littéraires de la nature, en particulier dans le genre du nature writing, l’enquête s’est ensuite élargie, couvrant un vaste spectre de productions littéraires et culturelles et remontant le fil de l’histoire jusqu’aux sources de la civilisation occidentale. Revendiquée par les éditeurs de certains ouvrages collectifs (Laurence Coupe ; Karla Armbruster et Kathleen R. Wallace ; Richard Kerridge et Neil Sammells), cette extension du domaine d’investigation entre dans la logique d’une écocritique qui entend faire justice à ce qui appartient en propre à son objet d’étude pour s’inscrire pleinement dans la discipline littéraire. En effet, réfléchir sur la capacité de l’imagination poétique à figurer et reconfigurer le concept culturel de « nature » demande qu’on s’autorise à porter son regard au-delà (autour, mais aussi en amont) d’une littérature ouvertement engagée dans la cause écologique, et en particulier vers les textes anciens, « classiques » ou méconnus.

Pourtant, cet examen rétrospectif n’en est qu’à ses balbutiements. Comme le fait remarquer Timothy Clark, nul ne s’est encore aventuré, par exemple, à « lire T. S. Eliot, Shakespeare ou Dante en relation avec les bouleversements que le réchauffement climatique entraîne dans la connaissance humaine ». De fait, le courant écocritique se montre encore réfractaire à l’analyse diachronique. Parmi les quelques tentatives faites dans ce sens, rares sont celles qui ont fait l’objet d’un effort de systématisation. Les travaux sur la pastorale (depuis Leo Marx et Raymond Williams jusqu’à Terry Gifford) constituent une exception exemplaire puisque le souci de la longue durée et des continuités historiques, posant la nécessité de redéfinir le terme dans un sens qui lui confère une pertinence dans le monde présent, a permis de raccorder tout un pan de la production contemporaine, représentative de ce qu’on pourrait appeler la « post-pastorale », à une longue tradition issue de l’Antiquité.

L’enjeu d’une telle relecture est double. Il s’agit d’abord de mettre en perspective la crise environnementale, en montrant dans quelle mesure la littérature a contribué, ou résisté, à la formation d’un paradigme intellectuel qui a rendu possible la domination technico-scientifique de la nature. Tâche qui engage à remonter aux origines des littératures vernaculaires européennes : faut-il rappeler que le « géocide » (Michel Deguy) en cours plonge ses racines dans le tournant épistémologique que constitue l’apparition des sciences modernes — tournant qui, comme l’a montré Vittorio Hösle, trouve lui-même ses fondements intellectuels dans la nouvelle conception de la nature qui s’élabore au Moyen Âge ? Le volume projeté ne prédéfinit pas la valeur des résultats de cette enquête : tournée aussi bien vers les manifestations d’une « écophilie » que celles d’une « écophobie » (Simon Estok), elle peut être conçue comme anatomie de nos maux présents ou comme quête d’exemples salutaires.

Mais il s’agit également, par un retour réflexif, de s’interroger sur les remaniements que la mutation épistémologique contemporaine de l’entrée dans l’ère anthropocène entraîne dans la pratique de l’histoire littéraire (que nous prenons ici au sens large, comme histoire de la littérature et du littéraire, mais aussi de la théorie poétique et de la critique). Sans doute celle-ci ne peut-elle se tenir à l’écart de l’aggiornamento qu’impose la faillite de modèles de pensées séculaires révélée par la destruction de l’habitat planétaire. Comme le suggèrent la richesse des perspectives ouvertes par les travaux ayant porté la question environnementale sur le terrain de l’altérité historique, l’étude des littératures antérieures au XIXe siècle gagneraient à se saisir des problématiques propres aux green studies. Elle serait ainsi conduite à se demander quelle vision de l’écoumène sous-tendent les cadres de pensée, les grilles d’analyse et les concepts qui ont guidé, dans l’histoire de la littérature occidentale, la composition et l’interprétation des œuvres :

- Quelle place les formes et les genres traditionnels font-ils au thème de la biosphère et dans quelle mesure lui permettent-ils de s’inscrire dans l’économie de l’œuvre ? Son absence implique-t-elle nécessairement, du reste, qu’il reste extérieur aux signifiés du texte ? La prise de conscience d’une dépendance de l’homme à l’égard de son environnement ne va pas sans reconfigurations dans l’échelle des valeurs et des priorités : quels reclassements induit-elle dans les canons littéraires ou la hiérarchie des genres ? Sur le modèle des études pionnières de l’écocritique qui ont œuvré à la (ré)habilitation du genre américain du nature writing, on pourrait par exemple être amené à redécouvrir et reconsidérer la place, dans le panthéon des lettres, de tout un ensemble d’œuvres non fictionnelles, anciennes ou plus récentes : bestiaires, poèmes géorgiques ou topographiques, « promenades », etc.

- S’il est vrai que les catégories héritées de la poétique aristotélicienne, qui place la représentation de l’action humaine au cœur de la mimèsis, sont de nature à favoriser une vision anthropocentriste, la littérature européenne offre-t-elle des exemples de fictions dramatiques ou narratives qui échappent à ce modèle ? On prêtera ainsi attention aux récits, aux drames qui placent la nature brute et inconsciente en position d’agent, font entendre sa voix ou restituent son point de vue, ou qui rendent l’action et la destinée humaines solidaire du devenir cosmique.

