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Appel à communications: LA PROVENCE, TERRE D’ERUDITION

Submitted by ccarlin on 15 December 2017 - 10:03am

 

 61e CONGRES DE LA FEDERATION HISTORIQUE DE PROVENCE 
12-13 OCTOBRE 2018, ISLE-SUR-LA-SORGUE 
ESPACE DE CREATION ARTISTIQUE, 
BOULEVARD P. PONS 

 
 
La Fédération historique de Provence tiendra son prochain congrès bisannuel à l’Isle-sur-la-Sorgue les 12 et 13 octobre 2018. Il aura pour thème l’érudition provençale, particulièrement illustré dans le Vaucluse par la figure de l’évêque de Carpentras Joseph-Dominique d’Inguimbert (1683-1757) et sa prestigieuse collection de manuscrits et de livres. Ces deux journées de congrès, nous l’espérons, concourrons à donner à la FhP tout l’écho nécessaire à la pérennité de son lien avec l’érudition et les sociétés savantes provençales. Par ailleurs, rappelons que Provence historique fut définie lors de sa création en 1950 comme une « revue d’érudition ». 
L’érudition fut le premier chemin qu’emprunta la science historique à l’orée des Temps modernes. Elle concerne en premier lieu des pratiques et définit une relation spécifique au terrain, au document et à l’archive. Elle évoque également une culture savante, non seulement par son contenu et ses méthodes, mais encore par ses réseaux de correspondances, ses échanges de données ou ses controverses, la participation à des enquêtes et des programmes collectifs – grandes entreprises des Mauristes et des Bollandistes, publication des corpus épigraphiques, floraison de travaux locaux suscités par le centenaire puis bicentenaire de la Révolution... L’érudition, qui mobilise des espaces de sociabilité et des pratiques partagées, apparaît alors aussi comme un référent identitaire fort, une expérience à la fois intime et collective du savoir et de la collection. Enfin, l’érudition renvoie à des modes variables d’institutionnalisation de la recherche historique, passant du cadre privé des cabinets et à travers la figure de l’ « antiquaire », du collectionneur puis de « l’érudit local », détenteur du savoir sur le passé d’un lieu, au cadre, semi-public, des associations : académies, sociétés savantes départementales et locales qui se spécialisent progressivement en histoire au sens large (incluant souvent l’archéologie, l’histoire de l’art et l’ethnologie historique), associations patrimoniales locales, associations spécialisées dans un champ d’étude, associations de généalogie, etc. Elle s’affirme alors dans des publications et dans des congrès et colloques organisés depuis le milieu du XIXe siècle par des instances nationales (le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques), des associations et, plus récemment, les universités. Enfin l’histoire de l’érudition provençale est indissociable de celle de la mise à disposition, pour les chercheurs, des sources locales, tant dans les bibliothèques que dans les dépôts d’archives, dont les fonds sont sans cesse enrichis et où s’élaborent inventaires et catalogues ; elle est indissociable aussi de l’histoire des lieux d’enseignement provençaux – où le fait régional est pris en compte, avec une particulière attention, aujourd’hui, au patrimoine matériel constituant leurs collections. 

Le Comité scientifique du congrès accueillera les propositions de communications qui s’attacheront au parcours, au cursus, à l’oeuvre, voire la bibliothèque de figures individuelles significatives. Dans le cas des « antiquaires » d’Ancien Régime, l’attention sera portée aux modalités d’accès aux documents avant la création des dépôts d’archives et aux modes d’apprentissages paléographiques. On s’efforcera d’étudier aussi le milieu formé par les érudits d’Ancien Régime et de l’époque contemporaine en tant que groupe social dans la cité, ses échanges, ses lieux de rencontre, ses actions et productions. On s’attachera aussi à l’histoire du mouvement associatif érudit en Provence, à la sociologie de ses membres, à ses revues. On souhaiterait en particulier mieux connaître les pionnières de l’érudition régionale. Les propositions devront être inédites, l’érudition provençale ayant donné lieu déjà à des publications dans la revue Provence historique, les actes des congrès du CTHS ou Les cahiers de Fanjeaux, ou encore lors de célébrations telles celles entourant les figures de Gassendi ou de Peiresc. 
 

Les propositions de communications sont à adresser à la FhP avant le 15 février 2018, accompagnées d’un résumé d’une dizaine de lignes environ : federationhistorique.deprovence@laposte.net 
 
Comité scientifique, sous la présidence de Régis Bertrand et d’Isabelle Luciani (Université d’Aix-Marseille) : Odile Cavalier (Musée Calvet) ; Emmanuelle Chapron (Université d’Aix-Marseille) ; Guido Castelnuovo, Simone Balossino (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse) ; Claire Dolan (Université Laval) ) ; Katsumi Fukasawa (Université de Tokyo) ; François Guyonnet (Direction du Patrimoine, Ville de l’Isle-sur-la-Sorgue) ; Sylvie Sagnes (CNRS) ; Frédéric d’Agay, Noël Coulet, François Otchakovsky-Laurens, Thierry Pécout (Fédération historique de Provence).