- On a souvent souligné le pouvoir de résistance (ou de compensation) qu’a représenté la vision poétique, fondée sur l’usage du trope, face à d’une conception cartésienne, mécaniste et instrumentaliste de la nature. En brouillant les frontières entre l’animé et l’inanimé, la métaphore transcenderait la scission entre le sujet et l’objet opérée par la science moderne. Dans quelle mesure la pensée analogique favorise-t-elle des modes de conscience différents de ceux imposée par la pensée technicienne ? Peut-on assigner une valeur cognitive ou heuristique à l’anthropomorphisme issu de l’activité figurative de l’imagination : ouvre-t-il à l’altérité du non-humain ou bien représente-t-il au contraire un obstacle à la compréhension de cette altérité ?

- La question de la figure rejoint celle de la référence et de l’interprétation. Sur le modèle de quelques spécialistes de la première modernité (Simon Estok, Ken Hiltner), on pourrait s’interroger sur le type de lecture (allégorique ou littérale) qu’appellent les allusions à l’environnement concret dans les formes de la pastorale, les genres tels que le conte, la fable, les voyages allégoriques, etc. Sont-elles exclusivement là, comme le veut la tradition critique, pour tenir lieu d’autre chose ?

C’est à des questions de ce genre, et bien d’autres, que médiévistes, spécialistes de la Renaissance ou de l’âge classique sont donc invités à réfléchir : il s’agira d’examiner, à partir de cas d’étude, les enjeux théoriques et méthodologiques d’une reconsidération des œuvres ou des traditions littéraires à la lumière des enjeux contemporains. Suivant une dynamique inverse, rétrospective celle-là, on pourra aborder une production plus récente, voire contemporaine, pour tenter de la situer dans la longue durée.

Voici une liste non exhaustive des thèmes et des axes d’étude qui pourront être explorés :

- Genres ou inspirations : l’héritage des Bucoliques et des Géorgiques, le poème de la nature et la poésie topographique, la littérature de voyage

- Mythes et motifs environnementaux : Arcadie, Eden, Prométhée, Pan, déluge, apocalypse, désert/wilderness, pollution, nature, Terre (et ses incarnations mythiques ou archétypales, de Gaïa à Dame-Nature), frontières entre l’humain et le non-humain et construction symbolique des espèces

- Catégories rhétoriques et poétiques : drame et récit, personnage, point de vue, voix, figures

- La constitution de la tradition littéraire : hiérarchie des genres, textes canoniques et œuvres mineures

 

Indications pratiques

Ce numéro sera publié sur la page http://revel.unice.fr/loxias le 15 mars 2016.

Prière d’envoyer vos propositions sous forme d’un résumé d’une demi-page et d’un bref CV avant le 20 octobre 2015.

Adresser votre proposition conjointement à Justine de Reyniès <jdereynies@googlemail.com> et Odile Gannier <gannier@unice.fr>

Les textes dont le principe sera retenu par le comité de lecture devront être envoyés pour le 15 janvier 2016 au plus tard, en respectant très scrupuleusement les indications aux auteurs http://revel.unice.fr/loxias/index.html ?id =2155 .

Responsable :

Justine de Reyniès

url de référence

http://revel.unice.fr/loxias

Colloquium: Self-Commentary in Early Modern European Literature

Submitted by ccarlin on 9 August 2015 - 7:59pm

26-27 February 2016, Durham University (UK). Deadline for submissions: 15 October 2015.

Writers the world over have often accompanied their texts with a variety of annotations, marginal glosses, rubrications, and explicatory or narrative prose in an effort to direct and control the reception of their own works. Such self-exegetical devices do not merely serve as an external apparatus but effectively interact with the primary text by introducing a distinctive meta-literary dimension which, in turn, reveals complex dynamics affecting the very notions of authorship and readership. In the Renaissance, self-commentaries enjoyed unprecedented diffusion and found expression in a multiplicity of forms, which appear to be closely linked to momentous processes such as the legitimation of vernacular languages across Europe, the construction of a literary canon, the making of the modern author as we know it, and the self-representation of modern individual identities.

The Institute of Medieval and Early Modern Studies at Durham University (https://www.dur.ac.uk/imems/) invites proposals for 20-minute papers on any aspect of self-commentary and self-exegesis in Early Modern European literature, broadly defined as ca. 1400 – ca. 1700. The conference will be aimed specifically at bringing together both established scholars and early career researchers working on diverse Renaissance literary traditions (including Neo-Latin and Slavonic languages), and promoting cross-cultural dialogue.

A number of fundamental questions will be addressed, including:

·        How do authorial commentaries mimic standard commentaries?

·        If commentaries ordinarily aim to facilitate textual comprehension and bridge the gap between a text and its readership, in what ways can this be true of self-commentaries as well? What further motivations and strategies are at work?

·        How do writers of the Renaissance position themselves in respect of the classical tradition?

·        How do they progressively depart from the medieval scholastic practice of glossing texts?

·        How do self-commentaries interact with the primary text and contribute to its reception?

For consideration, please send a title and abstract of ~300 words as well as a one-page CV to francesco.venturi@durham.ac.uk no later than 15 October 2015.

https://www.dur.ac.uk/resources/imems/CFP-Self-CommentaryIMEMS.pdf

Source: H-France

Panel title: “Pre-modern Disabilities: Ambiguous Bodies, Texts, and Meanings” due date: 1 Sept 2015

Submitted by farisallison3 on 5 August 2015 - 10:20am

Panel title: “Pre-modern Disabilities: Ambiguous Bodies, Texts, and Meanings”

Organiser: Alicia Spencer-Hall, French Dept., Queen Mary, University of London

 

Panel title: “Pre-modern Disabilities: Ambiguous Bodies, Texts, and Meanings”

Organiser: Alicia Spencer-Hall, French Dept., Queen Mary, University of London

In the last decade or so, pre-modern disability studies has emerged as a productive and important field of enquiry for scholars from a host of disciplines, including literary studies, history and sociology. The fallacy of any monolithic form of disability has been incisively critiqued by academics unpacking the specific historical context(s) of pre-modern narratives which feature disabled bodies. This represents a welcome dismantling of a paradigm of disability which continues to influence discussions of modern disability, whether these discussions take place in the academy or in the mass media and public consciousness.

The meaning accorded to being disabled by dominant society, and by the individuals living with disabilities themselves, is not fixed. Rather, what a given impairment “says about” a subject shifts according to multiple factors: gender, ethnicity, socio-cultural situation, historical moment and so on. Narratives showing disabled bodies, the attitudes of others to such marked bodies, and the disabled subject’s own intellectual and affective stance to his/her body, are not inert or solely reflective of “real life”. Rather, such narratives work to shape identities of those to which they speak, giving the disabled and non-disabled alike ways in which they might formulate a response to impairment in their lives.

Impairment demands a response, as disability demonstrates the precariousness of “whole” or “normal(ised)” bodies. The non-disabled must thus take a stance in relation to the destabilising potentiality that the impaired body represents to abled society and culture. Often times, though certainly not always, responses fall between othering of the disabled body, enacting distance, or a fetishisation of the disabled body, a closeness which titillates because it is transgressive.  Reactions to disability are ambiguous just as much as disability itself represents an ambiguous state, defined by a host of socio-cultural, ideological, and historical factors.

This panel brings methodological and theoretical approaches from pre-modern disability scholarship into the French context. “French”, in this case, refers to both geographical area (i.e. France as a region) and linguistic identity (i.e. francophone texts produced outside of France). How do French pre-modern texts deal with disability? Can we discern a specific approach to disability used by French authors, or in francophone texts? What kinds of meanings are given to disabled bodies? What kind of language is used to describe disabled bodies, and how does this language mould reader responses? What kind of narratives are offered to the disabled, and why?

Relevant topics for this session include:

·         Differences between pre-modern and contemporary understanding of disabilities

·         Linguistic choices for denoting disabilities, and the ways in which such choices shape readers’ attitudes, in both modern and pre-modern periods

·         Reactions of readers to disabled characters in narratives, and reactions of those around a disabled character in the text

·         Social constructions of disability and their contexts, including permutations relating to specific locales, politics, ideologies

·         Differences between interpretations of disabilities in religious (e.g. saints) and more secular (e.g. wounded knights) frameworks

·         Differences in depictions of invisible and visible impairments

·         The ways in which French pre-modern texts can contribute to developing the field of pre-modern disability studies

If you’re interested in speaking on this panel, please submit an abstract of roughly 250-300 words and a brief bio, containing your postal address. Deadline for submissions: 1 September 2015. Please email your abstract and bio to the panel organiser, Alicia Spencer-Hall (a.spencer-hall@qmul.ac.uk).

 

 

L’expression des sentiments dans la poésie féminine, date limite le 10 décembre 2015 (source: Fabula)

Submitted by farisallison3 on 16 July 2015 - 9:32am

L’expression des sentiments dans la poésie féminine

Centre Interlangues  Texte, Image, Langage (EA 4182)

Journée d’étude – 1er avril 2016 - Dijon  

Dans le cadre de l’axe « Intime » et de sa réflexion sur le lien entre intime et contrainte, nous organisons une journée d’étude sur l’expression des sentiments dans la poésie féminine. Les sentiments sont des états affectifs, plus durables que les émotions, même si la distinction peut parfois être floue. Ils appartiennent à la sphère intime et relèvent de la capacité de chaque individu d’investir affectivement son rapport au monde extérieur. L’expression des sentiments est le fruit d’une négociation continuelle : en effet un individu exprime ou au contraire cache ses sentiments en fonction des circonstances.

Les modes d’expression des sentiments dépendent des individus mais également des contextes culturels et sociaux. Il existe une palette assez vaste d’états affectifs comprenant des réactions négatives voire agressives comme la colère, la haine, la rancune et le mépris, des sentiments de mal-être et de douleur comme le deuil, la culpabilité et la solitude ou encore des états positifs comme l’amitié et l’amour, y compris de Dieu.

Dans le champ littéraire, la poésie et notamment la poésie lyrique se charge souvent de manifester les sentiments. Ce n’est pas un hasard si, parmi les six fonctions du langage que distingue Roman Jakobson, il appelle « émotive » ou « expressive » la fonction relative à l’émetteur, en déclarant notamment que cette fonction serait dominante dans la poésie lyrique (JAKOBSON, Roman (1963), « Linguistique et poétique », Essais de linguistique générale, Paris, Minuit, p. 209-248). Bien que la catégorie du lyrisme soit complexe, on peut constater – sans s’aventurer dans des définitions théoriques ardues – qu’elle a souvent été associée par les critiques à la centralité du sujet et de ses états d’âme. Par ailleurs, il n’est pas anodin de remarquer qu’en poésie les sentiments sont paradoxalement exprimés dans des formes hautement codifiées.

Il nous semble intéressant d’explorer les liens entre expression d’un état intime et formes linguistiques contraignantes en faisant référence aux textes de femmes. Le féminin, dans l’histoire culturelle occidentale, a souvent été associé aux sentiments et plus généralement à la sphère irrationnelle en opposition à la raison et à la maîtrise de soi souvent rattachées au masculin. Il n’est pas rare par exemple que face à des vers écrits par des femmes et saisissants par leur contenu et leur perfection formelle les critiques, souvent masculins, utilisent l’adjectif « viril » pour souligner la qualité des textes. Certaines poétesses refusent quant à elles l’adjectif « féminin » jugé péjoratif car il indique implicitement des vers mièvres ou formellement imparfaits. Au contraire, d’autres auteures – notamment dans les années 1970 – ont parfois identifié dans l’expression de soi, même au détriment du travail formel, une spécificité féminine positive.

Dans le cadre de cette journée d’étude, nous nous proposons d’explorer de façon approfondie les liens existant entre poésie, expression des sentiments et genre féminin en privilégiant les analyses des textes poétiques, sans pour autant exclure les approches considérant les documents épistolaires – où les poétesses peuvent exprimer leur conception du travail poétique – ni faire l’impasse sur l’importance de l’étude des discours critiques sur l’expression des sentiments dans la poésie féminine. Les interventions pourront porter sur un corpus de textes de plusieurs poétesses ou bien sur l’oeuvre d’une seule auteure voire sur un seul poème.

Les communications pourront envisager trois grands types d’approches. Il serait d’abord souhaitable de dresser l’inventaire des sentiments exprimés dans la poésie écrite par des femmes et, en fonction des contextes, de voir comment ce choix reflète ou au contraire rompt avec les dynamiques culturelles et sociales existantes. Certes la langue n’est pas un outil neutre. La thématique amoureuse est par exemple fondamentale dans le code poétique. Mais comment une femme peut-elle écrire son amour pour un homme et s’inscrire dans une tradition lorsque cette dernière ne comprend que des modèles poétiques centrés sur un sujet poétique masculin et un objet du désir féminin ? Cette permutation des rôles et des positions n’entraîne-t-elle pas la nécessité de lectures particulières ? La palette des sentiments exprimés par les poétesses est sans doute plus vaste que ce qu’on a l’habitude de croire. Outre la passion amoureuse, il conviendra aussi de considérer l’attachement filial ou la relation amicale en accordant une place spécifique au possible déguisement des sentiments en réponse à la contrainte sociale. N’existe-t-il pas par ailleurs des poétesses qui s’autorisent à exprimer en poésie non pas un amour convenu, mais la colère, la haine, le mépris ou tout autre sentiment jugé par la société comme agressif et peu adapté aux femmes ?

Un deuxième angle d’approche consistera à étudier les stratégies souvent mises en oeuvre par les poétesses pour viser à l’expression de soi, tant sur le plan des thèmes abordés que sur le plan formel. On pourra s’interroger sur le souci de certaines femmes de s’en tenir à une sorte de poésie androgyne exprimant les joies, les peines et les indignations d’un individu face au monde qui l’entoure ou au contraire sur la préoccupation de certaines de leurs consoeurs de faire émerger un moi féminin en très nette opposition au lyrisme masculin. On pourra soulever aussi la question du rapport entre universalité des sentiments et particularité des discours sociaux. On pourra également se demander si, dans des contextes spécifiques, l’expression des sentiments en poésie n’a pas été considérée par certaines femmes comme un simple exercice d’écriture accompli avec détachement uniquement pour s’affirmer sur la scène littéraire.

Sur le plan des stratégies formelles, on étudiera les techniques linguistiques, stylistiques et métriques utilisées dans les textes poétiques. Dans quelle mesure les poétesses respectent ou bouleversent les conventions linguistiques ou stylistiques afin d’exprimer un sentiment ? Comment, dans leurs textes, s’articule le rapport entre dimension intime et codes formels ? La versification est-elle une contrainte qui entrave la libre expression des sentiments ou, au contraire, la rhétorique peut-elle être mise au service du dévoilement du moi, et notamment du moi d’une femme ? Les intervenants pourront présenter des études de cas afin de montrer comment la ponctuation, la répétition, le rythme ou toutes autres stratégies linguistiques expriment les sentiments.

Une troisième approche s’intéressera à l’image du féminin véhiculée par l’expression des sentiments dans les poèmes écrits par des femmes. On pourra s’efforcer de dresser une typologie des images du féminin au fil des époques et des genres poétiques illustrés par les femmes. On étudiera sous cet angle la réception de cette poésie du sentiment par l’ensemble des lecteurs ou des lectrices, par exemple dans les écrits intimes (correspondances et journaux intimes), mais aussi par les spécialistes de littérature dans la littérature critique, dans les journaux et revues littéraires, ou encore dans les histoires de la littérature et les manuels scolaires. On se demandera notamment si l’image née d’une première lecture est cohérente avec les discours critiques, ou au contraire si la comparaison entre textes poétiques et constructions idéologiques donne à voir une situation plus complexe.

La journée d’étude aura lieu le vendredi 1er avril 2016 à l’Université de Bourgogne (Dijon). La date limite pour l’envoi des propositions de communication est fixée au 10 décembre 2015. Les propositions de communication comprendront le nom et l’affiliation scientifique de l’auteur, une courte notice biographique, le titre de la communication ainsi qu’un résumé de 20 à 30 lignes (environ 2000 caractères) permettant de cerner la problématique, la méthodologie ainsi que les résultats escomptés. Elles seront envoyées par voie électronique à sylvie.marchenoir@u-bourgogne.fr  et  ambra.zorat@u-bourgogne.fr avant le 10 décembre 2015. La langue utilisée sera le français mais les communications pourront porter sur toutes les aires linguistiques et culturelles représentées à l’Université de Bourgogne, à savoir celles des langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, portugaise et slaves. Du point de vue chronologique, les communications porteront sur la période allant du Moyen Âge à nos jours. Il sera ainsi possible de mieux étudier la variabilité des interactions entre poésie, sentiments et genre féminin.

Organisatrices : Sylvie Marchenoir (MCF Allemand) et Ambra Zorat (Prag Italien). Contacts : sylvie.marchenoir@u-bourgogne.fr et ambra.zorat@u-bourgogne.fr

Date limite d’envoi des propositions de communication : 10 décembre 2015. Retour aux auteurs : courant janvier 2016. Date de la journée d’étude : 1er avril 2016.

adresse

Dijon

Observer le théâtre, pour une nouvelle épistémologie des spectacles, date limite le 15 nov 2015 (source: Fabula)

Submitted by farisallison3 on 16 July 2015 - 9:27am

Observer le théâtre,

pour une nouvelle épistémologie des spectacles

 

fin novembre 2016

sous la direction de Sandrine Dubouilh et Pierre Katuszewski

EA CLARE 4593

En partenariat avec Théâtre national Bordeaux Aquitaine – Théâtre du Port de la Lune

 

Ce colloque, soutenu et encadré par l’équipe d’accueil CLARE (Cultures, Littératures, Représentations, Esthétiques) et porté par les études théâtrales de l’Université Bordeaux Montaigne  a pour objectif de recenser et faire se rencontrer les recherches proposant de nouveaux objets, de nouveaux outils et de nouvelles méthodes pour aborder le phénomène spectaculaire.

Par spectaculaire, nous entendons d’une part le temps du spectacle dans sa dimension performative ou autrement dit ce qui réunit dans le temps et l’espace les participants[1], et, d’autre part, dans la lignée des études récentes sur les théâtres du jeu[2], ce qui ne fait pas forcément signe ou sens et fait du théâtre un espace de présentation, d’invention et de ludisme.

 Le verbe « observer » est choisi à dessein pour établir un parallèle avec les sciences de l’observation, placer les évènements spectaculaires passés ou présents sous la lame du microscope et valoriser ainsi l’observation factuelle comme préalable à l’analyse, ceci afin de confirmer la diversité des outils aujourd’hui à notre disposition pour appréhender les œuvres.

Si cette recherche entend  dépasser l’accumulation de constats descriptifs, on notera cependant la fertilité des développements scientifiques fondés ces dernières années sur le retour à une observation fine et débarrassée de cadres préétablis pour aborder des formes délaissées ou mal appréciées. On pense notamment ici aux travaux portant sur l’Antiquité ou sur le théâtre du dix-septième siècle qui s’émancipent de l’analyse exclusivement littéraire qui était encore prédominante dans ces champs et ce, jusqu’à récemment. Nous pensons aussi aux dix-huitième et dix-neuvième siècles au cours desquels des formes jugées mineures telles que les spectacles forains, le mélodrame, la féérie ont retrouvé une place, pour ne citer que quelques exemples. On pourra ajouter à cette liste non-exhaustive les travaux portant sur la modernité théâtrale et les avant-gardes, ouvrant des questionnements féconds sur la naissance de la mise en scène et la scénographie, ainsi que les recherches sur l’époque contemporaine exploitant de nouvelles méthodologies d’analyse, particulièrement heuristiques.

Le croisement avec les sciences sociales (anthropologie, ethnologie, sociologie, etc.) a été un puissant vecteur de cette transformation, de même que l’ouverture vers des formes non occidentales ritualisées, agissant parfois comme des révélateurs de nos parentés ou au contraire de nos écarts, amorçant dans les deux cas des remises en question critiques de nos connaissances et appréciations. Pour les formes présentes, pluridisciplinaires, davantage fondées sur l’expérience du spectateur, l’observation et la narration de l’expérience sont souvent le seul point de visée, difficile à dépasser faute de repère ou de méthode adaptée à ces objets ; sans oublier certaines performances qui sortent elles-mêmes du descriptible. Les recherches actuelles sur le ludisme apportent d’ores et déjà des outils pour aborder ces œuvres qui échappent aux points de vue texto et logo centrés. Mais on notera qu’aborder la dimension spectaculaire et performative du théâtre n’exclut pas de s’intéresser au texte. Il s’agit bien de le lire autrement, en contexte, pour ce qu’il est et sans partir de l’a priori qu’il comporte un sous-texte à décrypter, mais qu’il porte en lui-même les marques du spectacle auquel il est destiné.

L’objectif du colloque « observer le théâtre, pour une nouvelle épistémologie des spectacles » est donc de se demander ce que signifie et produit ce grand brassage des formes et des idées, porté par des disciplines aussi variées que l’anthropologie, l’ethnologie, l’ethnopoétique, les gender studies, l’histoire, les sciences etc., dans notre façon de penser les arts du spectacle au passé et au présent. Il ne s’agit pas de cumuler des études de cas ou des curiosités, mais de croiser des analyses. Qu’observe-ton ? Comment observe-t-on des faits passés ou des objets spectaculaires « non identifiés » ou atypiques ? Comment, en retour, observe-t-on et analyse-t-on nos objets faussement familiers que sont le texte de théâtre ou les spectacles produits à partir de ces textes ? En quoi ces recherches contredisent-elles des présupposés analytiques ou critiques et quelles en sont les perspectives ? Comment l’idée de « spectacle » peut-elle perdre sa connotation péjorative ? Comment en saisir la fertilité dans l’histoire et dans l’époque contemporaine ? Telles sont quelques-unes des questions qui devront sous-tendre les interventions dans la perspective de la publication d’un ouvrage collectif (Presses Universitaires de Bordeaux) faisant un état de la recherche dans ce domaine.

 

Le colloque sera organisé en trois sessions correspondant aux thèmes suivants :

  • Observer un art éphémère et performatif : qu’observe-t-on ? Avec quels outils ? Quelles méthodes ?
  • Observer ailleurs : que nous enseigne l’étude de formes mineures ou d’objets spectaculaires jugés illégitimes  ou étrangers à notre tradition ?
  • Observer d’ailleurs : que nous apportent les sciences dures, les sciences humaines et sociales et les autres arts pour l’analyse des arts du spectacle ?

Comité scientifique :

Pauline Beaucé (Bordeaux Montaigne)

Nathalie Coutelet (Paris 8 – Vincennes Saint-Denis)

Raphaëlle Doyon (Paris 8 – Vincennes Saint-Denis)

Sandrine Dubouilh (Bordeaux Montaigne)

Léonor Delaunay (Revue d’histoire du théâtre)

Omar Fertat (Bordeaux Montaigne)

Pierre Katuszewski (Bordeaux Montaigne)

Maëline Le Lay (CNRS/LAM)

Baptiste Pizzinat (Bordeaux Montaigne)

Cristina Tosetto (Bordeaux Montaigne)

Cyril Triolaire (Clermont-Ferrand)

 

Les propositions (300 mots environ et une notice biographique) sont à envoyer au plus tard le 15 novembre 2015 à :

Sandrine Dubouilh : sdubouilh.universite@orange.fr

Pierre Katuszewski : pierre.katuszewski@u-bordeaux-montaigne.fr

 

[1] Cette définition renvoie bien entendu aux travaux de Richard Schechner. On pourra aussi se rapporter à l’article de Guy Spielman, « L’évènement spectacle » in Communications, n°92, 2013.

[2] Voir les travaux de Florence Dupont.

adresse

Université Bordeaux Montaigne

Theory in Love (ICLA / AILC Vienna 2016) due date 31 August 2015 (source: Fabula)

Submitted by farisallison3 on 16 July 2015 - 9:24am

CfP: Theory in Love (group session 17327)

International Comparative Literature Association XXIst Congress: “The Many Languages of Comparative Literature” July 21 – July 27, 2016, University of Vienna, Austria http://icla2016.univie.ac.at

 

Organisers: Brendon Wocke (Université de Perpignan), Francesca Manzari (Université d’Aix-Marseille), Apostolos Lampropoulos (Université de Bordeaux III)

This panel concerns theory speaking in terms of love, seeking to establish the relationship between “ l’amour” and theory.

In The Politics of Friendship Derrida reflects on the question of the indecidable possibility, the “peut-être,” of love, of friendship, and of desire: “‘Je t'aime entends- tu?’; cette déclaration d'aimance hyperbolique ne pourrait donner sa chance à une politique de l'amitié que soumise à l'épreuve du peut-être, de l'indécidable” How then can we express a refusal, a no, without listening, without hearing? How can one express the divergent and differential possibilities opened by this phrase? And yet Derrida already has, in Envois, where he explores, theorizes and dramatizes a love affair, tracing the course of its refusal in the various postcards and letters which remain unsent, forever awaiting their destination.

What Derrida performs in Envois is effectively echoed by Lacan who, in Seminar XX, says: “people have done nothing but speak of love in analytic discourse. [...] What analytic discourse contributes - and perhaps that is, after all, the reason for its emergence at a certain point in scientific discourse - is that to speak of love is in itself a jouissance.”

If, as Lacan says, the troubadours understood that love is nothing other than form, we could perhaps establish a relationship between love’s discourse and theoretical discourse as bridging the gap between philosophy and literature.

Does love function as a theoretical paradigm? Or should we think of theory as an act of love? Or even as born out of love? Can one think of a polyamorous theory? And what would such a theory consist of, in the writhing phrases which intertwine like the honeysuckle of Tristan and Iseult.

We welcome contributions on the subject of love and its relation to theoretical writing.

Please submit your abstract online by August 31, 2015 via the conference website http://icla2016.univie.ac.at/abstract-submission/

You will need to create an account with the website and enter the seminar number 17327 into the “topic” field on the “add abstract” screen. The participants will be informed of their inclusion no later than December 31, 2015.

For further information contact brendon.wocke@gmail.com 

Papers in either English or French will be accepted. 

Responsable :

Brendon Wocke

adresse

Vienna

L’Entretien du XVIIIe siècle au XXIe siècle (source: Agnès Cousson)

Submitted by jtamas on 13 July 2015 - 1:21pm

L’Entretien du XVIIIe siècle au XXIe siècle

 

Colloque organisé par Agnès Cousson, 9 et 10 juin 2016

Centre d’Étude des Correspondances et des Journaux Intimes

Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen

Université de Bretagne Occidentale, Brest.

 

 

 

Appel à communication

 

 

Le colloque s’inscrit dans le prolongement du colloque L’Entretien au XVIIe siècle organisé à Brest les 19 et 20  mars 2015, et dont les actes paraîtront chez Garnier, [dir.] Agnès Cousson. Il s’agira d’analyser l’évolution d’un genre qui a connu un vif succès au cours du Grand Siècle, et qui s’est imposé comme une forme privilégiée de pratique dialogique. Les mêmes approches, générique, thématique, esthétique et anthropologique seront privilégiées. La floraison des dialogues dans la littérature du XVIIIe siècle, la place accordée à la promenade méditative, une caractéristique de l’Entretien présente dès le XVIIe siècle, illustrée par les Entretiens d’Ariste et d’Eugène du père Bouhours, appelle ce second volet. L’Entretien constitue aussi une large part de la littérature contemporaine. Au XXIe siècle,  hommes politiques, journalistes, écrivains, célébrités choisissent cette forme comme une voie de discussion intellectuelle, ou pour évoquer leur vie personnelle, sous une forme différente de l’autobiographie, très présente dans la production littéraire actuelle. Qu’en est-il des  XIXe et XXe siècles ?

Les communications pourront porter sur tout type d’Entretiens, littéraires, philosophiques, pédagogiques, spirituels, libertins, liés aux querelles religieuses ou politiques, ou à des sujets culturels. Elles devront s’inscrire dans la perspective du XVIIe siècle, et ce, pour permettre de dégager les principales caractéristiques de l’évolution d’un genre alors codé et indissociable de la rhétorique et de l’éloquence. Les communications portant sur des textes de la fin du XVIIe siècle seront les bienvenues, notamment des études sur les textes de Fontenelle, L’Entretien sur la pluralité des mondes, par exemple, qui annonce le dialogue philosophique des Lumières. Toutes les communications s’attacheront à mettre en relief la spécificité de l’Entretien envisagé, en lien avec l’histoire des idées, l’évolution des formes de sociabilité, le contexte historique, la diffusion de la culture, comme dans le précédent colloque. Y a-t-il une spécialisation des sujets selon les siècles, des thèmes qui s’imposent, ou qui disparaissent ? L’Entretien spirituel conserve-t-il la même importance ? Qu’en est-il de la dimension autobiographique du genre, amorcée dès le XVIIe siècle ?

Les mêmes axes d’étude peuvent être repris, dans le dessein d’observer les variantes de la poétique de l’Entretien au fil des siècles. Par exemple, l’influence du sujet et de la situation d’énonciation sur la forme, les relations des personnages en présence, les raisons du choix de l’Entretien et ses finalités, les valeurs proposées. Dans le cas du récit de soi, pourquoi « s’entretenir » plutôt qu’écrire ses Mémoires ou son autobiographie ? Pourquoi « s’entretenir » avec un tiers plutôt qu’écrire un Essai, dans le cas des Entretiens « savants », politiques ou idéologiques ? Pour rappel (et nous soulignons l’aspect réducteur de l’esquisse de définition proposée), l’Entretien est au XVIIe siècle le fruit d’une mise à l’écrit d’un échange oral ou écrit, souvent par lettres dans ce second cas, réel ou fictif, entre deux interlocuteurs amis, dont l’un fait figure d’autorité ; entre un directeur et ses dirigé(e)s dans les Entretiens spirituels ; enfin, dans les Entretiens pédagogiques, entre un maître et ses élèves. La question de la sincérité et de la fiabilité de la retranscription méritera cette fois encore d’être soulevée. Les obstacles à la fidélité de la mise à l’écrit et à la libre expression de soi sont nombreux, comme nous l’avions déjà souligné dans l’appel à communication du colloque de mars 2015 : le statut du personnage entretenu, parfois soumis à un devoir moral d’édification, la volonté du scripteur de laisser de l’autre une image dorée pour la postérité, un accord tacite entre les deux personnages en présence, la supériorité intellectuelle, sociale, spirituelle de l’un sur l’autre, des raisons morales, politiques, religieuses, ou, plus simplement, le défaut de mémoire. Inversement, la connivence affective ou intellectuelle de ceux qui s’entretiennent, la souplesse de la forme et la spontanéité de l’échange favorisent l’épanchement.

Cet ensemble de points, non exhaustifs, pourra nourrir la réflexion, de manière à optimiser la perspective d’étude de l’évolution du genre. L’Entretien comme voie d’expression du moi constituera aussi, comme dans le premier colloque, un axe de recherche,  dans le dessein de cerner l’apport du genre dans la connaissance de soi et le développement de l’expression personnelle. Les comparaisons, quand elles sont possibles, entre les Entretiens et les autres écrits personnels d’un même auteur, Mémoires, lettres, confessions, autobiographies, seront cette fois encore encouragées, de même que la confrontation de l’Entretien avec les genres portant sur la personne, la biographie par exemple. Quelle hiérarchie et quelle répartition des informations, selon le genre retenu ? Que révèle et que tait l’Entretien du sujet entretenu, mais également de son interlocuteur-scripteur, et quand le scripteur est un tiers, de l’intention de celui-ci ? La forme dialectique de l’Entretien appelle des études sur le style des textes, selon des approches linguistiques, rhétoriques, sémantico-syntaxiques. Qu’est-ce que « s’entretenir » au XVIIIe siècle, et dans les siècles suivants ?

 

 

 

 

Comité scientifique

 

 

Marc-André Bernier (Université du Québec à Trois-Rivières)

Agnès Cousson (Université de Bretagne Occidentale)

Éric Francalanza (Université de Bretagne Occidentale)

Sylvio de Franceschi (École Pratique des Hautes Études)

Sophie Guermès (Université de Bretagne Occidentale)

Antony McKenna (Université de Saint-Étienne)

 

 

Les propositions de communication (300 mots) sont à envoyer avant le 30 octobre 2015 aux adresses suivantes :

 

 

agnes.cousson@laposte.net

centre.correspondances@univ-brest.fr

 

Appel à communications: Colloque-festival Arrêt sur…La scène du balcon (source: Claire Carlin)

Submitted by jtamas on 9 July 2015 - 4:20am

Appel à communications: Colloque-festival Arrêt sur…La scène du balcon

Organisé par l’IRCL
Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières (UMR5186 CNRS) université Paul-Valéry Montpellier 3
Théâtre de la Vignette, campus de l’université Paul-Valéry Montpellier 3
mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25 novembre 2016

Cette manifestation s’inscrit dans un programme de l’IRCL intitulé « Arrêts sur scène » qui se donne comme finalité l’étude d’un motif ou d’un procédé à l’échelle de la scène. L’événement prendra la forme d’un « colloque-festival » où alterneront communications (le matin) et présentations (l’après-midi et le soir) de courts spectacles qui pourront proposer différentes versions, lectures, mises en voix de la scène du balcon. Les communications auront pour vocation soit de fournir un cadre théorique, esthétique et historique à ces mises en jeu, soit de faire entendre les praticiens, enseignants ou étudiants qui auront travaillé cette scène et ses avatars et rendront compte des questions qui se sont posées à eux. Les contributions constitueront autant de regards et de lectures croisés sur cette scène devenue mythique.

Les aspects suivants pourront, entre autres, être abordés :
- la scène de balcon comme genre ou type de scène ;
- la dramaturgie du balcon dans l’espace européen (El Magico prodigioso de Calderon de La Barca, Castelvenises y Monteses de Lope de Vega, L’École des femmes de Molière…)
- les spécificités du traitement dramatique de la scène par rapport au traitement romanesque ;
- approches comparatistes : la scène du balcon shakespearienne au regard d’autres scènes de balcon.

Voir http://www.ircl.cnrs.fr/   (Source: Bénédicte Louvat-Molozay / Dramatica)

Les paroles d’élèves dans l’Europe moderne (XVe-XVIIe s.), date limite 15 sept. 2015

Submitted by farisallison3 on 8 July 2015 - 12:39pm

Les paroles d’élèves dans l’Europe moderne (XVe-XVIIe s.)

L’enseignement scolaire à l’époque moderne a souvent été abordé du point de vue des savoirs dispensés, des techniques de transmission qui leur étaient associées ou encore de leurs effets sur le corps social (alphabétisation, confessionnalisation). Dans un tel contexte, le moment d’enseignement – surtout pour ce qui concerne les petites écoles – tend parfois à se réduire à une parenthèse coincée entre l’amont de la théorie et l’aval des résultats. S’il est envisagé – implicitement la plupart du temps – c’est surtout depuis la position du maître ou des prescripteurs de l’institution enseignante.

Pour cette raison, le LIXe Colloque international d’études humanistes du CESR sera consacré en 2016 aux pratiques d’enseignement dans l’Europe moderne, et concentrera l’attention sur les élèves et leurs manifestations vocales. Cette approche particulière répond d’une part au développement récent de l’intérêt des historiens pour ce paramètre de l’activité humaine (sound studies, performance practice studies). En outre, on assiste depuis quelques années à un accroissement de la prise en compte de la part vocale de l’enseignement scolaire, notamment chez les historiens de la pédagogie et des usages du livre. Leurs approches encouragent à s’interroger sur l’acquisition des savoir-faire (déchiffrement, lecture, maîtrise de son allure verbale…) indispensables à l’insertion dans une société irriguée par le flux de l’information oralisée. De plus, cette interrogation de la dimension sonore de l’enseignement scolaire incite à délaisser les abstractions (l’enfant, le maître) pour tenter d’en souligner les contingences linguistiques, culturelles ou sociales.

Les communications porteront sur les paroles d’élèves considérées tant dans leur état balbutiant qu’éduqué, qu’elles fussent discrètes (routines scolaires) ou mises en spectacle (théâtre de collège), policées ou révoltées (chahuts), déclamées ou chantées. Le champ de l’étude sera délimité par les institutions scolaires où se travaille l’articulation de la parole aux compétences de la lecture et de la rhétorique (petites écoles, collèges), ce qui n’inclut donc pas les universités. Sera également examinée l’instruction élémentaire prodiguée dans des cadres non scolaires (préceptorat, enseignement intra-familial).

La chronologie couverte par ce colloque s’inscrit dans la longue durée, en partant de la période marquée par la généralisation des collèges et le renforcement du maillage des écoles paroissiales pour parvenir jusqu’à celle du réformisme scolaire des Lumières. Les propositions de communication porteront ainsi sur des phénomènes soit circonscrits dans le temps, soit observables sur de longues périodes, en soulignant d’éventuels effets d’incrustation ou de mutation. Enfin, les propositions ne seront pas limitées au domaine français : celui-ci sera mis en regard avec d’autres régions de l’Europe moderne afin de proposer la définition de spécificités locales ou à plus grande échelle.

Suggestion de champs thématiques pour les communications (liste non exhaustive)

  • l’enregistrement de la voix enfantine dans les sources : typologie, lexicologie, modalités de restitution des paroles dans les témoignages écrits, approche critique ;
  • la voix de l’écolier : compréhensions et usages symboliques, influence dans la définition des genres et des âges, connotations théologiques et morales ;
  • la production vocale comme exercice scolaire (lecture, déclamation, catéchisme, chant…) : théories et usages ;
  • la voix et le corps : les paroles d’élèves au regard des transformations de la civilité et de la bienséance ;
  • les écoliers dans le paysage sonore (processions, offices fondés, tapages, désordres) ;
  • la parole comme facteur d’identité : la voix comme expression individuelle ou collective, et comme critère d’individualisation de l’enfant ; les écoliers dans le processus de confessionnalisation ; définition de cultures scolaires régionales ou nationales ;
  • les élèves comme personnages vocaux dans le théâtre, les recueils d’exempla ou les récits de fiction ;
  • la prise en compte de la « memoria » et de la « pronuntiatio » (qui correspondent à la « performance » orale de l’orateur) dans l’enseignement rhétorique.

Comité scientifique

Marie-Luce Demonet (CESR), Jennifer Richards (Newcastle University), Kate van Orden (Harvard University), Robert D. Black (University of Leeds), Thierry Claerr (Ministère de la Culture et de la Communication), Dominique Julia (CNRS-EHESS)

 

Organisation

Christine Bénévent (christine.benevent@univ-tours.fr)

Xavier Bisaro (xavier.bisaro@univ-tours.fr)

 

Page d’information sur le colloque

http://www.cantus-scholarum.univ-tours.fr/colloque-2016/

 

Soumission des propositions

Propositions de contribution (max. 2000 signes espaces comprises) et bio-bibliographie à adresser à Ch. Bénévent (christine.benevent@univ-tours.fr) et X. Bisaro (xavier.bisaro@univ-tours.fr).

Date limite de réception des propositions : 14 septembre 2015.

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